"J’espère que les entraîneurs vont rester à leur place" : dans le monde du tennis, le coaching depuis les tribunes ne fait pas l'unanimité

La Women's Tennis Association expérimente le coaching depuis les tribunes. Les entraîneurs peuvent désormais communiquer avec les joueuses durant le match. Mais si certains parlent de la fin d'une hypocrisie, d'autres ne voient pas cette mesure d'un très bon oeil.

Pauline Parmentier participe à la demi-finale de la Fed Cup à Rouen, le 21 avril 2019.
Pauline Parmentier participe à la demi-finale de la Fed Cup à Rouen, le 21 avril 2019. (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

"On est beaucoup plus libérés. On n'est plus hors-la-loi et on ne joue plus à cache-cache avec l'arbitre. Je trouve ça vraiment plus sain." Thomas Drouet, l'entraîneur de la joueuse de tennis chinoise Qiang Wang est catégorique, l'autorisation du coaching depuis les tribunes est une bonne chose.

"En foot, le coach parle aux joueurs, en cyclisme ils ont des oreillettes"

Jusque-là, il était formellement interdit aux entraîneurs de communiquer avec les joueuses verbalement ou par gestes, durant tout le match, sous peine de sanctions. Cette pratique fait l'objet d'une expérimentation initiée par la Women's Tennis Association sur le tournoi de Dubaï. La fin d'une hypocrisie pour Thomas Drouet : "Tous les sports ont leur coach. En foot, le coach parle aux joueurs qui sont en train de courir derrière le ballon, en cyclisme ils ont des oreillettes. C'est exactement le même principe."

Mais la mesure ne fait pas l'unanimité. Bertrand Perret, l'entraîneur français de la Taïwanaise Su-Wei Hsieh est contre : "Je n'aime pas que les joueuses soient considérées comme des robots, à leur dire 'fais ceci ou cela'. Je pense qu'il faut les laisser un peu jouer, les laisser s'exprimer. Ce qui fait le caractère d'une championne c'est de prendre la bonne décision au bon moment."

Décision définitive attendue en fin d'année

Les joueuses sont elles aussi, partagées. Pauline Parmentier est plutôt favorable à cette évolution, mais sous certaines conditions : "J'espère que les entraîneurs vont rester à leur place et que ça ne va pas déborder. Il faut que cela reste cadré, et il ne faut pas que les coachs commencent à se lever et à parler trop fort. C'est le seul truc qui me fait un peu peur."

Le coaching depuis les tribunes sera encore expérimenté sur différents tournois avant que la Women's Tennis Association ne décide de l'autoriser définitivement ou de le supprimer. La décision devrait tomber en fin d'année.

Le reportage de France Info
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