Manaudou cool pour les Jeux

Pour ses troisièmes JO, la nageuse française semble avoir décidé de ne pas se prendre la tête.

Laure Manaudou lors d\'une session d\'entraînement à Val-d\'Isère (Savoie), le 29 août 2011.
Laure Manaudou lors d'une session d'entraînement à Val-d'Isère (Savoie), le 29 août 2011. (PHILIPPE DESMAZES / AFP)

"Je n'ai pas envie de me fixer une médaille (...) Je n'ai pas trop envie de me prendre la tête, mais de me faire plaisir et de profiter d'être avec les nageurs de Marseille, l'équipe de France et mon frère." Interrogée par France 2 dès son arrivée à Londres, mardi 24 juillet, Laure Manaudou a affiché une nonchalance qui peut surprendre. Mais après des JO catastrophiques à Pékin (Chine) et la mise entre parenthèses de sa carrière, la jeune Française a décidé de privilégier le plaisir de nager à la compétition.

Evacuer le traumatisme de Pékin

Août 2004 : lors des Jeux olympiques d'Athènes, le monde découvre une jeune nageuse qui brille pour ses tout premiers JO. Sous la houlette de son entraîneur Philippe Lucas, Laure Manaudou, 17 ans, réalise un parcours exceptionnel, avec une médaille de bronze sur 100 m dos, une d'argent sur 800 m nage libre et surtout avec l'or olympique, sur 400 m nage libre. 

Mais ses performances placent la jeune Manaudou sous le feu des projecteurs. Très vite, la nageuse voit ses exploits, mais aussi sa vie privée, faire la une des médias. 

C'est en 2007 que tout va basculer. Au printemps, Manaudou est élue meilleure nageuse lors des championnats du Monde qui se tiennent à Melbourne, du 17 mars au 1er avril. Mais un mois après, la surdouée des bassins quitte Lucas, l'entraineur de toutes les victoires, pour aller rejoindre son petit ami, le nageur italien Luca Marin dans son club turinois de LaPresse. L'aventure tourne mal : Manaudou rompt avec Marin et est exclue du club italien. Pire, son ex petit-ami publie sur Internet des photos intimes de la jeune femme. Très vite, ses déboires prennent le dessus sur le plaisir de nager. La championne olympique enchaîne les clubs et les entraineurs, sans jamais véritablement parvenir à se poser.

Malgré cette instabilité, Manaudou parvient à se qualifier pour les JO de Pékin. Mais elle passe complètement à côté de sa compétition, finissant septième sur 100 m dos et surtout huitième du 400 m nage libre, la distance qui l'avait révélée quatre ans auparavant. Après avoir connu Manaudou victorieuse, la France découvre une Manaudou en larmes au bord du bassin olympique. Un an plus tard, en septembre 2009, elle annonce qu'elle met un terme à sa carrière à seulement 22 ans, comme le raconte l'Equipe.

Les JO du plaisir ?

Mais l'envie de nager était trop forte. Soutenue par ses proches, Laure Manaudou reprend le chemin des bassins en juin 2011. "La compétition me manque trop. Quand on est dépendant, on est obligé de revenir", confiait-elle au JDD pour justifier ce come-back. Mais celle qui se caractérisait par une soif de victoires privilégie désormais le plaisir de la natation. Et tant pis si cette nouvelle façon de penser ne lui apporte pas autant de succès qu'au début de sa carrière.

Surtout, Manaudou a profité de cette parenthèse pour se reconstruire. Devenue maman, la Française a trouvé une nouvelle source de motivation. "Aujourd'hui, je nage beaucoup plus pour le plaisir qu'avant. L'arrivée de Manon [sa fille] m'a permis de relativiser les choses. Quelque part, aujourd'hui, je nage pour elle, pour qu'elle soit fière de moi", explique la nageuse avant les Jeux, comme le rapporte le Nouvel Observateur.

Laure Manaudou lors du premier entraînement de l\'équipe de France de natation dans le centre aquatique de Londres (Royaume-Uni), le 24 juillet 2012.
Laure Manaudou lors du premier entraînement de l'équipe de France de natation dans le centre aquatique de Londres (Royaume-Uni), le 24 juillet 2012. (CHRISTOPHE SIMON / AFP)

Qualifiée pour les JO sur le 100 m et le 200 m dos, la Française sait que ses chances de victoire sont minces : "Le temps que j'avais fait en mars ne vaut pas une médaille", déclare-t-elle au micro de France 2 le jour de son arrivée à Londres. Au printemps, la nageuse a été sacrée championne de France du 100 mètres dos, en 1'00''16, soit la quatorzième performance mondiale de la saison. Pas de quoi espérer briller dans le bassin londonien.

Pourtant, l'essentiel est ailleurs pour celle qui entrera officiellement dans la compétition dimanche 29 juillet : être de retour dans les bassins en ayant retrouvé le plaisir de nager. Quelque part, Laure Manaudou a peut-être déjà réussi ses Jeux 2012.