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NFL : nom d'équipe moins offensant, procès pour discrimination raciale... Le football américain continue de faire bouger les lignes en faveur des minorités

L'équipe de Washington a définitivement tourné le dos à son ancien nom des Redskins (peaux rouges) tandis que l'entraîneur Brian Flores a attaqué la Ligue et d'autres formations pour racisme. 

France Télévisions - Rédaction Sport
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Brian Flores, alors entraîneur en chef des Miami Dolphins, lors d'un match de saison régulière contre les New England Patriots, le 9 janvier 2022.  (MICHAEL REAVES / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)

Dans la foulée de Colin Kaepernick, quarterback des 49ers et premier sportif à avoir posé le genou à terre durant un hymne, puis du mouvement "Black lives matter", que les joueurs de NFL ont largement soutenu, les acteurs du football américain continuent d'agir pour la reconnaissance des droits des minorités. A quelques heures d'intervalle, le plus populaire des sports américains a franchi deux étapes significatives dans une institution longtemps sclérosée par le poids des traditions. 

Ces avancées ont débuté mercredi avec l'abandon définitif du surnom de l'équipe de Washington. Après une saison et demie de transition passée sous l'appellation "Football Team", les propriétaires de la franchise ont opté pour les "Commanders". L'historique, et très critiqué nom "Redskins" ("peaux rouges" en français) en raison de sa connotation jugée raciste envers les Amérindiens, tombe donc définitivement dans les oubliettes du passé. 

"Un seul héritage. Un avenir commun. Nous sommes les Washington Commanders", a tweeté l'équipe.

Preuve de l'importance de ce changement de nom, et surtout de la symbolique qu'il représente, le président américain Joe Biden n'a pas hésité lui-même a répondre sur le réseau social, plaisantant sur le fait qu'il pouvait y avoir deux "commanders" dans la capitale des Etats-Unis et accompagnant le message de la photo de son berger allemand, également baptisé Commander, dans les jardins de la Maison Blanche.

Cette décision est l'une des conséquences du profond examen de conscience des Etats-Unis sur leur rapport à leur passé raciste, entamé au printemps 2020 dans le sillage de la mort de l'Afro-Américain George Floyd.

Un vaste mouvement de colère a ainsi conduit une partie de la société à reconsidérer certains symboles, comme les statues de généraux confédérés, partisans de l'esclavage, ou de Christophe Colomb, colonisateur.

Flores, au péril de sa carrière

Mais le combat n'est pas gagné pour autant. L'entraîneur Brian Flores, qui poursuit en justice la Ligue professionnelle de football américain (NFL) et les franchises des Miami Dolphins, New York Giants et Denver Broncos pour discrimination raciale, s'est dit déterminé à provoquer un profond changement, quitte à mettre en péril sa carrière.

Le technicien noir de 40 ans, récemment licencié par Miami, a reconnu dans une interview accordée mercredi à CBS connaître le risque qu'il prenait pour son avenir professionnel. "Je comprends le risque et oui, c'était une décision difficile à prendre, j'ai beaucoup hésité", a-t-il convenu.

Mardi dernier, Flores a pourtant déposé un recours collectif contre la NFL, qui selon lui "est gérée comme une plantation", ainsi que trois clubs qu'il accuse de discrimination raciale. A la fois dans le cadre de son licenciement récent des Miami Dolphins, dont il fustige en outre des manquements à l'éthique sportive, ainsi que lors d'entretiens d'embauche "factices" pratiqués par les New York Giants et les Denver Broncos.

"J'ai ressenti de l'humiliation, de l'incrédulité, de la colère"

Flores affirme notamment que les Giants lui ont accordé un entretien d'embauche le mois dernier, pour le poste d'entraîneur principal, sans autre raison que de se conformer à la règle Rooney de la NFL, qui oblige les équipes à interviewer des candidats issus de minorités. Car il a incidemment appris entre-temps qu'ils avaient porté leur choix sur un autre candidat.

"Cette règle est destinée à donner aux minorités l'occasion de s'asseoir devant les propriétaires. Mais je pense que cela ne leur sert qu'à cocher une case. Et cela a été le cas, d'ailleurs je sais que je ne suis pas le seul dans ce cas", a-t-il dit. Et d'ajouter : "J'ai ressenti de l'humiliation, de l'incrédulité, de la colère. J'ai travaillé si dur pour arriver là où je suis dans le football. J'ai passé 18 ans dans cette ligue, pour me retrouver à un entretien bidon, j'ai été blessé"

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