"Nos jeunes ne sont pas performants en activité physique", avertit un neurochirurgien après une étude menée sur des collégiens de 11 à 13 ans

D'après l'étude menée sur plus de 2000 jeunes, 13,87 % des élèves de quatrième et de cinquième sont en surpoids.

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Au collège, les cours d'éducation physique et sportive sont obligatoires. Les élèves ont quatre heures de cours par semaine en sixième, trois heures par la suite. (MANON CAVERIBERE / HANS LUCAS)

Près de 14% des collégiens de 5e et 4e sont en surpoids (11-13 ans), 10% ne mangent pratiquement pas de fruits et légumes, 40% boivent des boissons sucrées chaque jour. Ces chiffres proviennent d'une étude menée depuis le 31 mars 2021 par le neurochirurgien Philippe Decq, auprès de cette classe d'âge. Samedi 16 octobre, à l'INSEP, lieu emblématique du sport français, les premières conclusions de son étude sur l'activité physique et l'alimentation des jeunes sont dévoilées en marge des finales des Jeux des jeunes. Organisée, par le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) en association avec l’Union nationale du sport scolaire (UNSS) et l’Union générale sportive de l'enseignement libre (UGSEL), ces "Jeux" sont un programme de sensibilisation à la pratique du sport à vocation des jeunes. 

Dans chaque région française, plus de 200 élèves se sont soumis au test de forme. Des "premiers résultats d'une étude préliminaire très descriptifs" et qui apportent déjà "un certain nombre d'informartions", selon le professeur Philippe Decq.

"Dans cette étude, on voit que nos jeunes gens ne sont pas très performants en activité physique", annonce Philippe DecqAu programme des élèves : différents tests, d’endurance, d’équilibre, de souplesse de comportement alimentaire ; des calculs plus classiques comme l’IMC ou encore un test de forme sur la base d’un auto-questionnaire relatif aux habitudes de consommation alimentaire et d’activité physique.

On voit bien que les cours d’EPS, et la France n’est pas économe en cours d’EPS, ne suffisent pas. Cela veut dire qu’en dehors de l’école, il y a une immense majorité qui ne fait plus rien et on doit les faire bouger.

Philippe Deck

France Info Sport

"Il y a besoin de les remettre dans l’activité physique : ils n’en font pas assez en moyenne, regrette le professeur. Quand on regarde nos chiffres, on a quand même 13,87% des enfants qui sont en surpoids. C'est 12% chez les filles et 16% chez les garçons." 

Des chiffres légèrement inférieurs à ceux de la population générale. En France, entre 15 et 17 % de la population est en surpoids. Un fait en partie dû au manque d’activité physique chez les jeunes, selon le professeur. “On a besoin de les encourager“, scande-t-il.

"Ils sont encore 10% à ne jamais ou pratiquement jamais manger de fruits et légumes"

D’autre part, l’étude relève des problématiques liées à l’alimentation. Chez les élèves de cinquième et quatrième, 13% ne mangent des fruits qu’une fois par semaine voire jamais. C'est 9% pour les légumes. "Pourtant, la recommandation c’est d'en manger plusieurs fois par jour, note Philippe Decq. Là encore on a des efforts à faire. Il y a encore 10 % des élèves qui n’en mangent jamais ou pratiquement jamais." 

En plus de la nourriture, l’étude pointe aussi les habitudes alimentaires concernant les sodas et autres boissons. 

Seuls 64% des élèves boivent uniquement de l’eau au cours des repas et 40,5% des élèves boivent des boissons sucrées tous les jours. Des chiffres qui attirent l’attention du médecin : “C’est le point qui me frappe le plus parce que ce n’est pas recommandé dès cet âge-là. Pour mener une vie en bonne santé, et bien vieillir, il faut avoir de bonnes réserves. On voit que les personnes qui ont fait de l’activité physique toute leur vie abordent la troisième partie de leur existence en meilleur état et sont bien plus résistants que les autres."

Après les collégiens, au tour des étudiants

En plus des collégiens, il souhaite maintenant analyser les étudiants. "Une fois qu’ils arrivent à l’université, ils suivent des cours, ils sont dans des amphithéâtres mais ils ne font plus un gramme d’activité physique, explique celui qui enseigne aussi l'Université de Paris. C’est un vrai désastre parce que l’activité physique n’est pas au programme de l’enseignement universitaire".

Pour autant, le médecin ne se dit pas inquiet. Son rôle est de "constater, pas d’alarmer". Il souhaite que cette étude crée une dynamique et serve de baromètre pour mesurer les éventuelles progressions ou stagnations.

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