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Les JO au placard, Paris tente sa chance pour les Gay Games 2018

La capitale est candidate pour accueillir cette compétition sportive géante sans stars, mais sans coûts pharaoniques. 

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France Télévisions
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Un concurrent portant des chaussettes aux couleurs du "Rainbow Flag" à Montréal (Canada), en août 2006. (DIMITRIOS PAPADOPOU / NEWSCOM / SIPA USA)

SPORTS - "Nous, l'esprit de Coubertin, on l'a." Le slogan de la candidature de Paris aux Jeux olympiques de 2024 ? Non, la conclusion de Michel Geffroy, coprésident de la candidature parisienne aux Gay Games de 2018. Lundi 24 septembre, le Conseil de Paris a demandé à la mairie de soutenir cette candidature, à la demande des élus écologistes : "Une candidature aux Gay Games fait davantage sens qu’une nouvelle course aux JO." Pour le contribuable, certainement, mais pas uniquement.

Les Gay Games, pas si gay en fait

Contrairement à ce que leur intitulé laisse croire, les Gay Games ne sont pas réservés aux homosexuels. Au contraire. "C'est une compétition ouverte à tous, quel que soit son âge, son sexe, son handicap", insiste Michel Geffroy, contacté par FTVi. Dix pour cent des participants aux précédentes éditions étaient hétéros… ce que ne savent pas bon nombre de gens dans le milieu LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres).

Ces jeux ont été fondés au début des années 80 par un ancien athlète américain homosexuel, qui les a appelés par provocation "Gay Olympics". Le comité olympique américain a aussitôt saisi les tribunaux pour obtenir un changement de nom, alors que les Nude Olympics, Dog Olympics ou Police Olympics n'avaient choqué personne. Les Gay Games étaient nés.

Une équipe de ballet aquatique lors des Gay Games de Cologne (Allemagne), en août 2010.  (PATRIK STOLLARZ / AFP)

Concrètement, "c'est notre version des Jeux olympiques, en plus grand et en plus bordélique", résumait en 1994 la patineuse Sabra Williams. Quelque 15 000 participants, 200 000 spectateurs, répartis dans une trentaine de disciplines sportives et culturelles. Eh oui, on peut finir médaillé en chant aux Gay Games - car tous les concurrents reçoivent une médaille de participation - ou pratiquer la natation synchronisée masculine, ce qui n'existe pas aux JO. Lors de l'édition 2014, à Cleveland (Ohio), une compétition de rodéo est organisée. La perspective de voir des taureaux sur la place de l'Hôtel de ville à l'été 2018 ne vous rend-elle pas curieux ?

Toute ressemblance avec les JO serait purement fortuite

"Sur le papier, ça ressemble aux JO sans les mêmes moyens. Sur le papier, seulement", nuance Michel Geffroy. Le phénomène de mimétisme est poussé assez loin dans la phase de sélection. Chaque ville dépose un dossier, inonde les réseaux sociaux de messages à sa gloire, cherche à engranger les soutiens politiques et publie des vidéos assez grandiloquentes pour mettre l'eau à la bouche du jury. Ici le clip d'Orlando (Floride), très calibré.  

Contrairement aux JO, présenter un dossier de candidature aux Gay Games reste raisonnable : 60 000 euros (PDF, p.5) contre 50 millions. Raisonnable aussi, la facture totale de l'événement, qui a tendance à décroître. Quand Chicago 2006 organisait des Gay Games à 10 millions d'euros, le budget prévisionnel de Paris 2018 est deux fois moins élevé, crise oblige. Le comité dévoilera une short list de trois villes au printemps 2013 et la décision finale interviendra à l'automne. 

Comme pour les JO, Paris a déjà présenté une candidature malheureuse pour l'édition 2010, en 2005… juste au moment de l'échec parisien contre Londres pour les Jeux. "On avait un très bon dossier, mais on manquait de soutiens. On a tiré les leçons de cet échec", veut croire Michel Geffroy.

Vous n'en avez jamais entendu parler : c'est normal

"C'est difficile de communiquer sur cette candidature, on est tout de suite mis dans une case", constate Michel Geffroy. Du coup, Paris 2018 ratisse large dans sa quête de soutiens. Bertrand Delanoë a déclaré sur Têtu.com qu'"avoir les Gay Games ne serait que justice", les élus locaux sont majoritairement favorables à l'événement, et des sportifs de renom ont été contactés pour promouvoir la candidature : Céline Dumerc, la star de l'équipe de France de basket, le nageur Yannick Agnel, le handballeur Nikola Karabatic et l'escrimeuse Laura Flessel, qui devrait être la marraine du projet.

Des artistes ont également été approchés pour tenter de populariser une compétition qui s'est déroulée sept fois sur neuf sur le continent américain. La présence d'une star pour la cérémonie d'ouverture ne dérangerait personne : c'est Tina Turner en personne qui a chanté pour les premiers Gay Games, en 1982, note le site spécialisé Boi Magazine (en anglais).

Quoi qu'il en soit, l'intérêt autour de Paris 2018 devrait mécaniquement augmenter : c'est la seule candidature française à un grand événement. A moins que, sait-on jamais, le serpent de mer de la candidature de Paris aux JO de 2024 ne refasse surface.

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