90 ans de Roland-Garros : la rénovation, "vraiment une renaissance"

Avec 5 500 places supplémentaires, le court Philippe-Chatrier va devenir "le navire amiral du stade", explique Bernard Giudicelli, le président de la Fédération française de tennis. "Au final, 80% des tribunes actuelles vont être détruites".

Une vue aérienne du stade Roland Garros en pleine rénovation prise le 14 juillet 2018.
Une vue aérienne du stade Roland Garros en pleine rénovation prise le 14 juillet 2018. (GERARD JULIEN / AFP)

En plein travaux, le stade Roland-Garros, à l'ouest de Paris, célèbre ses 90 ans cette année. Achevé en 1928, le stade est devenu l'un des lieux mythiques du tennis. "C'était un défi architectural et une aventure humaine", raconte Bernard Giudicelli, président de la Fédération française de tennis.

Un siècle après la mort de Roland Garros, l'aviateur qui lui a donné son nom, le stade subit la troisième grande rénovation de son histoire. "Le court Philippe-Chatrier, qui faisait 10 000 places à l'époque, va en compter 15 500, détaille Bernard Giudicelli. Ce sera le navire amiral du stade, qui va nous permettre de faire résonner encore plus les exploits des meilleurs joueurs au monde sur terre battue."

franceinfo : Quelle est l'histoire de Roland-Garros ?

Bernard Giudicelli : C'est en septembre 1927 que les quatre mousquetaires, Jean Borotra, Jacques Brugnon, Henri Cochet et René Lacoste, [victorieux six fois de la Coupe Davis, ndlr] ravissent la Coupe Davis aux Américains, à Philadelphie. Une course contre-la-montre est engagée pour accueillir le fameux "challenge run". À l'époque, pour la Coupe Davis, le vainqueur faisait ce qu'on appelle un "challenge run", une poule de qualification en quelques sortes. En neuf mois, il a fallu relever le défi de construire ce stade.

Pour l'époque, c'est déjà un grand stade.

À l'origine, le stade faisait 10 000 places. Certaines tribunes étaient en bois, il a fallu aller vite. Mais surtout, c'était un défi architectural et c'est ainsi que sont nées certaines innovations. C'étaient les premiers temps du béton armé, qui a été utilisé pour les fondations du stade. Et puis la fameuse croix de Saint-André, qui nous as permis d'avoir une structure suffisament solide et légère pour monter le stade aussi vite. C'était une aventure humaine, entre trois personnes qui à l'époque n'ont pas hésité à garantir sur leurs biens propres, principalement Emile Lesieur.

Roland-Garros a connu deux extensions, en 1986 et en 1994. Une troisième est en cours. Où en est-on ?

Cent ans après la mort de Roland Garros, on a lancé ce grand plan, dessiné en 2011, de modernisation. Mais c'est vraiment une renaissance. Le court Philippe-Chatrier, qui faisait 10 000 places à l'époque, va en compter 15 500. Il va surtout s'élargir, de façon à offrir une meilleure qualité de vue pour les spectateurs et un confort inégalé pour les joueurs et leur entourage. Effectivement, ce sera le navire amiral du stade, qui va nous permettre de faire résonner encore plus, au niveau mondial, les exploits des meilleurs joueurs au monde sur terre battue. C'est un chantier parfaitement minuté. Aujourd'hui, on a pratiquement détruit les tribunes est et ouest. Au final, 80% des tribunes actuelles vont être détruites. Pendant ce temps, dans une entreprises à Reims, tous les morceaux qui vont servir à la reconstruction, sont en train d'être produits et seront assemblés à partir du mois d'octobre, lorsque le gros oeuvre va commencer."