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Vendée Globe : pour protéger les skippers, des satellites détectent "des icebergs de la taille du fort Boyard"

Les skippers du Vendée Globe entrent fin novembre dans une zone particulièrement dense en icebergs autour du cap de Bonne-Espérance. La société Collecte Localisation Satellites (CLS) se charge de prévenir les risques de collision.

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Radio France
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Photographie aérienne d'un iceberg dans l'Antarctique, le 1er mars 2014. (ZHANG JIANSONG / CHINE NOUV / SIPA / XINHUA)

Elle effectue 20 millions de localisations par jour, 24h/24, 7j/7. Depuis leur départ des Sables-d'Olonne le 6 novembre, la société Collecte Localisation Satellites (CLS) suit de très près les bateaux engagés dans le Vendée Globe, le tour du monde à la voile en solitaire, sans escale et sans assistance. Implantée à Toulouse, cette filiale du Centre national d'études spatiales (CNES) est chargée de détecter la présence de gros icebergs dangereux pour les skippers, grâce aux données recueillies par 130 satellites et aux balises implantées sur les monocoques.

Un iceberg de vingt kilomètres de long s'est disloqué dans les courants océaniques

Fin novembre est une période de course placée sous haute surveillance. "Les bateaux du Vendée Globe sont entrés dans une zone difficile", explique Franck Mercier, chargé par CLS de la détection des icebergs. Les scientifiques ont constaté la présence de nombreux blocs de glace dans l'Atlantique Sud, autour du cap de Bonne-Espérance : "On a défini une zone d'exclusion. Il s'agit d'une sorte de limite qu'on appelle le 'mur des glaces' et que les skippers ne doivent pas franchir", détaille Franck Mercier.

Depuis le mois d'avril, la société CLS a ainsi alerté les skippers sur la présence d'un iceberg de vingt kilomètres de long dans l'océan Atlantique. Baptisé "A56", l'immense bloc a fini par se disloquer, quittant l'Antarctique pour rejoindre les courants océaniques. "Il s'est cassé en milliers de morceaux, comme un verre qui se casse au sol. C'est là que ça devient dangereux", explique Franck Mercier.

Les petits morceaux d'iceberg ne sont pas toujours détectables

Franck Mercier, de la société CLS

sur franceinfo

En 2004, sur le Vendée Globe, Sébastien Josse avait percuté un résidu d'iceberg, pas assez gros pour que les satellites ne le repèrent. "Nos capacités de détection s'appliquent pour un iceberg de la taille du fort Boyard, soit un gabarit d'environ 80 mètres de long et 20 mètres de haut", souligne Franck Mercier. Au-delà du Vendée Globe, d'autres bateaux sont actuellement sous haute surveillance satellitaire, notamment le multicoque de Thomas Coville, qui tente de battre le record du tour du monde en solitaire et sans escale.

La société CLS détecte les gros icebergs dangereux pour les skippers du Vendée Globe. Reportage de Corinne Cutilla
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