"Hijabeuses" : les femmes "ont le droit" de porter le voile au foot, selon Elisabeth Moreno, ministre déléguée à l'Egalité femmes-hommes

La ministre s'est exprimée en faveur des revendications des "Hijabeuses".

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Elisabeth Moreno, ministre déléguée à l'Egalité femmes-hommes, le 15 décembre 2021. (XOSE BOUZAS / HANS LUCAS)

Elisabeth Moreno s'est exprimée sur LCI, jeudi 10 février, à propos du collectif des "Hijabeuses", qui a saisi le Conseil d'Etat en novembre 2021. Leur volonté est d'obtenir l'abrogation de l'article 1 du règlement de la Fédération française de football (FFF), qui interdit "tout port de signe ou tenue manifestant ostensiblement une appartenance politique, philosophique, religieuse ou syndicale".

Les femmes "ont le droit de porter le voile islamique pour jouer" sur un terrain de foot, a estimé jeudi la ministre déléguée à l'Egalité femmes-hommes, Elisabeth Moreno, interrogée sur les "hijabeuses", un collectif qui milite pour ce droit en compétition.

"La loi dit que ces jeunes filles peuvent porter le voile et jouer au foot. Sur les terrains de foot aujourd'hui, il n'est pas interdit de porter le voile. Je veux qu'on respecte la loi", a déclaré la ministre sur LCI, alors que la Fédération française de Foot (FFF) interdit le port de signes religieux en compétition.

Si elles veulent jouer au foot en étant voilées, en quoi c'est impossible?

Elisabeth Moreno

sur LCI

"Si elles veulent jouer au foot en étant voilées, en quoi c'est impossible ? Très souvent, les filles ont l'impossibilité de sortir de chez elles pour faire des choses, la fameuse assignation à résidence", a-t-elle dit, soutenant "la possibilité pour les filles de faire du sport".

Dans la soirée, la ministre a toutefois tenu à préciser à l'AFP qu'elle estimait que ses propos étaient "instrumentalisés", soulignant ne pas croire "que le port du voile favorise l'émancipation des femmes". "Je ne défends nullement l'existence d'associations sportives qui assumeraient explicitement de faire du port du voile une condition d'adhésion et une forme de revendication identitaire", a-t-elle affirmé.

Un sujet qui divise au sein même de la majorité

Les sénateurs ont adopté le 19 janvier, contre l'avis du gouvernement, un amendement proposée par le groupe LR interdisant "le port de signes religieux ostensibles" lors "d'événements sportifs et compétitions sportives organisées par les fédérations sportives". Un amendement abrogé par l'Assemblée où LREM est majoritaire.

Le tribunal administratif a suspendu mercredi un arrêté préfectoral qui avait interdit une manifestation le même jour des "hijabeuses" près du Palais-Bourbon. Interrogée sur Cnews, la présidente déléguée du groupe LREM à l'Assemblée nationale Aurore Bergé a expliqué avoir voté contre l'abrogation de l'amendement "pour dire qu'il ne fallait aucun prosélytisme, ni politique ni religieux, dans le sport".

En aucune manière le hijab est un facteur d'émancipation des femmes.

Aurore Bergé

sur Cnews

Elle a loué "des fédérations sportives courageuses" qui "ont pris une décision dans leur règlement intérieur en disant qu'elles ne voulaient aucun prosélytisme religieux". "Pour moi la question n'est pas juste la question du hijab : c'est que sur un terrain de sport, la religion n'a rien à y faire, n'a pas sa place", a insisté la députée.

"En aucune manière le hijab est un facteur d'émancipation des femmes. Ceux qui veulent le faire croire sont des tartuffes", a-t-elle estimé, en soulignant qu'en France, "pays laïc, universaliste et démocratique, aucune femme n'est empêchée de faire du sport, de jouer au foot".

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