Trophée Jules Verne : "La barre des 40 jours est franchissable", estime le navigateur Franck Cammas

Le navigateur Franck Cammas s'élance dans la nuit de samedi à dimanche avec son équipage pour le Trophée Jules Verne. Objectif : battre le record établi par Francis Joyon en 2017.

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Radio France
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Le skipper français Franck Cammas avant de quitter le port de Lorient (Finistère), le 9 janvier 2021. (FRED TANNEAU / AFP)

Le tour du monde en moins de 40 jours ? "La barre est franchissable", estime samedi 9 janvier sur franceinfo le navigateur Franck Cammas qui s'élance dans la nuit de samedi à dimanche avec son équipage de cinq marins pour un tour du monde sans escale et sans assistance, le fameux Trophée Jules Verne. "On s'attaque à un défi assez impressionnant", reconnaît-il. Celui de battre le record (40 j 23 h 30 min 30 s) établi par Francis Joyon en 2017. Après une première tentative infructueuse à cause d'une collision avec un objet flottant en novembre dernier, "le bateau est plus solide qu'avant" et la fenêtre météo "meilleure que la première".

franceinfo : la fenêtre météo est-elle optimale ?

Franck Cammas : Elle est meilleure que la première, en novembre dernier, et puis il ne faut pas non plus être trop gourmand. Le temps passe et la saison avance. L'été est déjà là dans l'hémisphère sud, ce qui n'est jamais idéal, mais on est très content d'y aller dans des conditions qui vont être rapides pour les premiers jours. On vise l'équateur en moins de cinq jours. Évidemment, il y a toujours cette incertitude, mais de toute façon, un tour du monde, c'est long et il faut faire avec le vent que l'on a. Là, on s'approche de la zone de départ et on ajuste l'heure exacte du départ. On a une fourchette de quatre à cinq heures qu'on est encore en train d'étudier avec notre routeur à terre.

Pensez-vous pouvoir faire le tour du monde en moins de 40 jours ?

Oui, si on estime qu'on peut battre le record, on peut dire qu'on sera très proche des 40 jours et que la barre est franchissable. On s'attaque à un défi assez impressionnant. On sait qu'on a le matériel pour. Le maxi-trimaran Edmond de Rothschild est un bateau rapide, capable de voler, ce qui n'était pas le cas du bateau de Francis Joyon. En revanche, c'est un bateau plus complexe, avec beaucoup plus de système à conserver en bon état. Là-dessus, ça va être un vrai challenge de terminer avec un bateau à 100%. C'est aussi cette gestion-là qu'il va falloir que l'on fasse de la meilleure des manières.

En novembre dernier, vous aviez dû faire demi-tour au large des Açores à la suite d'une collision avec un objet flottant. Tout a été réparé et vous en avez-vous profité pour optimiser encore un peu plus le bateau ?

Oui, cette première tentative du 25 novembre a été profitable à plusieurs niveaux. Les casses qu'on a eues étaient très frustrantes, mais en même temps, ça montre les zones qu'il faut renforcer. Pendant ce tour du monde, on va parfois heurter des objets et il faut que nos appendices, comme les foils et les safrans, puissent encaisser certains chocs. On a donc renforcé ces zones-là et on part avec un bateau plus solide qu'avant. Ça nous a aussi permis avec l'équipage de faire une vraie répétition, un très bon entraînement, pendant une dizaine de jours sur l'eau. On ne regrette pas, d'autant que la fenêtre sur laquelle on était partis n'était pas idéale. Je pense qu'aujourd'hui, on a une fenêtre un peu meilleure que celle du 25 novembre. C'est tout bénef !

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