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Wimbledon 2023 : interruptions des matchs, reprogrammation... Comment les joueurs gèrent-ils ces journées sous la pluie londonienne ?

La pluie a joué les trouble-fête, mardi et mercredi, à Wimbledon. Plusieurs matchs ont été interrompus plusieurs fois, quand d'autres ont été reprogrammés.
Article rédigé par Apolline Merle, franceinfo: sport - De notre envoyée spéciale à Wimbledon
France Télévisions - Rédaction Sport
Publié
Temps de lecture : 4 min
Tous les matchs programmés le 5 juillet 2023 ont été retardés à cause de la pluie. Les conditions météos avaient déjà perturbé le programme de la veille. (SEBASTIEN BOZON / AFP)

Ils avaient commencé leur match lundi et ils l'ont terminé mercredi en fin de journée. Le Français Grégoire Barrere et le Sud-africain Lloyd Harris ont fait des allers-retours entre le court et le vestiaire lors de leur premier tour du tournoi de Wimbledon, remporté mercredi 5 juillet, par le Tricolore (7-5, 6-7 [4], 7-5, 6-3).

Une reprogrammation et une attente pas toujours évidente à gérer. "C'était assez long, confie Grégoire Barrere. Lundi, on y a cru, car une petite averse a retardé d'une heure et quart le programme. Donc j'ai passé pas mal de temps dans le vestiaire, allongé sur les bancs. Hier, j'y ai moins cru, avec cette pluie toute la journée."

"La pression ne part pas"

La météo capricieuse a réservé le même sort à Harold Mayot, sorti des qualifications et vainqueur de son compatriote Benjamin Bonzi, lors d'un premier tour joué sur trois jours. "En trois jours, on dort, on mange, on vit normalement, mais on a le match en tête, explique celui qui a remporté sa première victoire dans le tableau principal de Wimbledon. Lundi soir, j'étais surexcité et c'était très embêtant de devoir arrêter. On a du mal à trouver le sommeil, on réfléchit beaucoup, on ne sait jamais comment l'autre va revenir le lendemain. La pression ne part pas."

"On ne dirait pas comme ça, mais deux jours, c'est long à vivre avec ça. C'était une première pour moi, car quand on joue en challenger, s'il pleut, ils nous mettent sur un terrain intérieur."

Harold Mayot, 181e mondial

à franceinfo: sport

Pour Arthur Rinderknech, battu par son compatriote Alexandre Müller en quatre sets, ces coupures ont été beaucoup plus dures à gérer. "C'est difficile car tout le monde est à l'intérieur, il n'y a pas une seule place de libre. On est limite assis par terre dans le couloir à attendre, et voir les retards s'enchaîner. Maintenant, c'est la même chose pour les deux joueurs et mon adversaire a mieux géré", admet le 82e à l'ATP, très déçu de son "niveau de jeu du jour et du résultat".

Ces temps morts et ces reprogrammations peuvent aussi permettre aux joueurs d'appréhender différemment le match à leur retour sur le court. "Il y avait beaucoup de choses à gérer dans ce match. Lundi, Benjamin (Bonzi) a joué en chip (en revers) et aujourd'hui à deux mains. Mais j'ai réussi à rester calme et à mettre mon jeu en place", s'est réjoui Harold Mayot. Ce que confirme son adversaire. "Il y a encore cinq jours, je n'arrivais pas à taper un revers du fond du court. Donc lundi, je n'avais pas beaucoup d'options et le match n'était pas à mon avantage. Mais mardi, j'ai fait des tests avec mon équipe, et ça allait mieux", a précisé Benjamin Bonzi, qui souffre d'une blessure au poignet depuis Monte-Carlo.

Prendre son mal en patience

Surtout, il faut parvenir à s'occuper dans l'attente d'être appelé sur le court. Pour Harold Mayot, "Netflix et Tiktok" étaient au programme, ainsi que de "passer du temps en famille". "Après la première interruption, je suis allé manger un plat de pâtes sans rien, et je disais à mon coach : ''J'en ai marre, ça fait deux jours que je mange du riz sec, sans rien, quand est-ce que ça va se terminer ?'", s'amuse Grégoire Barrere. Pendant ce temps de latence, il faut en effet "s'alimenter petit à petit et boire beaucoup, et tu passes le temps comme tu peux", relève-t-il encore.

"Tu cherches un coin pour t'allonger mais ici, il n'y en a pas beaucoup et les places sont chères. Hier, j'ai envoyé ma copine prendre une table au cas où."

Grégoire Barrere, 49e joueur mondial

à franceinfo: sport

Benjamin Bonzi a fait le choix cette année de louer une maison à côté du stade. "On a pu rentrer assez vite et ne pas perdre d'énergie à rester trop longtemps sur le site. Hier, nous avons attendu à la maison des nouvelles de l'ATP et du tournoi pour savoir quel match ils voulaient lancer et quand. C'est un confort d'être à l'écart de cette fourmilière qu'est le tournoi, où on voit tout le monde dans l'attente, ça permet d'aborder le match différemment à notre retour", témoigne-t-il, même si "ça fait partie du quotidien d'un joueur de tennis", et "qu'il faut être capable de s'adapter."

Mais le plus compliqué à gérer est pour beaucoup de joueurs les interruptions répétées pendant le match. "Aujourd'hui, on a eu deux interruptions, c'est un peu plus pénible, remarque toutefois Grégoire Barrere, car tu te dis que c'est bon, tu vas pouvoir reprendre et finalement non. Tu rentres aux vestiaires, puis tu reviens, tu t'échauffes et tu dois repartir aux vestiaires. C'est pareil pour tout le monde, et gênant pour tous, les organisateurs, les joueurs, les médias, le public, mais il faut arriver à gérer ça. On prend notre mal en patience, on reste entre nous, on déconne et ça fait passer le temps."

Si tous ont malgré tout réussi à finir leur match mercredi, ce n'est pas le cas d'Arthur Fils. Opposé à l'Espagnol Alejandro Davidovich Fokina, le Tricolore devra patienter une journée de plus avant de jouer son premier match du tableau principal à Londres. Prévus initialement en cinquième et dernière rotation du court 16, et déjà reporté une première fois, la pluie de midi et la longueur des matchs ont contraint les organisateurs à décaler une nouvelle fois son entrée en lice. Alors que d'autres, comme Novak Djokovic par exemple, sont déjà qualifiés pour le troisième tour.

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