La Bourse s'enthousiasme pour le projet d'une Super Ligue de football

Après l'annonce de la création d'une Super Ligue, le prix des actions des clubs concernés s'est envolé en bourse.
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 (MIGUEL MEDINA / AFP)

Les cours boursiers de la Juventus de Turin et de Manchester United s'envolaient lundi 19 avril après l'annonce de la création d'une Super Ligue, lucrative compétition privée fondée par douze clubs dissidents et vouée à supplanter la Ligue des champions.

Le cours de la Juventus de Turin, cotée à la Bourse de Milan, a pris 17,4% à 0,91 euros à la clôture des échanges. Coté à la Bourse de New York, le titre de Manchester United s'envolait pour sa part de 9,46% à 17,70 dollars. Les autres clubs dissidents ne sont quant à eux pas cotés en Bourse.

Une incitation financière importante

Après des décennies à agiter le spectre d'un schisme, les cadors du continent, Real Madrid, Liverpool ou Manchester United en tête, ont franchi le pas en créant une société privée, baptisée "Super League", quasi fermée et comparable aux championnats nord-américains de basket (NBA) ou de football américain (NFL). En contrepartie de leur engagement, "les clubs fondateurs recevront un versement en une fois de l'ordre de 3,5 milliards d'euros destinés uniquement à des investissements en infrastructures et à compenser l'impact de la crise du Covid-19", affirment les organisateurs.

"L'incitation financière pour ces clubs est évidente, avec une enveloppe de plusieurs milliards de dollars au coeur du projet", commente dans une note l'analyste en chef de Markets.com, Neil Wilson. De plus, "les ventes de billets, les sponsors et les produits dérivés devraient aussi en bénéficier, étant donné l'audience large de ces clubs", pense, Alberto Francese, responsable de la recherche en courtage pour entreprises pour la banque italienne Intesa Sanpaolo.

Mais il tempère en expliquant que "l'UEFA et la FIFA réagissent de manière très véhémente" avec la potentielle exclusion de tout club dissident des compétitions nationales et internationales, ainsi que l'interdiction pour les joueurs d'évoluer en équipe nationale.

La majorité des revenus de la Super Ligue devrait être issue des droits TV, à l'instar du financement actuel de la Ligue des champions. Mais pour l'instant aucun accord de diffusion n'a été évoqué, ni aucune date pour un éventuel appel d'offres futur. La banque américaine JPMorgan a indiqué qu'elle financerait le projet, sans donner davantage de détails.

Les promoteurs du projet n'ont par ailleurs rien dit pour l'heure des autres clubs qui pourraient participer à la compétition, un total de vingt équipes devant s'y rassembler. Les principaux clubs européens cotés, non membres de ce club privé, eux ont clôturé entre stabilité et baisse : l'Olympique Lyonnais, coté à la Bourse de Paris, a perdu 2,10% à 2,33 euros, et l'AS Roma, coté à Milan, a pris 0,17% à 0,2870 euros.

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