Rugby : la Challenge Cup, la bouée de sauvetage de Montpellier

Le Montpellier Hérault Rugby (MHR) affronte vendredi soir Leicester en finale de la Challenge Cup.

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France Télévisions
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Les Montpelliérains (ici lors de leur huitième de finale de Challenge Cup contre Glasgow le 2 avril 2021) veulent sauver leur saison avec un trophée. (SYLVAIN THOMAS / AFP)

Pour la deuxième fois de son histoire, Montpellier se retrouve en finale d'une compétition européenne. Vendredi 21 mai, les Héraultais défient les Anglais de Leicester (à 21 heures en direct sur France 3 et france.tv), avec l'ambition de sauver une saison qui s'est révélée délicate. 

De l'argent mais pas de couronne

Un recrutement conséquent pour des résultats loin d'être convaincants. Ainsi pourrait-on résumer les dernières saisons du Montpellier Hérault Rugby (MHR), présidé depuis 2011 par Mohed Altrad. Le milliardaire, patron d'une entreprise spécialisée dans les équipements pour le secteur du BTP, a fait de son club le cinquième budget du Top 14 avec 27 millions d'euros, contre 15 millions d'euros il y a dix ans.

Mais malgré les signatures de champions du monde (Aaron Cruden, Bismarck Du Plessis, Ruan Pienaar, François Steyn, Handre Pollard) et d'internationaux français (Louis Picamoles, Vincent Rattez), le club héraultais ne parvient pas à garnir son armoire à trophées. Seule une Challenge Cup, remportée en 2016, est venue s'ajouter à son palmarès. Encore décevants cette saison en Top 14, les Montpelliérains peuvent à nouveau remporter la "petite" Coupe d'Europe vendredi. 

Le Bouclier de Brennus toujours inaccessible

Sur le territoire hexagonale, les Cistes ont disputé à deux reprises la finale du Top 14, en 2011 et en 2018, sans succès. En 2011, dernière équipe à se qualifier pour la phase finale, le MHR va jusqu'au bout, ou presque. Face au Stade toulousain, c'était la jeune génération locale autour des Fulgence Ouedraogo, François Trinh-Duc, Julien Tomas, pour une défaite (15-10). En 2018, après avoir fini en première position de la saison régulière, c'est Castres qui se présentait. Ouedraogo était toujours là, mais entouré par une multitude d'internationaux étrangers : les frères Du Plessis, Aaron Cruden; François Steyn, Ruan Pienaar, l'ancien Louis Picamoles revenu au bercail... Pour un nouvel échec devant le Bouclier de Brennus (29-13).

Ces stars sans couronne, c'est un peu le symbole de ce MHR. L'ouvreur all black ne s'est jamais vraiment intégré et a connu des blessures à répétition jusqu'à son départ en 2019. Des blessures qui ont également touché Johan Goosen, élu meilleur joueur du championnat en 2016 avec le Racing 92 et arrivé en 2018 contre 1,5 million d'euros d'indemnités. En terres héraultaises, le Sud-Africain ne s'est jamais vraiment imposé. Il quittera le Top 14 cet été pour rejoindre les Blue Bulls de Pretoria. 

Ces différents échecs ont valu à Mohed Altrad les moqueries de Mourad Boudjellal, l'ancien président du RC Toulon. Dans une chronique sur le site Rugbyrama en novembre 2020, Boudjellal ironisait : "Mohed Altrad, tu es sûrement l'une des personnes les plus brillantes qu'il m'a été donnée de rencontrer dans le rugby. Tu as pris les meilleurs entraîneurs :  [Xavier] Garbajosa, [Philippe] Saint-André, Vern Cotter... et ça ne le fait pas. [...] Tu as pris les meilleurs joueurs comme Johan Goosen. Il traversait les terrains avant d'arriver chez toi. Il arrive chez toi et il ne met plus un pied devant l'autre. Mohed... je crois que le rugby ce n'est pas fait pour toi".

Une saison tumultueuse

Cette saison, le MHR pointe à la dixième position du Top 14, et ne disputera pas les barrages. Mais le club a sauvé sa peau dans l'élite, ce qui n'était pas gagné à un certain moment. La faute à un mauvais début de saison et à une série de neuf défaites consécutives, toutes compétitions confondues, entre mi-décembre et fin janvier. Des résultats qui ont coûté sa place à Xavier Garbajosa, arrivé deux ans avant en provenance de La Rochelle. A sa place, Philippe Saint-André, ancien sélectionneur du XV de France, a repris du service alors qu'il était directeur du rugby jusque-là. Malchanceux, les Cistes ont été privés pendant de longs mois de leur ouvreur champion du monde Handre Pollard, victime d'une rupture du ligament croisé antérieur du genou gauche. 

La Challenge Cup pourrait-elle alors être un lot de consolation pour le MHR ? Elle pourrait en tout cas être "une éclaircie dans la saison", selon le capitaine Fulgence Ouedraogo dans une interview donnée au Midi Libre. Après huit victoires lors de leurs neuf derniers matches, toutes compétitions confondues, les Héraultais se sont relancés. Les Cistes ont notamment battu Toulouse (29-16), le 27 mars en Top 14, et La Rochelle (32-22), le 8 mai, soit les deux clubs qui se disputeront la Champions Cup, la "grande" Coupe d'Europe, samedi 22 mai.

Mais face à eux, Leicester, victorieux à deux reprises de la Champions Cup (2001 et 2002), trois fois finaliste (1997, 2007, 2009) mais qui n'a jamais joué une finale en Challenge Cup, et qui n'aspire qu'à retrouver son lustre d'antan. Les Tigers sont actuellement 6e de Premiership. "Leur équipe est pleine d'internationaux, nous ne sommes pas du tout favoris", a expliqué Steve Borthwick, l'entraîneur des Tigers. En 2016, c'est un autre club anglais, les Harlequins, qui était tombé en finale contre Montpellier. Un bon présage ?

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