Wimbledon 2023 : herbe piétinée, terre apparente... L'évolution du gazon londonien entre la première et la deuxième semaine influence-t-elle le jeu ?

Au fur et à mesure des jours, le gazon londonien perd de sa couleur verte à certains endroits, notamment au niveau de la ligne de fond de court.
Article rédigé par Apolline Merle, franceinfo: sport - De notre envoyée spéciale à Wimbledon
France Télévisions - Rédaction Sport
Publié
Temps de lecture : 2 min
L'Espagnol Carlos Alcaraz, lors de son huitième de finales à Wimbledon, face à l'Italien Matteo Berrettini, le 10 juillet 2023. (GLYN KIRK / AFP)

Les belles lignes de vert, tracées quotidiennement par les tondeuses, ont quelque peu perdu de leur éclat en deuxième semaine de Wimbledon. Comme chaque année, une fois les premiers jours du tournoi passés, le gazon perd de son allure impeccable du début de quinzaine, et des zones de terre s'invitent au spectacle.

Cette modification du terrain, bien visible sur les courts et à l'écran, a-t-elle un effet sur le jeu ? "Non, car ces zones se situent en dehors de l'aire de jeu. Elles ne concernent que là où les joueurs courent. Ça n'affecte donc pas les joueurs et leur manière de bouger sur le court", assure Neil Stubley, responsable des courts et de l'horticulture à l'AELTC (All England lawn tennis and croquet club). Ce dernier fait référence au rebond de la balle qui, la plupart du temps, se situe bien avant la ligne de fond et n'est donc pas impacté par la détérioration du terrain. Pourtant, les avis divergent sur le sujet. En 2021, le joueur australien Pat Cash, vainqueur du tournoi en 1987, expliquait sur le plateau de l’émission anglaise "Today at Wimbledon" de la BBC, que le tournoi se découpait en trois phases : au début de la quinzaine, l'herbe est "très glissante", puis il y a un entre-deux, puis "vers la fin du tournoi, nous avons de la poussière".

Un jeu plus ralenti

Cette transformation visuelle du court a bien une conséquence sur les conditions de jeu, selon Nicolas Escudé, DTN de la Fédération française de tennis. "Le jeu se ralentit au fur et à mesure que le tournoi avance, d'autant plus quand il fait chaud. En revanche, cela ne modifie pas la façon d'aborder un match, entre le début et la fin de la quinzaine", explique-t-il.

Un constat confirmé par Arnaud Di Pasquale, ancien top 40 au classement ATP. "Les grands courts sont plus usés en fin de quinzaine, donc il y a un peu plus de faux rebonds, et aussi un jeu plus ralenti, c'est évident. Plus le temps passe, et plus c'est à l'avantage de ceux qui aiment jouer du fond du court", développe-t-il, tout en rappelant que la qualité des courts de Wimbledon "reste assez exceptionnelle".

La météo, paramètre d'évolution du gazon

Surtout, en tant que surface vivante, le gazon, peut évoluer différemment en fonction des conditions climatiques. "Si on a une quinzaine très chaude, les rebonds vont être assez hauts, la balle fusera moins que s'il y a de l'humidité dans l'air et que le gazon absorbe cette humidité. Et si le temps est très sec, c'est vrai qu'on n'est pas loin de la terre battue, sur un terrain totalement râpé et littéralement sur de la terre, car il n'y a plus de gazon à certains endroits", relève Yannick Cochennec, ancien rédacteur en chef de Tennis Magazine.

D'ailleurs, poursuit-il, "quand Björn Bjorg gagne la première fois Wimbledon [en 1976], il n'y avait pas eu une goutte de pluie durant la quinzaine, qui avait été très chaude, et cela l'avait un peu avantagé". Pas de quoi en faire pour autant une science exacte, puisque le Suédois, spécialiste de la terre battue et sextuple vainqueur à Paris, s'est imposé à quatre reprises à Londres, après ce premier sacre.

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