Trophée Jules Verne : “Aller en quatre jours à l’équateur est tout simplement fou”, raconte le skipper Thomas Coville

Thomas Coville, skipper du maxi-trimaran Sodebo Ultim 3, tente avec son équipage de battre le record du tour du monde à la voile. Après quatre jours de mer dans ce Trophée Jules Verne le bateau est déjà au niveau de l'équateur. 

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L’équipage de Sodebo Ultim 3 affiche des vitesses impressionnantes depuis le début de la tentative de record (illustration) (LOIC VENANCE / AFP)

Ils sont huit marins à s’être élancés d’Ouessant (Finistère) dans la nuit de mardi à mercredi dernier à bord de Sodebo Ultim 3, un maxi-trimaran de 32 mètres de long, pour tenter de remporter le Trophée Jules Verne. Pour cela, il faudra battre le précédent record du tour du monde à la voile de 40 jours, 23 heures, 30 minutes et 30 secondes détenu par Francis Joyon sur le trimaran IDEC. L’équipage de Sodebo Ultim 3 affiche des vitesses impressionnantes depuis le début de la tentative de record. Après quatre jours de mer seulement, le voilier est au niveau de l’équateur, "c’est tout simplement fou" a commenté Thomas Coville, skipper du bateau, sur franceinfo ce dimanche.

franceinfo: Vous vous trouvez au niveau de l’équateur, c’est une zone compliquée, entre les deux hémisphères où les vents sont très changeants ?

Thomas Coville : Oui on est un peu ralenti, c’est normal, l’endroit est souvent capricieux. Il y a souvent des vents faibles, et pour vous donner la carte postale, depuis hier on est entouré par des gros grains. Dans cette zone au niveau de l’équateur, il y a un transfert des vents entre l’hémisphère nord et l’hémisphère sud. On s’apprête à basculer dans l’hémisphère sud, et les vents sont très capricieux. C’est difficile pour nous parce qu’on aime bien toujours tout prévoir à l’avance, mais il faut se rendre à l’évidence, c’est la nature qui décide à notre place ici. Mais aller en quatre jours à l’équateur est tout simplement fou.

Vous avez de l’avance mais elle se réduit ?

Oui on perd un peu d’avance, mais c’était plus ou moins prévu. On choisit notre jour de départ, avec la meilleure fenêtre météo, ça nous permet d’optimiser les premiers jours. Maintenant, on est tributaire de la météo, et il faut faire au mieux. La nature a très souvent raison et c’est à nous de nous adapter et d’arrêter de vouloir tout maîtriser.

Partis presque en même temps que vous, Franck Cammas et son équipage ont dû faire demi-tour après avoir percuté un OFNI (objet flottant non identifié), vous êtes donc les seuls en lice pour tenter de battre le record.

C’était un duel inédit et c'était passionnant avec leur bateau Gitana 17, on était proches en vitesse et en capacité. Naviguer avec Cammas c’est toujours un plaisir. J’ai navigué avec lui, maintenant je suis contre lui, et ça ajoutait encore plus de motivation à aller chercher un record. Mais ce n’est pas une course, c’est un record, il faut aller chercher un temps de référence.
Les OFNI sont un vrai problème pour nous en mer. Plein de choses sont développées aujourd’hui grâce à la science, mais à la vitesse à laquelle on va c’est très difficile de les anticiper. Pour les cétacés, on a des répulsifs, sorte de signaux qui les prévient qu’on arrive, mais c’est très compliqué aussi car chaque cétacé a son propre signal. On reste des géants aux pieds d’argile.

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