"Une réelle reconnaissance pour le rugby féminin" : les joueuses de l'équipe de France ont obtenu un statut semi-professionnel

Depuis deux mois, 24 joueuses sont sous contrat à mi-temps avec la Fédération française de rugby.

Gaëlle Hermet (à droite), capitaine du XV de France de rugby, le 16 mars 2018.
Gaëlle Hermet (à droite), capitaine du XV de France de rugby, le 16 mars 2018. (PAUL ELLIS / AFP)

Fini l'amateurisme. Pour la première fois, les joueuses de l'équipe de France de rugby n'ont pas eu à poser des congés ou à négocier avec leur employeur pour pouvoir préparer le Tournoi des six nations, qui débute samedi 2 février. Depuis deux mois, 24 joueuses sont sous contrat à mi-temps avec la Fédération française de rugby. Une véritable révolution pour Safi N'Diaye qui prépare le Tournoi du côté de Montpellier. "Cela a changé mon quotidien et je l'ai déjà vu sur le début de ma saison, mes performances se sont aussi améliorées", explique la joueuse aux 65 sélections.

Dans la vie de tous les jours, Safi N'Diaye est éducatrice spécialisée à Montpellier. Désormais, elle ne travaille plus que 20 heures par semaine : "Personnellement, je peux m'entraîner beaucoup mieux, beaucoup plus. Je peux faire aussi autre chose à côté." Concrètement, chaque joueuse qui a une activité professionnelle voit son nombre d'heures de travail divisé par deux. Toutes touchent une rémunération mensuelle de la Fédération et bénéficient aussi du suivi d'un préparateur physique.

C'est vrai que parfois cela peut être un petit peu éprouvant, mais justement ce contrat il est là pour nous relâcher un peu cette pression.Gaëlle Hermet
capitaine du XV de France
à franceinfo

Ce semi-professionnalisme convient à la capitaine du XV de France, Gaëlle Hermet : "On a une rémunération donc forcément ça aide beaucoup. C'est une réelle reconnaissance pour le rugby féminin français." Pour la joueuse de 22 ans, encore étudiante en ergothérapie, "ce qui est important aujourd'hui, c'est de trouver cet équilibre qui permet d'avoir un pied dans les deux et d'être au top".

Un changement de statut qui sonne aussi comme une reconnaissance pour le rugby féminin qui attire de plus en plus de spectateurs. Et le nombre de licenciées a augmenté de 86% en cinq ans. Le rugby était le dernier des cinq grands sports collectifs en France à ne pas avoir amorcé sa professionnalisation pour les femmes.

Rugby féminin et semi-professionnalisme : reportage de Fanny Lechevestrier
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