Champions Cup : des portes de la relégation à épouvantail du championnat d'Angleterre, le retour fulgurant des Leicester Tigers

Les Tigres de Leicester se déplacent à Bordeaux, samedi à 16h15.

Article rédigé par
Léo-Pol Platet - franceinfo: sport
France Télévisions
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Temps de lecture : 3 min.
Les joueurs de Leicester célèbrent un essai lors du match face à Bath, le vendredi 5 novembre 2021. (PATRICK KHACHFE/JMP/SHUTTERSTOCK/SIPA / SHUTTERSTOCK)

C'était le 18 janvier 2020. Champions d'Europe en titre avec leur pléiade de stars à la mode, les Saracens étaient relégués administrativement en deuxième division. Coupable notamment de manquements au salary cap, le riche club anglais sombrait en même temps qu'un autre monument du rugby anglais, autrement plus historique, les Leicester Tigers, stagnait dans les profondeurs du classement.

Mais ici, au coeur des Midlands de l'est, la nouvelle de la descente des banlieusards londoniens des Saracens fut accueillie avec bonheur. Bons derniers de Premiership, les Tigers furent alors sauvés in extremis de la relégation par l'infortune des Saracens. 

Neuf victoires en neuf matchs

Deux saisons après ce petit miracle, Leicester n'a plus grand chose à voir avec le relégable qu'il était. Après neuf journées de championnat et autant de victoires, les Tigers sont de fringants leaders du championnat anglais. Et ils s'apprêtent à étrenner leurs galons d'épouvantail en France, à Bordeaux, le samedi 11 décembre.

"Je les suis attentivement puisque j'ai gardé de très bons contacts là-bas, je suis très content pour eux après les dures années qu'ils ont vécu, mais ça ne m'étonne pas. Je savais que ça allait payer". Lui, c'est David Mélé. Aujourd'hui entraîneur des lignes arrières à Chambéry, en troisième division française, ce dernier connaît bien le club des Midlands pour y avoir joué deux saisons entre 2013 et 2015 et y avoir connu ses premières émotions d'entraîneur, du côté de l'académie en 2019.

"Le club retrouve son identité de jeu et son ADN, basé sur le jeu d'avants. Il l'avait un peu perdu sur les dernières saisons avec les changements successifs d'entraîneurs depuis le départ de Richard Cockerill", explique l'ancien demi de mêlée pour justifier l'excellent début de saison des Vert et Rouge.

Le Français, David Mélé, sous les couleurs des Tigres de Leicester, le 16 novembre 2014. (SIPANY/SIPA / SIPA USA)

Il poursuit : "Je pense qu'ils s'étaient un peu trompés auparavant, mais l'arrivée de Geordan Murphy puis Steve Borthwick en 2020, avec son expérience de la sélection anglaise, fait beaucoup de bien au club."

En plus d'avoir réconcilié les Tigers avec leur culture du jeu d'avants, Borthwick, arrivé sur le banc en 2020, a également beaucoup misé sur la fibre formatrice du club , un temps oubliée. Si la saison 2020-2021 fut celle de la réconciliation, les efforts commencent à porter leurs fruits.

"C'est une des meilleure académies du pays, pour preuve, ils ont été champions sur les trois dernières saisons, justifie David Mélé. Il y a toujours eu beaucoup de joueurs de très haut niveau mais le club ne parvenait pas à les garder. Ils partaient parce qu'ils jouaient peu en équipe première".

La jeunesse au pouvoir

Miser sur les jeunes, rien de révolutionnaire donc. Surtout quand on n'a pas le budget des cadors Bath, Bristol ou les Saracens. Mais le schéma s'avère payant. Accompagnés des tous meilleurs internationaux comme Georges Ford, Ben Youngs ou autres Dan Coles, les "teenagers" progressent à vitesse grand V. "Les jeunes ont un très bon niveau, commente l'ex demi de mêlée, je pense notamment au demi de mêlée Jack van Poortvliet avec qui j'ai beaucoup travaillé à l'académie. Je peux également citer Freddie Steward (21 ans lui aussi) qui excelle à l'arrière", note David Mélé.

Pour peaufiner le cocktail, les Tigers ont misé sur un recrutement international malin avec les expérimentés Fidjiens Nadolo et Murimurivalu ou encore l'Argentin Montoya. En ce début de saison, les coéquipiers de Georges Ford ont roulé sur Exeter (34-19) ou Bath (40-23) et battus les favoris Saracens (13-12) et Harlequins (16-14). De quoi classer une équipe. 

Samedi sur la pelouse de Chabans-Delmas, ils retrouveront ce qui se fait de mieux en France : l'Union Bordeaux-Bègles. Un choc entre leaders qui promet des étoiles et que David Mélé se refuse à pronostiquer.

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