Rugby : l’entraîneur adjoint argentin et ancien joueur de Top 14 Gonzalo Quesada n'est "pas inquiet" pour l'équipe de France

Avant la rencontre entre la France et l'Argentine, l'entraîneur adjoint des Pumas, ancien joueur de Top 14 de rugby, se confie à franceinfo.

Gonzalo Quesada, ancien joueur de Top 14 et l\'entraîneur adjoint de l\'équipe des Pumas.
Gonzalo Quesada, ancien joueur de Top 14 et l'entraîneur adjoint de l'équipe des Pumas. (DROUINAUD EMILIE / MAXPPP)

Il y a une équipe de rugby dans le monde où l'esprit français demeure : l'Argentine. Les Pumas affrontent le XV de France samedi 17 novembre à partir de 21h05 à Lille. Cette rencontre ne sera pas comme les autres pour Gonzalo Quesada, l'entraîneur adjoint de l'Argentine. L'ancien demi d'ouverture a passé 20 ans en France comme joueur, à Béziers, Narbonne, Pau et Toulon. Il a aussi entraîné le Racing Métro 92 et le Stade français. Il s'est confié à franceinfo avant la rencontre.

Gonzalo Quesada, l'entraîneur adjoint de l'équipe des Pumas.
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franceinfo : On imagine que ce France-Argentine a une teneur toute particulière?   

Gonzalo Quesada : J'ai quitté la France début août et j'avoue que cela m'a fait une drôle de sensation en revenant à Paris. On a même eu des beaux bouchons entre l'aéroport de Roissy et l'hôtel, et même les bouchons, j'ai aimé ! Ce match, oui, c'est forcément particulier pour moi. Je connais personnellement la moitié des joueurs de l'équipe de France. Il y a énormément de joueurs que j'ai entraînés et que je connais très bien. Je connais par coeur tout ce qui s'est passé pendant un moment dans cette équipe. Il me tarde d'être à la fin du match pour partager un petit moment avec eux aussi.

Ce match, est-ce que c'est déjà une répétition avant la Coupe du monde l'an prochain au japon ?  

Ah ça, je n'y crois pas une seule seconde ! Il y a quelques années, peut-être, quand on ne s'affrontait qu'une fois par an. Mais aujourd'hui, toutes les équipes se connaissent. Un an, c'est énormément de temps. L'an dernier, à cette époque, Guy Novès était encore là avec Jeff Dubois et Yannick Bru. Un an plus tard, c'est un nouveau staff, des nouvelles têtes partout. Pareil pour l'équipe d'Argentine. J'espère que les staffs seront les mêmes à la Coupe du monde mais on ne sait jamais.

Rappelez-vous en 2007 : la France fait deux matchs magnifiques face au Pays de Galle et l'Angleterre (lors des test-match d'été), et ça gagne, ça joue superbement bien. Dans le même temps, l'Argentine galérait pour battre la Belgique. Quinze jours plus tard, la France et l'Argentine s'affrontent à la Coupe du monde et l'Argentine gagne. Le tout avec 15 jours d'écart ! Donc pour moi, ce qui se passera samedi sera anecdotique. 

Les joueurs argentins évoluent pour la plupart en Argentine, contrairement à il y a quelques années. C'est important cette identité ? 

Il y a du bon et du moins bon. Le bon c'est que 80 à 90% de l'équipe passe 11 mois de l'année ensemble, un peu comme une formation du Top 14. Quand ils partent en sélection, ils se connaissent tous, issus de la même franchise donc forcément cela a un bon côté. Après, pour le maillot des Pumas, il y a un gros travail à faire pour le staff, pour qu'ils se disent "on est en sélection, on représente l'équipe nationale". Nous, on n'a pas cette petite fraîcheur que représente le changement d'environnement.

Est-ce que vous êtes inquiet pour les Bleus et pour le rugby français ? 

Je suis moins catégorique. On connaît certaines limites avec ce calendrier qui n'est pas évident à gérer pour les joueurs, il y a toujours un axe de progression là-dessus. Je ne suis pas très inquiet. On s'affole trop vite sur l'équipe de France. Il faut qu'on puisse enfin donner du temps au processus, faire les choses dans l'ordre, tracer un chemin. Peut-être qu'en France, on est tellement gâté, habitué à avoir des bons résultats, qu'on veut revivre cela et on est moins patient. Pour moi, il faut tenir un projet, serrer un peu les oreilles quand ça va mal. Mais bon, encore une fois, je ne suis pas inquiet et vous allez devoir aller chercher loin pour me trouver à dire du mal de l'équipe de France.