Wimbledon 2023 : longtemps allergique à l'herbe, la révélation Christopher Eubanks a soigné son affliction

L'Américain, âgé de 27 ans, jouera son premier quart de finale en Grand Chelem, mercredi, pour sa première participation à Wimbledon.
Article rédigé par Apolline Merle, franceinfo: sport - De notre envoyée spéciale à Wimbledon
France Télévisions - Rédaction Sport
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 4 min
L'Américain Christopher Eubanks célèbre sa victoire contre Stefanos Tsitsipas, lors des huitièmes de finale de Wimbledon, le 10 juillet 2023. (DANIEL LEAL / AFP)

Christopher Eubanks a suivi les conseils de Kim Clijsters. Elle lui a même permis "de garder le moral" au début de la saison sur herbe. Car quand celui-ci lui a confié sa frustration de jouer sur gazon, son incapacité à prendre la balle tôt et à bien bouger, ou encore que son service, pourtant son arme, était moins efficace sur herbe, la quadruple vainqueure en Grand Chelem l'a encouragé et aiguillé.

"Essaie de faire quelques petits exercices de jeu de jambes tous les jours à l'entraînement, et même de jouer au mini-tennis. (...) Reste bas sur les jambes, et utilise le slice en coup droit et en revers", lui a alors conseillé la Belge, demi-finaliste à Londres, le 8 juin, après son élimination au deuxième tour du Challenger de Surbiton (Londres). Proche de Coco Gauff, Frances Tiafoe et Naomi Osaka, il se nourrit également de leurs conseils."Quand je suis avec eux et que je les entends parler de leur confiance en moi, c'est un peu contagieux. Cela finit par déteindre", a-t-il reconnu. 

"Je n'aimais pas le gazon au début de la saison, a-t-il même avoué en conférence de presse. Maintenant, j'aime bien", s'est amusé le quart de finaliste à Wimbledon, alors qu'il vit actuellement un "tourbillon" et un "rêve devenu réalité". Un parcours d'autant plus atypique, qu'en 2021, il a bien failli raccrocher la raquette alors qu'il végétait au-delà de la 200e place à l'ATP. 

De nombreux conseils qui ont payé, puisque l’Américain joue, mercredi 12 juillet, pour la première fois de sa carrière, un quart de finale en Grand Chelem, face au Russe et numéro 3 mondial, Daniil Medvedev. À 27 ans, il est d'ailleurs devenu le plus vieux joueur à disputer son premier quart de finale à Wimbledon depuis 1968. Auparavant, il n’avait jamais participé à deux tournois du Grand Chelem sur une même année et n'avait jamais dépassé le deuxième tour. Pourtant, son inscription au tableau de la deuxième semaine du tournoi londonien était loin d’être évidente, pour celui qui maudissait il y a encore un mois le gazon. Car avant fin juin, il n'avait remporté, sur cette surface, que deux matchs sur le circuit principal (à Newport en 2019 et 2022).

Le déclic à Miami et l'entrée dans le top 100

Mais depuis quelques semaines, la transformation est saisissante. À Majorque (ATP 250) d'abord, il remporte le titre début juillet, son premier sur le circuit principal. Fort de ce succès, il participe pour la première fois au tableau principal de Wimbledon. Transcendé par la confiance acquise sur la surface, il écarte notamment de sa route le Britannique et tête de série numéro 12, Cameron Norrie, puis le Grec et 5e mondial, Stéfanos Tsitsipas, au terme d'un match en cinq sets, sous haute intensité. Sa première victoire contre un membre du top 10, et il se retrouve aujourd'hui invaincu depuis neuf matchs.

Mais le déclic s'est opéré quelques mois avant, à Miami, où il atteint les quarts de finale dans un Masters 1000. Il s'incline contre Daniil Medvedev 6-3, 7-5, mais son parcours lui permet d'intégrer le top 100 pour la première fois. Encore au-delà de 150e place mondiale il y a un an, il grimpe au 43e rang juste avant Wimbledon. "Il a réalisé un très bon tournoi à Miami, et cette entrée dans le top 100 était un objectif très important pour lui. Cela a été bénéfique pour sa confiance", affirme Ravi Ubha, journaliste canadien et commentateur pour plusieurs médias, dont CNN.

"Il a toujours eu un jeu adapté au gazon, étant donné sa façon de jouer vers l'avant, toujours à l'attaque. Il est très explosif. Il devait juste devenir un meilleur joueur et c'est le cas aujourd'hui. Il a réduit ses erreurs tactiques, il fait de meilleurs choix et son service est de mieux en mieux", analyse quant à lui Steve Flink, journaliste sportif américain, qui suit le circuit depuis la fin des années 1970.

"Il a un style différent des autres joueurs américains de sa génération, comme Taylor Fritz, Frances Tiafoe, Tommy Paul etc, et nous avons besoin de ce type de joueurs, qui se différencient par leur jeu."

Steve Flink, journaliste sportif américain

à franceinfo: sport

Ce que confirme son prochain adversaire, Daniil Medvedev. "Il a définitivement un jeu différent des autres joueurs. Il s'appuie beaucoup sur son service, et il sert très bien. Il n'a pas peur de faire un mauvais coup et d'aller au filet pour essayer de finir le point. Il y a aussi un revers à une main, près de la ligne. Cela va être intéressant", a expliqué le Russe en conférence de presse.

Si personne ne s'attendait à le voir si haut à Wimbledon, son récent parcours lui donne des chances de passer cette nouvelle marche, peut-être pas si insurmontable. "Aujourd'hui, il a une vraie chance de gagner contre Medvedev. Il ne lui rendra pas la tâche facile. Il ne jouera pas le jeu du Russe en s'engageant dans de longs échanges depuis la ligne de fond. Au début du tournoi, je lui aurais donné 20% de chance de le battre, aujourd'hui c'est plus 45%", appuie Steve Flink, qui a été "surpris" par Christopher Eubanks. "Il est un joueur différent de celui qu'il était à Miami, même si c'était il y a seulement quelques semaines, assure Ravi Ubha. Sa confiance est à son comble." De quoi prolonger l'euphorie un peu plus longtemps.

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