Joueur phénomène, monstre physique, Sonny Bill Williams prend sa retraite pour se consacrer à la boxe

A 35 ans, la légende du rugby mondial Sonny Bill Williams a décidé de mettre un terme à une carrière aussi riche que variée. Mais si cet athlète exceptionnel raccroche les crampons, c'est pour mieux renfiler les gants. Déjà champion de Nouvelle-Zélande, il n'était plus monté sur un ring depuis 2015. Insatiable Sonny Bill Williams.
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France Télévisions
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Sonny Bill Williams sous le maillot de la Nouvelle-Zélande le 26 octobre 2019 (ODD ANDERSEN / AFP)

Les crochets, il ne les fera plus face à ses adversaires sur les terrains. Il en réservera d'autres, bien plus frontaux, à ceux qui le défieront sur un ring, bon courage à eux. Les rivaux de Sonny Bill Williams dans le rectangle vert, eux, peuvent souffler après l'annonce de la retraite du Néo-Zélandais. Comme l'a twitté l'Australien Matt Giteau, "Fabuleuse carrière. C'était un plaisir de jouer contre toi... Et en même temps c'était effrayant aussi". 

Quelques jours après l'annonce de la retraite de Dan Carter, la Nouvelle-Zélande fait ses adieux à une autre légende du maillot noir à la fougère. Avec 58 sélections chez les All Blacks, et un double titre de champion du monde (2011 et 2015), "SBW" a marqué son époque et son sport. Ses sports devrait-on dire. Car avant de terroriser le monde du XV, le trois-quart centre avait déjà crevé l'écran à XIII. Touche à tout de génie, il fut également international à VII. Bref, un enfant de la balle ovale. 

Précurseur du rugby moderne

Il n'est pourtant encore qu'une curiosité médiatique quand, à 22 ans, il signe au RC Toulon. Un pari fou, mais pas tant que ça, signé Mourad Boudjellal. Dans les colonnes du Midi Olympique, l'ex-président du club varois raconte ses débuts. "Il a joué son premier match contre Hyères-Carqueiranne, en amical. Ce jour-là, quand je suis entré dans le vestiaire, j'ai vu un mec assis sur une table de massage, de dos. Je me suis dit : 'Merde, ces épaules... Ce type est plus large qu'un deuxième-ligne..'"

L'impression visuelle se confirme sur le terrain ce jour-là : "Le numéro 9 adverse a tenté de plaquer Sonny Bill, il a fini la journée à l'hôpital. Là-bas il nous a dit 'j'ai pris un autobus en pleine gueule'". La suite sera du même tonneau. Pendant deux ans, le Néo-Zélandais marche sur le Top 14. Trop puissant, trop habile. Joueur moderne avant l'heure, c'est lui qui va populariser les "offloads", ces fameuses passes après contact qui sont aujourd'hui l'alpha et l'omega du rugby actuel. 

L'année dernière, l'ancien entraîneur des All Blacks, Steve Hansen, avait même affirmé que Williams était le meilleur joueur avec lequel il ait jamais travaillé, affirmant que "sur un plan sportif, c'est un monstre de la nature". La toise et la balance ne peuvent que confirmer ces dires : 1,91m et 110 kilos de muscles. De quoi impressionner ses adversaires, mais pas seulement. Mourad Boudjellal se souvient que "Sonny Bill Williams, au-delà d'être le joueur qu'on connaît, plaisait aux femmes. Un jour, lors d'un match à Bourgoin, il est sorti du vestiaire simplement vêtu d'une petite serviette, qu'il portait autour de la taille. En le voyant, les deux femmes de ménage qui se tenaient là se sont quasiment évanouies..."

Après la passe, le contact

Aussi granitique soit-il, le corps de SBW a fini par se fissurer. Hercule a aussi ses faiblesses. "J'ai suffisamment les pieds sur terre pour comprendre que mon genou (le droit, plusieurs fois opéré, NDLR) ne peut plus endurer ce que je lui demande, même si je voudrais continuer à jouer semaine après semaine", a-t-il confié dans un entretien à la chaîne australienne Nine Network. Pour autant, Williams n'a pas prévu de siroter quelques bières en comptant les moutons de Nouvelle-Zélande. Pas le genre de la maison. 

A 35 ans, il va reprendre le chemin des rings, son autre passion. Un chemin qu'il avait délaissé depuis 2015 après neuf combats pro, neuf victoires et un titre de champion national en poids lourds. Autant dire qu'il faut le prendre au sérieux. Quitte à changer de discipline, autant suivre son exemple plutôt que ceux de Michael Jordan (baseball), Florent Manaudou (handball) ou Usain Bolt (football) "J'en ai d'abord parlé à ma femme et elle avait les yeux vides. Mais comme d'habitude, elle m'a soutenu", a-t-il conclu. Les yeux vides, c'est souvent ce qu'avaient ses adversaires après un uppercut ou un placage. On ne se refait pas. 

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