Le tennis français n'est plus au niveau, et ça ne surprend personne

Les Français se sont montrés trop discrets cette année en Grand Chelem. Si aucun d’entre eux n’a atteint les quarts de finale dans l’un des quatre tournois majeurs, cette situation était prévisible.

Pierre-Hugues Herbert, lors de sa rencontre contre John Isner, le 2 juin 2018, à Roland Garros.
Pierre-Hugues Herbert, lors de sa rencontre contre John Isner, le 2 juin 2018, à Roland Garros. (ERIC FEFERBERG / AFP)

Le tennis français a longtemps été érigé en modèle : c'était "la" référence. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas : le tennis français n'est plus capable de former des champions d'exceptions, à défaut d'être exceptionnels. Les Tsonga, Monfils, Simon, appartenaient à une génération spontanée devenue génération dorée : ces joueurs ont remporté 51 titres à eux quatre, gagné la Coupe Davis, brillé en Grand Chelem, même si aucun d'entre eux n'a remporté de titre majeur. Ils en avaient le potentiel, mais difficile d'exister au milieu des Federer, Nadal et Djokovic.

L'heure de la retraite, pour certains, approche

Les Tsonga, Gasquet, Simon, Monfils ont désormais plus de trente ans et ne représentent plus l'avenir : l'heure de la retraite, pour eux, approche, plus ou moins. Et cela, il va falloir s'y préparer. Ce que n'a pas su faire la fédération française, qui a négligé, sans les sacrifier, certains joueurs prometteurs, dont Alexandre Sidorenko ou Gianni Mina, brillants en junior mais perdus pour le haut niveau. La relève existe. Mais elle n’est pas forcément au niveau. Et pour Thierry Tulasne, entraîneur national chargé des espoirs, cela prendra du temps : "Lorsque nous avons des réunions, nous en parlons beaucoup, explique Thierry Tuslane. Nous réussirons dans la confiance en soi, dans l’esprit positif. En France, on a toujours tendance à regarder nos faiblesses mais si nous travaillons dur et bien, nous réussirons."

Ne pas dénigrer ce qui a été adoré

L'avenir est incarné aujourd'hui par Lucas Pouille. Derrière lui, la relève a pour noms Corentin Moutet, Quentin Halys ou Ugo Humbert. Ils se rapprochent du Top 100 mondial, un classement qu'aucun autre joueur français n'a franchi depuis deux ans et demie. Pierre-Hugues Herbert appelle à ne pas dénigrer ce qui a été adoré :"Je ne peux pas m’empêcher de penser aux autres années, qui étaient magnifiques, explique le joueur français. Soyons déjà fiers des dix années d’avant ! Il faut se remettre en question, mais en restant positifs : des jeunes arrivent, et j’espère que cela va payer."