Les dix commandements de l'athlète chaste au village olympique

Pour être à 100% concentré sur son sport, voici quelques gestes qui sauvent dans l'île de la tentation des JO. 

Un maillot de bain portant les anneaux olympiques, le 25 juillet 2012. 
Un maillot de bain portant les anneaux olympiques, le 25 juillet 2012.  (CHRISTOPHE SIMON / AFP)

Les Jeux olympiques se gagnent sur le court, sur le tatami, sur la piste ou dans la piscine, mais peuvent se perdre au village olympique. La preuve.

1Toute attache avec ta petite amie tu couperas

"Lors de mes derniers Jeux olympiques, j'avais une petite amie, et c'était une grave erreur", a confessé le nageur américain Ryan Lochte (prononcez "Lokti") au magazine sportif américain de la chaîne ESPN (lien en anglais) il y a quinze jours. Cette fois, Ryan Lochte est arrivé en célibataire à Londres. Usain Bolt a adopté la même stratégie. Un de ses proches a affirmé au Sun : "Usain aura tout le temps pour ses copines. Mais en ce moment, il doit se concentrer sur les Jeux, sur sa carrière, et ne doit pas être distrait."

2Si possible, le village olympique tu éviteras

L'Américain Ryan Lochte avance que 75% des athlètes vont voir si les draps sont plus doux dans le lit des relayeuses suédoises plutôt que de rester bien sagement dans leur chambre au village olympique. Seules quelques stars dorment à l'hôtel, histoire de s'épargner les tentations du village. C'est le cas du tennisman suisse Roger Federer, qui a pourtant rencontré sa femme, Mirka, lors des Jeux de Sydney.

Federer fait figure d'exception : de plus en plus de stars se battent pour dormir au village olympique. Et ne pas y résider est un choix à double tranchant : en cas de bons résultats, les mauvaises langues se mettront en sourdine. Mais en cas de débâcle, comme pour l'équipe de basket américaine en 2004, les choses se compliquent. Archi-favoris, la soi-disant Dream Team n'avait décroché que la médaille de bronze, et s'était vu reprocher son hébergement... dans le paquebot Queen Mary II, dans le port d'Athènes.

3Comme la peste, les nageurs tu fuiras

Le triple sauteur britannique Jonathan Edwards expliquait, dans le Daily Telegraph, que "les nageurs, c'est vraiment la plaie. Ils finissent leur compétition et restent pour faire la fête pendant le reste des Jeux. 90 % d'entre eux n'ont aucune chance de décrocher une médaille, donc il faut bien qu'ils s'amusent." Un autre athlète britannique, anonyme, cité dans le Times (article payant) raconte carrément : "Quand les nageurs en avaient fini avec les compétitions, c'était comme une éruption !"

4Comme le choléra, les nageurs canadiens tu éviteras

Aux Jeux de Barcelone, en 1992, l'équipe canadienne s'était tellement mal comportée dans les bassins et en dehors que l'encadrement a dû sévir aux JO suivants. La rumeur veut qu'avant les Jeux de 1996, les nageurs canadiens aient prêté serment de ne pas avoir de relation sexuelle durant la compétition, raconte Men's Journal. En revanche, une fois les nageurs éliminés, les athlètes se sont lâchés. La rumeur disait : "N'approchez pas du dortoir canadien."

5Des médaillés d'or, tu te cacheras

On découvre ainsi dans le livre The Secret Olympian (en anglais), écrit par un athlète désireux de rester anonyme, que décrocher une médaille d'or est un excellent plan pour faire des rencontres...

6Des médaillées d'or, tu ne te cacheras pas

... mais ça marche uniquement pour les hommes. En effet, une médaillée d'or aura tendance à effrayer les athlètes masculins qui ont échoué au premier tour. Le pongiste britannique Matthew Syed, qui a écrit l'article du Times (article payant) consacré au village olympique, conclut que "comme dans la société, le succès masculin est universellement désirable, quand le succès féminin est sexuellement ambigu".

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Publicité Durex à l'occasion des Jeux olympiques. (DUREX)

7Aux soirées de fin d'olympiade, tu ne participeras pas

Les fontaines de vodka sortant de sculptures de glace de la fête de fin de JO du magazine américain Sports Illustrated, en 2004, sont entrées dans la légende... Comme l'explique la nageuse américaine Amanda Beard dans son livre In the water they can't see you cry, la moindre soirée alcoolisée, au village ou en discothèque, peut avoir des conséquences redoutables. "Avec peu de graisse dans le corps et de longues périodes d'abstinence, les athlètes se saoulent comme si quelqu'un allait emporter tout l'alcool avec lui juste après. Forcément, ça donne des gens complètement déchirés, qui dansent sur les tables, qui se réveillent le matin dans le lit d'un inconnu..."

8Dans les couloirs, tu ne sortiras pas

"Une olympiade dont on se souvient se doit d'avoir ce genre d'histoires. J'étais trop dans mon coin à Pékin. Cette année, quand j'aurai fini sur la piste, je m'assurerai que Londres se souvienne de moi", lâche le sprinteur américain LaShawn Merritt sur ESPN. "Le village olympique est une sorte de Fort Knox du sommeil, du sexe et de la bouffe, résume l'agent de sportifs Evan Morgenstein sur Men's Journal (lien en anglais). On ne pouvait pas faire un pas sans que quelqu'un vous montre son sexe", se souvient l'haltérophile Jasha Faye.

9Le mot d'ordre du village olympique, tien tu feras

On ne connaîtra jamais la réalité, un proverbe en vigueur durant les Jeux voulant que "ce qui se passe au village olympique reste au village olympique". Ou presque.

10Les neufs points précédents, tu relativiseras

Un baisodrome géant le village olympique ? Une affirmation à relativiser. Si la terrasse des nageurs britanniques aux Jeux de Séoul (1988), couverte de préservatifs, est entrée dans la légende, si aux Jeux de Sydney (2000) il fallait réalimenter les distributeurs de capotes toutes les deux heures, d'autres athlètes n'ont pas vu le commencement d'une orgie. "Il y a toute une mystique autour de ça, expliquait la hockeyeuse américaine Caitlin Cahow lors des JO de Vancouver (2010), citée dans The Secret OlympianOn en blaguait, tellement ce qu'on avait entendu ne correspondait pas la réalité." D'autres racontent avoir vu des athlètes embarquer des sacs de préservatifs juste parce que c'était gratuit.