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Rétro : l'équipe type de la décennie de football

Entre 2010 et 2019, ils ont marqué le football mondial. Des performances historiques pour certains, des titres remportés et des records accumulés pour d'autres, voici l'équipe de football type de la décennie.
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France Télévisions
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C'est un débat sans fin. Aux fêtes de famille, au bureau, en classe ou même au coin du feu avec un diabolo grenadine à la main, chaque année, chaque décennie, la question se pose : qui sont les meilleurs joueurs de la planète à leur poste ? La rédaction de France tv sport vous a évité ce problème pour pouvoir briller en soirée en toute quiétude. Au cas où vous auriez sommeillé durant dix ans ou que vous souhaitiez à tout prix placer un de vos joueurs préférés dans la liste. 

L'équipe type : les critères

Mais avant de vous dévoiler l'équipe type de la décennie, ses six remplaçants (cinq joueurs de champ et un gardien) ainsi que le coach de ces dix dernières années, posons les bases. À la différence du Ballon d'Or qui a parfois été accusé de favoriser les stats individuelles au détriment de la réussite collective, nous avons mis en avant ceux qui cumulaient les deux. Pour entrer dans notre gotha, il faut au moins avoir remporté un titre majeur (Mondial, Euro, Ligue des champions) durant la dernière décennie. Et non, le tournoi international de Chypre ne compte pas.

Il faut en outre faire partie des dominants de cette décennie. De ceux qui ont marqué ces dix ans par leur leadership, leurs statistiques, leurs exploits personnels dans des moments clés. 

Le système tactique : 4-3-3

Difficile de parler de joueurs et de jeu si le système tactique n'est pas évoqué au préalable. La décennie aura ainsi été marquée par la fin des meneurs de jeu et le retrait progressif du fameux 4-4-2 si cher à Antoine Kombouaré pour faire la part belle au 4-3-3. Pep Guardiola, Zinédine Zidane, Jürgen Klopp, pour ne citer qu'eux, ont marqué les années 2010 avec cette mise en place. Difficile ainsi de ne pas rendre hommage à ce système qui a été l'apanage à une autre époque d'un certain Guy Roux, le bonnet le plus célèbre de l'Hexagone. 

La défense : l'exception et la règle

Gardien : Manuel Neuer

Dans les buts, un seul homme a véritablement marqué cette décennie. Manuel Neuer a été de tous les succès au début des années 2010 avec le Bayern Munich puis avec la sélection allemande. Après une première finale perdue en 2012, il décroche la coupe aux grandes oreilles en 2013. L'année suivante, le portier bionique continue sa moisson avec un titre de champion du monde. 

Individuellement, il est élu meilleur gardien de l'année à quatre reprises et termine 3e du Ballon d'Or en 2013. Ses relances au pied comme ses pattes d'ours font la différence sur toutes les pelouses d'Europe. Indiscutable tout simplement. 

Latéraux : Marcelo et Daniel Alves

Dans cette équipe type, Manuel Neuer est un peu l'exception qui confirme la règle. Dans une décennie globalement dominée par les clubs espagnols, ils n'est pas surprenant de retrouver presque exclusivement des joueurs de Barcelone et du Real Madrid en défense. 

À gauche, le Madrilène Marcelo semble indéboulonnable. Le Brésilien a révolutionné son poste comme l'avait fait par le passé un certain Roberto Carlos. Offensif, technique mais aussi leader dans le vestiaire, il a remporté quatre ligue des champions sur l'ensemble de la décennie et fait une demie finale de Coupe du monde avec le Brésil en 2014. Un moment qu'il a certainement oublié (vous avez dit 7-1 ?). Membre de l'équipe type de la FIFA à six reprises, il n'a pas d'équivalent à son poste. 

Sur le côté droit, son collègue de toujours et rival historique avec le FC Barcelone Daniel Alves est lui aussi l'un des grands footballeurs de la décennie. Après avoir remporté la Ligue des champions à deux reprises (2011 et 2015), "Dani'" est allé s'essayer au football italien. Avec réussite. Au sein de la Juventus Turin, il rallie de nouveau la finale de la C1. Avec Marcelo, il a révolutionné le poste de latéral qui s'est progressivement transformé en ailier d'appoint. 

Défense centrale : Gérard Piqué et Sergio Ramos

Comme un symbole de la domination espagnole en sélection puis à travers les clubs, deux joueurs sont incontournables pour former la charnière centrale de cette équipe type de la décennie. Sergio Ramos et Gérard Piqué compte six Ligue des champions, un Mondial et un Euro à eux deux.

Piliers de leurs défenses au Real Madrid et au Barça comme en équipe nationale où le duo a fait des misères à beaucoup d'attaquants, ils incarnent le prototype du défenseur moderne. Rugueux, fourbe, redoutable relanceur et buteur à ses heures perdues. À ce petit jeu-là, le capitaine madrilène possède cependant une longueur d'avance avec 113 pions plantés sur l'ensemble de sa carrière (contre 51 pour le mari de Shakira), soit une vingtaine de plus que Christophe Dugarry, qui, on le rappelle, jouait attaquant de pointe. 

Le milieu : comme un air de Classico 

Si la décennie a été marquée par le football espagnol, deux clubs ont particulièrement occupé le devant de la scène. Reléguant à eux seuls (ou presque) la Premier League et sa galaxie d'étoiles, le Real Madrid et le FC Barcelone ont formé les milieux modernes. Sur le modèle de joueurs comme Xavi, Xabi Alonso ou encore David Silva. 

Milieu de terrain : Luka Modric, Toni Kroos, Andres Iniesta

Ils ont tous les trois brillé lors d'un Mondial. En 2010, Andres Iniesta est sacré champion du monde et marque en finale. Hormis le Ballon d'Or cette année-là qui lui échappe et qui reste un mystère comme l'assassinat de John F. Kennedy, l'Espagnol a globalement imprimé de sa patte cette décennie. Avec le Barça (deux Ligue des champions) et avec l'Espagne (Mondial 2010, Euro 2012). Moteur de l'entre-jeu de ses équipes, on a pu mesurer son impact une fois parti. Ses anciens coéquipiers peuvent en témoigner.

Toni Kroos a brillé lors de la Coupe du monde 2014, titre à la clé. Vainqueur de la C1 avec le Bayern puis avec le Real Madrid à trois reprises, il s'est parfaitement adapté au système espagnol en étant repositionné plus bas. Délicieux dans le jeu long, son intelligence et sa technique ont parfaitement été complémentaires au sein du club madrilène par la suite.

Et si l'Allemand a autant brillé, il le doit en partie à sa complicité avec son alter ego croate : Luka Modric. Plus offensif et libre dans la création, l'ancien joueur de Tottenham a été le meneur de jeu de toutes les offensives du Real Madrid. Évoluant à un poste de relayeur capable de se projeter, il a été l'un des piliers des trois victoires du club madrilène en Ligue des champions. Capitaine de la sélection croate, il a en outre terminé meilleur joueur du dernier Mondial après avoir échoué face à la France en finale. Modric a aussi, et surtout, marqué la décennie en grattant un Ballon d'Or à Messi et Cristiano Ronaldo. Les deux extraterrestres de ce jeu étaient jusqu'ici les seuls à avoir reçu la prestigieuse distinction individuelle depuis 2010. Une performance.

L'attaque : deux extraterrestres et un Français

Les ailiers : Lionel Messi et Cristiano Ronaldo

Si Pascal Dupraz avait été le coach de cette décennie, il aurait très certainement posé, en bon tacticien, deux noms sur sa feuille de match avant tous les autres. Ils ont marqué les dix ans et plus encore l'histoire du football. Lionel Messi et Cristiano Ronaldo sont les deux hommes forts de cette équipe. Les deux seuls à avoir dominé de bout en bout ces dix années.

Pour entrer en détail sur ce qu'ont accompli les deux hommes, il faut se mouiller la nuque au préalable. Six Ligue des champions à eux deux. Plus de 450 buts sur la décennie pour "CR7", plus de 500 pions du côté du lutin argentin. Des statistiques affolantes auxquels il faut ajouter les centaines de passes décisives, les actions de classe, et les onze Ballon d'Or à eux deux (6 pour Messi, 5 pour Cristiano Ronaldo). Les deux hommes ont leur place dans cette équipe type de la décennie comme dans celle de l'histoire du football. 

Le numéro 9 : Karim Benzema

Pour épauler ces deux hommes il fallait un lieutenant. Le Scottie Pippen de Michael Jordan dans cette équipe type se nomme Karim Benzema. Arrivé de Lyon en 2009 pour le Real Madrid, "KB9" a révolutionné le poste de numéro neuf. Buteur, passeur, homme à tout faire sur le front de l'attaque. Réputé pour être un attaquant à sang froid, il compte plus de 250 buts entre 2010 et 2019.

Bras droit de Cristiano Ronaldo durant près d'une décennie avant de prendre son envol depuis deux saisons et le départ du Portugais à la Juventus, il s'affirme désormais comme l'un des patrons de la Maison blanche. Vainqueur de quatre Ligue des champions, il n'est pas l'attaquant le plus médiatisé ni le plus coté. Il a même été écarté de l'équipe de France pour des raisons extra-sportives. Mais sa domination sans discontinuer en fait un élément indiscutable au sein de ce onze.

Le banc : les "oubliés" du Bayern

Ils étaient aux portes du onze de départ mais ils ont été recalés à l'entrée de la boîte. Gardés cependant par le physio pour prendre soin des manteaux des titulaires, ils sont six à squatter le banc de cette équipe de rêve.

Remplaçants : Keylor Navas, Sergio Busquets, Arjen Robben, Raphaël Varane, Luis Suarez, Philipp Lahm

Dans l'ombre de Manuel Neuer, ils ont été nombreux à se disputer le titre de doublure. De Jan Oblak à Marc-André Ter Stegen en passant par Hugo Lloris et Gianluigi Buffon, les places ont été chères. Mais c'est Keylor Navas et ses trois ceintures de vainqueur de la C1 qui a le droit de se caler sur un bout de banc entre le préparateur physique et l'entraîneur des gardiens. 

À ses côtés, on trouve Raphaël Varane et Philipp Lahm pour compléter le secteur défensif. L'autre Français de l'effectif est le lieutenant exclusif de Sergio Ramos depuis quelques années après s'être battu avec Pepe. Impérial en finale sur les quatre Ligues des champions remportées, le Français peut aussi se targuer d'être champion du monde. Suffisant pour être sur le banc, pas pour figurer dans le 11. À droite, si Daniel Alves est le prototype du latéral offensif moderne, Lahm a révolutionné son poste par sa polyvalence. Technique, aussi fort devant que derrière, il a carrément fini milieu défensif durant les derniers instants de sa carrière. Champion du monde en 2014 et vainqueur de la Ligue des champions la saison précédente. 

Au milieu de terrain, Sergio Busquets a été retenu pour suppléer aux trois titulaires. Devant la défense du Barça depuis plus d'une décennie, l'Espagnol figure parmi les trois fantastiques qui ont fait la gloire des Catalans aux côtés d'Iniesta et Xavi. Il commence cependant à perdre de son influence depuis un ou deux ans et l'arrivée de Frenkie De Jong devrait progressivement signer la fin d'une ère.

Il n'en reste pas moins l'un des joueurs les plus intelligents de sa génération. Véritable cisaille du milieu de terrain barcelonais, relanceur, casseur de lignes et briseur de contre-attaques, il a autant été détesté qu'adulé mais il reste le poumon du club catalan. Avec son déclin, le FC Barcelone a perdu de son allant défensif et il sera difficile de le remplacer dans le cœur du jeu.

Sur le front de l'attaque, on retrouve un autre Bavarois avec Arjen Robben. Il devance Franck Ribéry de peu sur le banc. Mais le Néerlandais, qui a remporté la C1 au côté de "Frankie" en 2013, reste l'un des piliers du Bayern durant près d'une décennie mais aussi de sa sélection. Finaliste en 2010 du Mondial et demi-finaliste en 2014, il a porté son pays à deux reprises ce que n'a jamais réussi à faire le Français.

L'autre numéro neuf de cette équipe est inévitablement Luis Suarez. Si le débat a pu être rude pour le poste de titulaire, l'attaquant uruguayen n'a au final pas eu la même influence sur le long terme que Benzema. Vainqueur de la Ligue des champions avec le Barça en 2015, auteur de 190 buts avec le club catalan, il avait auparavant porté Liverpool et était passé près d'un premier titre en Premier League depuis plusieurs décennies. Buteur, passeur et parfois meneur de jeu, Suarez sait tout faire. Aller sur le banc aussi.

Le coach : Pep Guardiola, le jeu en héritage

Lorsque Johan Cruyff s'en est allé, une phrase est revenue pour décrire le génial meneur néerlandais : "Il était le jeu". Cet adage, Pep Guardiola pourrait lui le porter au présent. Car si il n'est pas le coach le plus titré de la décennie sur le plan européen (Zidane est devant avec 3 C1 contre une seule pour Guardiola), il a fait étal durant ces dix dernières années de ses capacités à sublimer le jeu.

Celui du FC Barcelone tout d'abord avec lequel il remporte la Ligue des champions en 2011, puis avec le Bayern Munich avant de filer à Manchester City. Longtemps, son image aura été associée à celle de Lionel Messi. Pourtant, Pep Guardiola est plus que ça. Son empreinte sur le jeu a poussé les autres coachs à se réinventer. Mourinho en est devenu fou sans pouvoir réellement le contrer. Et puis la kryptonite allemande s'est développée. Jürgen Klopp avec son Liverpool a réussi, enfin à faire déjouer "Pep". Il aura fallu dix ans pour trouver la faille. Le temps que le coach espagnol marque de son sceau une décennie placée sous le signe du jeu. Le sien.

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