L'Italie est-elle condamnée à la figuration au Tournoi des Six nations ?

Depuis quelques années, c'est le même refrain : les Italiens jouent bien, font douter les meilleurs, mais récoltent une défaite à l'arrivée. Inévitable ?

Le rugbyman italien Martin Castrogiovanni plaqué par Thierry Dusautoir, lors du match France-Italie du Tournoi des Six nations 2012, le 4 février au Stade de France.
Le rugbyman italien Martin Castrogiovanni plaqué par Thierry Dusautoir, lors du match France-Italie du Tournoi des Six nations 2012, le 4 février au Stade de France. (MARTIN BUREAU / AFP)
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Pierre GodonFrance Télévisions

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Alors qu'elle affronte le XV de France dimanche 3 février, l'Italie est-elle condamnée à finir dernière du Tournoi des Six Nations, comme d'habitude (ou presque) ? 

NON Il y a un réel intérêt du public. L'année dernière, le match de la peur face à l'Ecosse s'est disputé devant 72 000 personnes à Rome. Nouveau record pour un match de l'Italie, un signe que les supporters transalpins croient de plus en plus en leur équipe. On est loin des tribunes clairsemées du stade Flaminio au début des années 2000.

NON Le calendrier est favorable aux Transalpins, qui reçoivent trois fois et ne se déplacent que deux fois. Toutes les victoires de l'Italie sauf une (en Ecosse en 2007) ont été obtenues à domicile.

NON Ils font de plus en plus peur aux gros. Ils ont failli battre l'Angleterre lors du Tournoi 2012, et ont tenu une heure face à la Nouvelle Zélande cet automne. L'entraîneur des All Blacks avait félicité les joueurs transalpins : "Les gens vont rentrer chez eux en se disant que le rugby est un jeu magnifique." Leur problème : les dernières minutes, où ils lâchent des points. 

NON Les Italiens savent empêcher les Français de s'exprimer, en pourrissant le jeu et en ralentissant le ballon. Ils l'ont réussi à merveille lors du Tournoi 2011. Une défaite qui avait scellé la carrière internationale de Sébastien Chabal ou de Yannick Jauzion..

NON Parce que l'entraîneur Jacques Brunel souligne les progrès de son équipe sur le site spécialisé ESPN Scrum : "Nous voulons arriver au point où battre une équipe comme la France relèverait du possible. Nous sommes en pleine confiance." Cette année, l'Italie vise deux victoires. Avec, dans un coin de la tête, son tableau de marche pour atteindre les quarts de finale du Mondial 2015.

NON Parce que le jeu à l'italienne commence à ressembler à quelque chose. Les Italiens ne se présentent plus en victime expiatoire sur le terrain. "On ne va pas rester derrière et défendre, explique le capitaine Sergio Parisse. Nous allons sortir et attaquer. Chaque match à domicile doit être une victoire." L'Italie fait peur, même à Florian Fritz, le bulldozer des Bleus, interrogé par Rugbyrama : "L’Italie n’est pas la même équipe qu’il y a dix ans, ce serait une grave erreur de le penser."

Le rugbyman italien Gonzalo Canale marque un essai lors du match contre le Pays de Galles à Rome, le 26 février 2011. 
Le rugbyman italien Gonzalo Canale marque un essai lors du match contre le Pays de Galles à Rome, le 26 février 2011.  (VINCENZO PINTO / AFP)

OUI Les bookmakers la placent à 200/1 pour remporter le Tournoi. En revanche, la cuillère de bois lui est promise à 4/11, une cote intéressante. L'Italie a évité la cuillère de bois, la "récompense" du dernier du Tournoi l'an passé, mais en a quand même hérité neuf fois sur treize.

OUI L'équipe d'Italie s'appuie largement sur l'ossature du Benetton Trévise (19 joueurs retenus sur 33). Or, le club peine à décoller du milieu du classement de la Ligue Celtique, le championnat qui rassemble des clubs italiens, écossais, gallois et irlandais, et figure toujours parmi les équipes faciles à prendre en Coupe d'Europe. Peu de joueurs italiens jouent à l'étranger. Seulement quatre joueurs sélectionnés viennent du championnat de France et un de celui d'Angleterre.

OUI L'Italie n'a gagné que 9 matchs sur 65, dont six fois contre l'Ecosse. Pas encore un tableau de chasse qui fait peur aux adversaires.