Open d'Australie : Rafael Nadal renverse Daniil Medvedev et remporte son 21e titre en Grand Chelem

L'Espagnol a signé un exploit retentissant en remportant son 21e Majeur, un record, après avoir remonté un retard de deux sets contre le n°2 mondial.

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France Télévisions
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"Rafa" mord une 21e fois un trophée de Grand-Chelem. 17 ans après son premier sacre à Roland Garros, Nadal marque l'histoire dans une finale face à Medvedev encore folle, le 31 janvier 2022. Il devient le joueur le plus titré en Majeur de l'ère Open. (MARTIN KEEP / AFP)

Pour écrire l'histoire, Rafael Nadal a fait les choses en grand. En immense même. Mené deux sets à zéro et au bord de la rupture, l'Espagnol a renversé Daniil Medvedev pour remporter l'Open d'Australie ce dimanche 30 janvier. Les deux hommes ont combattu pendant 5h24 avant de voir le vétéran espagnol, blessé lors des six derniers mois, l'emporter (2-6, 6-7, 6-4, 6-4, 7-5). Et décrocher son 21e titre du Grand Chelem, record historique.

Avec sa deuxième levée à Melbourne, treize ans et quatre finales perdues après la première, Rafael Nadal dépasse désormais Novak Djokovic et Roger Federer d'une courte tête avec un trophée supplémentaire en Majeur. Acquis de haute lutte après une finale décousue et à l'intensité époustouflante, ce sacre restera assurément comme un des grands moments de l'année sportive. Et de l'histoire du tennis. 

Daniil Medvedev aura bien du mal à se consoler d'une place de numéro un mondial qui lui tend les bras dans quelques semaines, tant cette finale lui a échappé après lui avoir semblé promise.

Nadal n'a pas abdiqué, Medvedev s'est effondré

Le Russe pourra regretter longtemps ce sixième jeu du troisième set, quand tout semblait alors en contrôle. Le protégé de Gilles Cervara avait visiblement retenu la leçon de la finale 2021 où, dépassé par les événements, il avait subi les assauts répétés de Novak Djokovic. Pendant près de deux heures, le Russe a semblé insubmersible, patron de la première manche grâce à deux breaks blancs (6-2), puis roseau dans la deuxième, le vrai départ de cette finale. Sur un échange déclic de 40 coups conclu sur un slice court de velours, Nadal a obtenu ses deux premières balles de break à 2-1.

D'un affrontement presque à sens unique, le combat s'est réellement engagé. Un registre que Daniil Medvedev affectionne tout particulièrement. Plus marqué physiquement, il a été contraint de s'adapter au jeu et à Nadal improvisé serveur volleyeur, plutôt que de dicter. Il n'en a pas été moins imperturbable. Mené 4-1, 5-3, puis 5-3 dans le tie-break, le natif de Moscou n'a jamais lâché pour conclure un deuxième round long d'1h24.

A 6-2, 7-6, 3-2, Medvedev a eu trois opportunités de breaker et de toucher d'une main le Graal austral. Gagné par la nervosité, agacé pour la première fois par ses propres erreurs et par un public hostile, il s'est aussi cassé les dents sur un adversaire qui ne sent le vent de la défaite qu'une fois qu'elle est entérinée. Rafael Nadal a eu beau suer à grosses gouttes dès les premiers échanges, son physique a tenu bon. Et comme toujours avec "Rafa", la tête n'a jamais abdiqué.

Le Majorquin a retrouvé son service - en berne en début de partie - et la justesse qui lui faisait anormalement défaut. Revenu à deux sets à un grâce à la saute de tension de son adversaire, Rafael Nadal a semblé remonter le temps en même temps que son retard. Le n°5 mondial a gagné en fraîcheur et en audace, quand Medvedev a caviardé certains points cruciaux de mauvais choix sans doute dictés par la fatigue. Les deux hommes se sont échangés les breaks avant que Nadal ne parvienne à signer le grand coup, sur sa huitième balle de break à 3-2.

Un match fou, jusqu'au bout

Revenu à hauteur, dans l'enceinte où il a le plus souffert dans sa carrière en Grand Chelem, Rafael Nadal a de nouveau porté la première estocade, revitalisé par le cours des événements quand Daniil Medvedev perdait pied et devait se faire masser à trois reprises. Jusqu'au bout, le Russe a fait trembler la Rod Laver Arena, quand Rafael Nadal a été à deux points du titre sur son service à 5-3 avant d'être débreaké contre toute attente. La logique de la dynamique a fini par triompher avec un Nadal vent dans le dos, pour remporter les deux derniers jeux et le titre sur sa première opportunité.

L'exploit, après 5h24 de jeu, est monumental tant physiquement – alors que Nadal était encore en béquilles en septembre dernier après avoir subi une intervention au pied – que nerveusement. Si Rafael Nadal est aujourd'hui seul au sommet de l'histoire du tennis, c'est aussi par cette force mentale surhumaine, mythique. Nadal de nouveau au sommet de son art, l'histoire est donc bien toujours en marche.

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