Rugby : Suspension des coupes d'Europe, une décision "prudente" face au variant anglais

Après la demande du gouvernement aux clubs français de reporter leur participation aux coupes d'Europe, l'EPCR a finalement décidé de suspendre la Champions Cup et la Challenge Cup. Si cette décision peut paraître "un peu excessive" au Professeur Roger Salamon, président de la commission médicale de la FFR, elle n'en est pas moins "prudente" selon l'infectiologue Imad Kansau, alors que le variant anglais du coronavirus, réputé plus contagieux, se répand en Europe.
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France Télévisions
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L'effectif de l'Aviron Bayonnais a été touché par le variant britannique de la Covid-19 (GAIZKA IROZ / AFP)

L'EPCR a annoncé, ce lundi, la suspension temporaire des coupes d'Europe de rugby, après la demande du gouvernement français, aux clubs du Top 14, de reporter leurs matches contre des équipes britanniques. Les autorités craignent de nouveaux foyers de contamination, comme à Bayonne. Après son match en Challenge Cup contre les Leicester Tigers le 19 décembre dernier, l’Aviron Bayonnais déplorait en effet une dizaine de cas positifs à la nouvelle souche de la Covid-19, parmi ses joueurs et son staff. Selon l’infectiologue Imad Kansau, la décision prise par les autorités est la bonne : "Il ne faut pas jouer avec le feu, on a déjà une circulation active du virus, et on ne peut pas rajouter des risques de nouveaux foyers". Epidémiologiste et président de la commission médicale de la Fédération Française de Rugby (FFR), le Professeur Roger Salamon est plus nuancé, mais se veut compréhensif: "Même si c'est triste et que je trouve cela un peu excessif, on peut comprendre que le gouvernement prenne des précautions et soit prudent". 

Les autorités anglaises ont réinstauré, mardi 5 janvier, un confinement national, qui autorise toutefois la tenue de compétitions sportives professionnelles, alors que le pays déplore entre 50 000 et 60 000 nouveaux cas positifs par jour depuis plus d'une semaine. A titre comparatif, la France compte autour de 20 000 nouveaux cas quotidiens ces derniers jours.  "Les données qui nous viennent d’Angleterre nous encouragent à nous méfier. La prudence s’impose, il ne faut pas créer de situations propices à la dissémination de la souche anglaise, qui serait plus contagieuse, et un match est une situation à hauts risques", explique le docteur Imad Kansau. 

Les sports collectifs, avec des contacts, ne permettent pas de respecter les gestes barrières : "Dans une équipe, les joueurs peuvent rapidement se contaminer entre eux, et cela aura un effet multiplicateur", ajoute l’infectiologue. En novembre 2020, une quinzaine de membres de l’effectif professionnel de l’OGC Nice avaient été contaminés après un match de Ligue Europa contre le Slavia Prague, au sein duquel le virus circulait avant le match puisque cinq de ses joueurs étaient positifs.

Des tests effectués trop longtemps avant les rencontres

A Bayonne, où le variant britannique du coronavirus circule désormais, le président du club, Philippe Tayeb, déplorait un protocole trop souple mis en place par l’EPCR, avec des tests effectués six jours avant la rencontre. "Les Anglais sont moins prudents avec leurs joueurs que nous. Notre protocole est beaucoup plus strict, avec des tests plus resserrés par rapport aux matches", rapporte le Professeur Roger Salamon. "En six jours, les joueurs ont le temps d’être contaminés, surtout s’ils ne sont pas isolés. Il aurait fallu que le test soit effectué trois jours avant le match, et que les joueurs soient ensuite placés en quarantaine pour ne pas développer le virus", complète Imad Kansau. Un protocole intenable, en raison des déplacements. 

Les clubs français engagés en coupe d'Europe avaient demandé à l'EPCR de revoir sa copie et d'harmoniser ses règles sanitaires avec celles du Top 14, plus dures, sous peine d'un boycott. L'organisation affirme avoir présenté des mises à jour de son protocole de tests au gouvernement français, mais les autorités ont préféré demander aux équipes de reporter leurs matches, contraignant l'EPCR à siffler temporairement un temps mort dans ses compétitions.

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