Championnats d'Europe de natation : l'équipe de France "doit s'affirmer" pour "faire taire les mauvaises langues"

Les championnats d'Europe de natation débutent vendredi à Glasgow en Écosse. C'est l'occasion pour la toute jeune équipe de France de démontrer son talent, espère l'ancien double champion olympique, Alain Bernard.

Alain Bernard, le 25 mai 2017 à Schiltigheim dans le bas-Rhin, lors des championnats de France de natation.
Alain Bernard, le 25 mai 2017 à Schiltigheim dans le bas-Rhin, lors des championnats de France de natation. (DOMINIQUE GUTEKUNST / MAXPPP)

Trente nageurs (12 nageuses et 18 nageurs) représentent l'équipe de France à Glasgow, en Écosse, où débutent vendredi 3 août les championnats d'Europe de natation. Une jeune équipe en plein doute après le départ de la génération dorée qui a dominé les bassins entre 2004 et 2012. Cette équipe a pourtant "un vrai potentiel", estime sur franceinfo l'ex-nageur Alain Bernard.

franceinfo : Quelles sont les chances françaises pour ces championnats d'Europe ?

Chez les filles, Charlotte Bonnet bien sûr. C'est notre tête d'affiche ! Je la verrais bien faire un beau trio sur 100 m, 200 m nage libre et sur le relais 4x100 m. Elle a vraiment su s'affirmer et s'afficher en patronne. Il y a aussi Marie Wattel, qui s'entraînait avec Charlotte Bonnet il y a quelques années. Elle a rejoint un club de Londres depuis deux ans et elle progresse lentement mais sûrement. Et puis on aura toujours aussi Mélanie Henique sur le sprint, ainsi que Margaux Fabre et Béryl Gastaldello qui vont compléter ce relais 4x100 m nage libre.

Et chez les hommes ?

Du côté des garçons, Jérémy Stravius a besoin de concrétiser sa longévité, bien qu'il se retrouve dans le flou car son entraîneur, Michel Chrétien, s'en va à l'Insep. On ne sait pas du tout si Jérémy va le suivre. Il y a eu un petit clash entre eux aux derniers championnats de France, c'est donc la grande incertitude. Ensuite, Jordan Pothain : cela fait deux ans qu'il est dans le dur depuis les Jeux olympiques de Rio. On ne lui souhaite qu'une chose : refaire ses meilleurs temps qui l'emmèneront forcément en finale. On a Mehdy Metella, qui est incertain mais très polyvalent. Il sera, je pense, plus fort en papillon qu'en crawl. J'espère me tromper et qu'il sera fort sur les deux, avec des jeunes derrière qui vont faire des relais, et qui participeront à leurs premiers championnats d'Europe, comme Maxime Grousset, vice-champion du monde junior sur 50 m nage libre.

Qu'est-ce qu'il manque à cette génération pour briller comme la précédente dont vous faisiez partie ?

Ces nouvelles têtes doivent s'affirmer pour montrer que cette équipe a un vrai potentiel. Et elles doivent faire taire les mauvaises langues. Je suis déçu pour eux : qu'ils soient associés à une équipe de France en difficulté, trop faible et pas assez compétitive, cela peut être blessant.