Clément Noël : "Etre devant pour le petit globe et prêt pour les Mondiaux"

A 23 ans, Clément Noël est la nouvelle star du ski français. Passé tout près du petit globe de cristal de slalom la saison passée, le skieur de Val d'Isère est de retour ce week-end en Coupe du monde. Et entre la quête du petit globe et les championnats du monde en février, il a les dents longues. A l'heure de démarrer cette saison qui doit être celle de la consécration, Clément Noël a pris quelques minutes pour revenir sur ses derniers mois compliqués, et se projeter sur la suite.
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France Télévisions
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Le jeune skieur français de 22 ans, Clément Noël, sera-t-il capable de succéder à la légende autrichienne, Marcel Hirscher ? (HERBERT NEUBAUER / AFP)

Après cet été agité, vous êtes dans quel état d’esprit avant votre retour à la compétition aujourd’hui à Santa Caterina ?
Clément Noël : "Ça va bien. La préparation a été différente, mais malgré le contexte, on s’en est bien sorti, on s’est bien adapté. Physiquement tout va bien, je n’ai eu aucun pépin, et dans la tête, le moral va bien aussi. En fait, j’ai juste hâte de prendre le départ".

La préparation estivale a été chamboulé par la Covid, comment ça s’est passé ? 
CN :
 "On n’a pas skié en fin de saison déjà, à cause du confinement. Ce qui veut dire qu’on n’a pas pu faire nos tests de matériel de fin de saison. Or c’est une étape importante pour préparer la saison suivante. Ensuite, on a repris plus tôt au mois de juin, d’habitude on rechausse les skis plutôt en août, mais là on ne pouvait pas se rendre dans l’hémisphère sud donc il fallait aller chercher la neige en France tant qu’il en restait sur les glaciers européens. Quand on va en Argentine l’été, c’est pour retrouver des conditions hivernales, être concentrés à 100% sur le ski puisqu’on élimine tous les soucis logistiques. On peut y enchaîner les journées de ski sans se soucier de savoir où on peut aller skier. Bref, c’est plus facile. Mais rassurez-vous, on a pu faire du bon boulot en Europe cet été".

"Quand on va en Argentine l’été, c’est pour retrouver des conditions hivernales, être concentrés à 100% sur le ski puisqu’on élimine tous les soucis logistiques. On peut y enchaîner les journées de ski. Bref, c’est plus facile. Mais rassurez-vous, on a pu faire du bon boulot en Europe cet été".

Dix mois se seront écoulés entre le dernier slalom (Chamonix, 8 février) disputé, et le premier de cette saison (Alta Badia, 21 décembre) : comment on gère cela ?
CN : "En vérité, ça ne change rien ou presque. On a arrêté la saison en mars au lieu d’avril, et je reprends en décembre au lieu de novembre, même si ma spécialité, le slalom, ne reprend qu’à la fin du mois. Cette période, on l’a meublée avec du repos, et beaucoup de ski et de préparation physique. La vraie différence, c’est qu’on a eu plus de temps entre les premiers stages de ski et la reprise. On a pu peaufiner plus de détails".

Vous êtes un grand mordu de cyclisme, vous avez eu plus de temps pour enfourcher le vélo ?
CN : 
"Etonnamment, non. Je n’en ai pas fait beaucoup plus parce que pendant le confinement on  ne pouvait pas, évidemment. Et ensuite on est vite passé à autre chose, je me suis vite focalisé sur le ski. En revanche je n’ai rien raté du Tour de France !" 

La saison dernière, vous étiez en lice pour le petit globe de cristal du slalom avant l’arrêt prématuré des compétitions. Vous l’avez bien digéré ? 
CN : 
"Oui, je suis passé à autre chose plutôt rapidement. Je n’ai pas ressassé les choses, je n’y ai pas pensé plus que ça. La saison était terminée, basta, on ne pouvait plus rien y changer. Il faut être honnête : on ne pouvait pas la finir dans ces conditions, c’était la seule solution. Je l’ai accepté rapidement, pas forcément parce que je suis jeune, mais parce que la saison a été très bonne, j’ai été complet, régulier. Je suis satisfait. Au final pour le petit globe, ça ne se joue pas à grand chose, mais je n’ai pas une énorme frustration parce que je n’ai pas de regrets sur ma saison."

Je suis passé à autre chose plutôt rapidement. Je n’ai pas ressassé les choses, je n’y ai pas pensé plus que ça. La saison était terminée, basta, on ne pouvait plus rien y changer. Il faut être honnête : on ne pouvait pas la finir dans ces conditions, c’était la seule solution.

Quels sont vos objectifs cette saison : le petit globe de cristal, les championnats du monde ?
CN : 
"De toute façon, comme tout sportif, l’objectif est toujours de faire au minimum aussi bien, et si possible mieux, de continuer à s’améliorer. Je n’ai pas de chiffres en tête, plutôt une envie de progresser, de jouer devant sur les courses et au petit globe de slalom, et d’arriver prêt pour les mondiaux. Mais plein de choses vont entrer en compte cette saison."

Faire mieux, dans votre cas, c’est aller chercher le globe de slalom, après vos deuxièmes places en 2018-19, 2019-20...
CN : 
"Oui, vu comme ça… Mais j’ai d’autres objectifs. En fonction du contexte d’une saison, ça peut tourner très vite avec une blessure ou un jour sans. La forme peut partir, on peut enfourcher, être contraint à l’abandon. Je ne veux pas trop me projeter. Mon but c’est de réussir chaque départ, et de tout donner dans la piste."

Le contexte sanitaire empêche de se projeter justement ?
CN : 
"C’est vrai que c’est une situation qui peut être un peu anxiogène. Je ne suis pas concerné par ce genre de choses pour le moment, mais ça serait hyper frustrant de louper une course en pleine possession de ses moyens parce qu’on est cas contact, ou malheureusement positif."

Ce week-end, vous vous alignez sur slalom géant pour la deuxième fois de votre carrière en Coupe du monde, vous le spécialiste du slalom. Pourquoi ?
CN : 
"Parce que ça fait un moment que j’avais envie de faire une deuxième discipline. L’opportunité s’est présentée là, donc je fonce. D’autant que cela ne pose pas de problèmes dans ma préparation pour le slalom. Donc c’est positif. Je me suis dit « Pourquoi pas aller s’essayer sur géant ». Ce n’est pas facile de faire plusieurs disciplines." 

L'environnement est moins sympa, l’ambiance est moins bonne. Tout est plus contraignant. Et puis, il n’y a pas de public. On doit faire beaucoup plus de tests, donner nos localisations avant les compétitions. 

Cette première course devait avoir lieu chez vous, à Val d’Isère, mais la neige a manqué. Vous n’êtes pas trop déçu ?
CN : 
"Au final, non, parce que ça aurait été la même chose. Dans tous les cas, j’aurais pris le départ du géant déjà, ce n’est pas parce que c’était à Val d’Isère à la base. Evidemment, c’était un plus que la course soit chez moi, à la maison, mais il n’y aurait pas eu de public dans tous les cas, donc ça ne change rien en vérité. C’est dommage que ça ne soit pas à la maison parce que c’est toujours sympa de skier chez soi, mais de toute façon je n’ai jamais fait de géant sur la piste de course, donc je n’aurais pas été avantagé."

Qu’est-ce que la Covid change concrètement dans votre quotidien de skieur ?
CN : 
"Il y a plus de contraintes, l’environnement est moins sympa, l’ambiance est moins bonne. Tout est plus contraignant. Et puis, il n’y a pas de public. On doit faire beaucoup  plus de tests, donner nos localisations avant les compétitions. Tous ces trucs contraignants sont anxiogènes. Après sur le quotidien sportif, il n’y a pas de changement radical. Il faut se détacher de tout ce contexte, et là on retrouve la préparation normale d’une course normale."

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