Quatre choses que vous ignorez sur Vincenzo Nibali, le maillot jaune du Tour de France

Leader de la Grande Boucle après six étapes, l'Italien n'est pas la plus grande star du peloton. Francetv info vous le présente en quatre anecdotes.

Vincenzo Nibali et son maillot jaune à l\'arrivée de la 7e étape du Tour de France, vendredi 11 juillet à Nancy
Vincenzo Nibali et son maillot jaune à l'arrivée de la 7e étape du Tour de France, vendredi 11 juillet à Nancy (ERIC LALMAND / BELGA MAG)

On attendait Alberto Contador ou Chistopher Froome, mais depuis dimanche 6 juillet et la deuxième étape, c'est l'italien Vincenzo Nibali qui fait la course en tête du Tour de France 2014. Si le coureur de 29 ans n'est pas n'importe qui, avec un tour d'Italie et un tour d'Espagne à son palmarès, il n'est pas le cycliste le plus médiatique du peloton.

Si vous ne connaissez de lui que le vent d'anthologie que lui a infligé une hôtesse du Tour, ces quatre anecdotes vous permettront d'en savoir un peu plus sur lui, si jamais il devait devenir vainqueur sur les Champs-Elysées dans deux semaines.

Son patron ne le trouvait pas assez performant cette année

A un mois du Tour de France, c'était la panique chez Astana, l'équipe kazakhe de Vincenzo Nibali. L'Italien est le leader de l'équipe à qui il a offert la victoire lors du Tour d'Italie en 2013. Dans la foulée, il a signé un contrat jusqu'en 2016 qui doit lui rapporter 4 millions d'euros par an. Le problème : il fait une saison très en dessous des attentes de son manager, l'ex-champion Alexandre Vinokourov.

La Gazetta dello Sport (en italien) met la main en juin sur une lettre envoyée par ce dernier à Nibali, qui n'a rien gagné en 2014. "Nous payons beaucoup, et nous voulons voir de très bons résultats. Il n'y a aucune excuse." Le lendemain, Vinokourov calme le jeu et explique qu'il a simplement voulu motiver son coureur vedette. Il semble que ça marche : Nibali remporte quelques semaines plus tard son premier titre de champion d'Italie avant de ravir le maillot jaune du Tour, là aussi pour la première fois. Depuis, Vinokourov ne cesse de le complimenter. Jeudi, il expliquait que Nibali "est un coureur qui ne craint pas la pression."

On le surnomme "le requin de Messine"

Comme beaucoup de coureurs du peloton, Vincenzo Nibali a un surnom qui le suit depuis longtemps, et le sien est plutôt classe : Il Squalo, en français "le requin". Sans doute une simple métaphore sur sa capacité à ne faire qu'une bouchée de la concurrence, le coureur n'ayant a priori jamais mordu un adversaire. En revanche, il se base sur une particularité locale : dans le détroit de Messine, qui borde la ville de Sicile dont Nibali est originaire, on peut effectivement croiser des requins, d'une taille assez spectaculaire.

Il a une réputation de mauvais tacticien

On le sait, le vélo est avant tout un sport tactique, où les meilleurs savent placer leurs attaques au bon moment. Sauf que Vincenzo Nibali n'a pas toujours brillé dans ce domaine, péchant peut-être par excès de confiance. "Il a les jambes mais il lui manque encore la têteQuand il se sent très fort, il court parfois très mal" disait du jeune Vincenzo son directeur sportif en 2006.

"J'ai toujours aimé attaquer, je ne suis pas rapide au sprint et je n'ai pas d'autre choix" se défendait-il un jour. Et quand ça ne marche pas, il n'a pas l'air très malin. Eurosport cite par exemple le Liège-Bastogne-Liège de 2012 où, après une longue échappée, il est rattrapé par le futur vainqueur dans la montée finale

Il sait courir avec un oeil en moins

Lors de la dernière Vuelta, le tour d'Espagne, en septembre 2013, Nibali a été victime d'un incident un peu idiot. Lors de la reconnaissance du parcours de l'étape du lendemain, un contre-la-montre, le coureur croise la route d'une guêpe qui le pique sévèrement à l'oeil. "Au début, tout était sous contrôle puis durant la nuit, c'est devenu de pire en pire et ce matin, j'avais le visage gonflé" raconte-t-il la télé espagnoleIl est donc contraint de courir une étape entière avec un oeil à moitié clos.

Une gêne qui aurait pu être évitée si l'Union cycliste internationale ne lui avait pas interdit de prendre des médicaments. "Je pense qu'ils auraient pu prendre en compte mon cas et donner une autorisation exceptionnelle. Ca me paraît injuste" se plaindra-t-il sur la ligne d'arrivée. Cela ne l'empêche pourtant pas de prendre ce jour-là la tête de la course. Une force mentale dont il aura bien besoin s'il souhaite garder son maillot jaune le plus longtemps possible.