Dans le Rhône, l'art contemporain s'invite chez les commerçants de Saint-Priest

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Article rédigé par
Malika Catala - franceinfo
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Une quinzaine de commerçants de Saint-Priest hébergent dans leur boutique une oeuvre d'art contemporain, issue du fond de l'artothèque de la ville. #IlsOntLaSolution

Empruntez des œuvres d’art comme un livre dans une bibliothèque, c’est possible grâce à l’artothèque. Ce concept de prêt d’œuvre d’art a séduit la ville de Saint-Priest dans le Rhône. La municipalité a demandé à une quinzaine de commerçants d’exposer des tableaux dans leurs boutiques, jusqu’au 8 octobre.  

Un parcours artistique dans la ville  

Une démarche dont s’est réjoui Alain, boucher et peintre à ses heures perdues. Ce commerçant a choisi, parmi les 1200 œuvres disponibles en prêt, le comptoir du savon, une sérigraphie de Gérard Fromanger. "J’ai pris ce tableau parce qu’il me faisait penser aux petits commerces, avec ce mélange des couleurs et des gens." 

Isabelle et Véronique, coiffeuses, elles ont craqué pour un tableau abstrait signé d’un artiste japonais. Les clients apprécient leur choix et sont emballés par cette initiative de faire sortir l’art de son cadre  "C’est l’occasion de faire une pause artistique tout en se faisant coiffer. Moi qui ne vais jamais dans les musées,  j’aime beaucoup ce principe, c’est le musée qui vient aux visiteurs, en quelque sorte", confie une cliente ravie.  

La boucherie de Saint-Priest (Rhône) a accroché une œuvre de Gérard Fromanger, issue du fonds de l’Artothèque de la ville, en 2022 (France 3)

Des endroits où l’art n’est pas attendu  

Ce dialogue entre œuvres d’art et commerçants est une première qui permet de toucher un nouveau public, comme Joseph : "Ça nous fait voyager tout en faisant nos courses. En plus, grâce aux QR codes sous l’œuvre, on peut aussi en savoir plus sur son auteur". Certaines œuvres sont visibles depuis les vitrines mais la plupart du temps, le client doit franchir les portes pour pouvoir les découvrir. Un moment de partage entre le commerçant et ses clients les plus curieux.

"Le petit commerce, il doit bouger, il doit être vivant, avec ses tableaux, ça fait circuler du monde avec lequel on a des discussions", ajoute Alain, l’artisan boucher. Un moyen aussi pour ces drôles de bibliothèques de faire parler d’elles. Car 40 ans après leur création, ces lieux d’emprunts d’œuvres d’art contemporain peinent à se faire connaître. Les artothèques multiplient les accrochages d’œuvres dans de toutes petites communes pour aller chercher les gens éloignés de l’art.

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