Cet article date de plus de quatre ans.

JO 2016 : "Je vais peut-être être tué en rentrant en Ethiopie", affirme le médaillé d'argent du marathon

A l'arrivée du marathon, Feyisa Lilesa a croisé les bras, mimant des liens lui entravant les poignets. Il dénonce ainsi la répression à l'égard de l'ethnie Oromos dans son pays, qui selon lui a fait un millier de morts ces derniers mois.

Article rédigé par
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
L'Ethiopien Feyisa Lilesa, à l'arrivée du marathon, le 21 août 2016 à Rio de Janeiro. (OLIVIER MORIN / AFP)

"C'est très dangereux dans mon pays." Lors d'une conférence de presse, l'Ethiopien Feyisa Lilesa, médaillé d'argent du marathon aux Jeux olympiques de Rio, a protesté contre la politique menée par son gouvernement à l'encontre des Oromos, une des principales ethnies du pays (près de 30% de la population). "J'ai des proches en prison au pays. Si vous parlez de démocratie, ils vous tuent. Si je retourne en Ethiopie, peut-être qu'ils vont me tuer, ou me mettre en prison", a-t-il lancé devant les journalistes. Il envisage de rester quelque temps au Brésil, en espérant obtenir plus tard un visa pour rejoindre le Kenya ou les Etats-Unis. Il pourrait, donc, ne jamais revenir en Ethiopie

Une manifestation durement réprimée début août

Quelques heures plus tôt, en passant la ligne d'arrivée du marathon, le coureur a croisé les bras, mimant des liens lui entravant les poignets. "J'ai fait ce geste contre l'attitude du gouvernement à l'égard des Oromos. Depuis neuf mois, un millier de personnes ont été tuées", a par la suite indiqué l'athlète. Les Oromos manifestent régulièrement depuis novembre 2015 contre un projet d'appropriation de terres, abandonné depuis. Plusieurs dizaines de manifestants ont notamment été tués les 7 et 8 août dans le sud du pays.

D'autres ethnies manifestent également en ce moment dans le pays. Ce mouvement de contestation veut remettre en cause le fonctionnement du fédéralisme ethnique, un modèle censé accorder une représentation et la possibilité de s'auto-administrer à la multitude d'ethnies qui composent l'Ethiopie.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.