Sébastien Chabal, un joueur moins connu pour son rugby que sa barbe et ses coups de gueule

Le rugbyman français a annoncé, à 36 ans, qu'il mettait un terme à sa carrière.

Sébastien Chabal annonce mettre fin à sa carrière, au siège de son club, le LOU, à Lyon (Rhône), le 5 mai 2014.
Sébastien Chabal annonce mettre fin à sa carrière, au siège de son club, le LOU, à Lyon (Rhône), le 5 mai 2014. (JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP)
Sébastien Chabal et sa célèbre barbe prennent leur retraite. Le joueur de rugby français a annoncé la fin de sa carrière, lundi 5 mai. Il l'a officialisé lors d'une conférence de presse au siège du LOU, à Lyon (Rhône), son club actuel, champion de Pro D2. "Dimanche, je vais arrêter ma carrière de sportif professionnel. Je mesure la chance que j'ai eu, la chance d'arrêter sur un titre", a-t-il déclaré, cité par BFMTV.
 
"Les jambes et la tête n'avaient plus envie", explique-t-il dans une interview qui doit être diffusé à 18h20 sur RTL. A 36 ans, l'ancien international a été sélectionné 62 fois en équipe de France, entre 2000 et 2011. Lors de sa carrière, Sébastien Chabal "a remporté le Tournoi des six nations en 2007 et en 2010, le Challenge européen en 2005 et le championnat d'Angleterre en 2006 (avec Sale)", précise francetv sport.
 
Francetv info revient sur la carrière de ce joueur moins connu pour son rugby que pour son physique et ses coups de gueule.

Une légende, celle d'un rouleau-compresseur

En juin 2007, le XV de France est en tournée mondiale. Sébastien Chabal, 1,92 m, 113 kg, se fait connaître grâce à un plaquage particulièrement violent : d'un coup d'épaule, il casse la mâchoire du Néo-Zélandais Ali Williams.
 
Ali Williams doit garder la bouche fermée pendant six semaines. Avec humour, il publie une vidéo invitant les internautes à lui communiquer leurs meilleures recettes de soupes. Le site des All Blacks relaie la requête sur son site et la baptise "Soup For Ali".
 
La légende Chabal est née. Sa popularité grimpe en flèche. Mais cela, il le doit davantage à son physique qu'à ses qualités de joueur : "Plus encore que ses performances sportives, son allure a favorisé sa popularité soudaine", commente Le Monde en septembre de la même année.

Une image bestiale qui fait vendre

En 2009, Sébastien Chabal est "l'objet de toutes les convoitises", écrit Le Figaro. De retour dans le championnat français, il signe au Racing Métro 92 qui casse sa tirelire : le joueur touche environ un million d'euros par an. Dans le même temps, il multiplie les contrats publicitaires : automobile, parfum, mutuelle, paris en ligne, pansements... Il crée également "sa marque de vêtements, Ruckfield, créée avec la PME Norprotex (Lulu Castagette, Babygro, Longboard)", relève Le Figaro. Il tire alors entre 1,5 et 2 millions d'euros de revenus annuels grâce à la publicité et à ses activités extra-sportives.
 
Qu'importe. Des magazines féminins, comme Cosmopolitan, sont sous le charme et le décrivent comme un homme "tendre""avec un physique de yéti""Les gens aiment les valeurs simples et authentiques qu'incarne Sébastien : un homme viril, rassurant et chaleureux", commente auprès de L'Express Carine Rossigneux, l'agent qui gère alors son image.
 
Sébastien Chabal, en mars 2010.
Sébastien Chabal, en mars 2010. (STUDIO HARCOURT PARIS / AFP)
 
 
En janvier 2010, Sébastien Chabal devient le sportif préféré des Français. Il devance le multiple champion du monde des rallyes Sébastien Loeb, et le footballeur Thierry Henry.

Une langue bien pendue

"We are in France, I don't speak English in France" ("Je suis en France, je ne parle pas anglais en France"). C'est ce que lance Sébastien Chabal à un journaliste anglophone qui lui demandait de répondre à une interview, raconte Courrier International, en 2007. "Chabal est devenu pour l'un des quotidiens anglais de référence l'enfant terrible, en français dans le texte", écrit l'hebdomadaire.
 
D'autres coups de gueule émaillent la carrière du rugbyman. En 2011, sort sa biographie Ma petite étoile. Elle marque le début d'une polémique centrée sur ses propos sévères à l'encontre des arbitres. "J'ai été jugé là-dessus alors que je n'ai pas voulu faire un livre à scandale. Je n'ai jamais dit que les arbitres étaient nuls. Depuis cette polémique, ce bouquin me sort par les yeux. Je ne veux plus en entendre parler", explique-t-il alors au Monde.
 
Et si vous pensez que vous allez l'entendre sur un banc, à râler après des joueurs, c'est peine perdu. En mars 2013, Le Parisien l'interroge sur une éventuelle carrière d'entraîneur, la réponse de Sébastien Chabal est sans appel : "Alors là, soyons clairs, nets et précis : pas du tout ! Je ne sais pas si j'en ai les capacités. Ce n'est pas parce qu'on a été un bon joueur de rugby qu'on fait un bon entraîneur. Et, vu mon caractère, je pense que je serais rapidement insupportable."