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Open d'Australie : Au terme d'un grand match, Kyrgios bat Khachanov et rejoint Nadal

Nick Kyrgios a sans doute remporté le plus beau match de cette première semaine. Face à un grand Karen Khachanov, il a dû aller puiser dans ses ressources pour dominer le Russe en cinq sets(6-2,7-6, 6-7, 6-7,7-6) et 4h26 de jeu. Il affrontera au prochain tour Rafael Nadal.
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France Télévisions
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 (GREG WOOD / AFP)

Pile ou face. Joueur génial et quasi imbattable, ou clown frustré et inoffensif. Avec Nick Kyrgios, on ne sait jamais vraiment à quelle version on aura affaire. Sur cet Open d'Australie, il semble - sur ses trois premiers matches, prenons les précautions qu'il se doit - que ce soit le côté lumineux de Kyrgios qui prévale. Lorenzo Sonego, Gilles Simon et cette fois Karen Khachanov en ont fait les frais. Pourtant, ce dernier lui a donné du fil à retordre. Le Russe a été un perdant magnifique ce samedi.

Jusqu'à la fin du 3e set, le 13e joueur mondial ne semblait pas pouvoir faire grand chose quand Nick Kyrgios accélérait. Mais, on ne sait pas trop comment, le tie-break du 3e set l'a relancé dans le match. Le Russe est devenu impérial sur ses mises en jeu. Kyrgios s'est un peu agacé, a saigné de la main, a hurlé, a frappé de grands coups, d'autres beaucoup moins grands. Mais à la fin, il a gagné, en cinq sets, et 97 coups gagnants. 97. Rafael Nadal, son prochain adversaire, est prévenu : ce Kyrgios-là ne plaisante pas. 

Il fallait un grand joueur pour battre Khachanov

Personne ne l'avait vraiment vu venir. Certes, Karen Khachanov est 13e mondial, soit bien mieux classé que l'Australien (26e). Mais le Russe restait sur des mois plutôt moyens, et n'avait pas franchement impressionné lors de ses deux premiers tours. Pourtant, il a délivré une performance majuscule. 95% des joueurs n'auraient rien pu faire ce samedi face à lui. Mais peut-être que lui-même n'aurait pas si bien joué face à 95% des joueurs. Car Khachanov marche à l'adrénaline. Il fait partie de ces joueurs qui ont les dents qui s'aiguisent avec l'odeur des grands adversaires. 

Le problème c'est qu'il affrontait un joueur de la même trempe. Kyrgios est peut-être capable de balancer certains matches. Mais quand il est "dans la zone", il ne lâche rien. La haine de la défaite, qui lui manque habituellement, transparaît dans chacun de ces moments où il pourrait lâcher mais où il ne lâche pas. Après la perte des tie-breaks du 3e et du 4e set, le relâchement menaçait. D'autant que, dans chacun des tie-breaks, Khachanov avait sauvé une balle de match. Mais non, l'Australien n'a jamais baissé d'intensité. Il le sentait, à la moindre baisse, le Russe était prêt à bondir. 

Kyrgios aurait pu dérailler, il est resté calme

Au rayon des éléments positifs sur lesquels capitaliser à l'avenir pour Kyrgios, il y a peut-être avant toute chose sa capacité à rester concentré et (plus ou moins) sérieux sur l'ensemble du match. Pourtant, il a eu quelques occasions de dérailler. Au 4e set, après un plongeon (pas forcément nécessaire) il s'est fait une blessure superficielle à la main. Voyant une traînée de sang sur ses doigts, il est allé demander la serviette un peu brusquement au ramasseur. Ce que l'arbitre a décidé de sanctionner. Résultat, Kyrgios s'est emporté. Mais, après quelques grognements supplémentaires au changement de côté, il s'est tranquillement remis dans son match. 

Il s'est aussi nourri de la ferveur du public de manière positive. Lui qui peut parfois se laisser griser par les supporters, et privilégier le show au résultat, n'a cette fois pas cédé. Même quand il s'est retrouvé mené 8-7, deux services à suivre pour Khachanov dans le super tie-break du 5e set, il n'a rien balancé, s'est calmement installé dans l'échange, et a fini par crucifier Khachanov d'un revers long de ligne somptueux. Deux points plus tard, il s'effondrait sur le court, en vainqueur héroïque. 

Au prochain tour, il affrontera donc Rafael Nadal. Il l'a déjà battu. Il a les armes pour le faire. Il est chez lui. Mais la dernière fois qu'on a promis l'enfer à Nadal contre Kyrgios, l'Espagnol l'a emporté en quatre sets. C'était à Wimbledon, il y a six mois. 

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