Les Bleues en finale de l'Euro de handball : comment "ce petit sport de préau" est devenu "extraordinaire"

Philippe Bana, directeur technique national du handball, livre "les petits secrets" des performances tricolores samedi, à la veille de la finale de l'Euro féminin entre la France et la Russie. 

Philippe Bana, directeur technique national du handball, le 21 novembre 2012.
Philippe Bana, directeur technique national du handball, le 21 novembre 2012. (SOUILLARD BRUNO / MAXPPP)

"Comme en écologie avec le développement durable, nous, on a fabriqué de la performance durable", se réjouit le directeur technique national (DTN) du handball français, Philippe Bana, à franceinfo samedi 15 décembre. À la veille de la finale de l'Euro féminin entre la France et la Russie, il évoque les efforts de la fédération pour arriver au sommet. 

Les "secrets" de la progression 

Alors que le handball français affiche un palmarès à faire pâlir d'envie tous ses adversaires, avec 27 médailles internationales depuis 1992, Philippe Bana explique ce succès par "des petits secrets". "Avant, la performance était occasionnelle, tu gagnais après avoir perdu, développe le DTN. Tu retrouvais l'énergie de gagner quand tu étais au fond du trou, en 2001, en 2003." Mais grâce à un travail de fond, avec "de l'encadrement, des moyens, une usine à champions et un partenariat avec le sport professionnel", le handball, "ce petit sport de préau" est devenu "un sport extraordinaire".

Les Russes, un "rouleau compresseur"

Pour autant, la finale féminine de dimanche ne s'annonce pas simple pour les Françaises. La France n'a pas battu les Russes ces dernières années, elle s'est même inclinée contre elles en finale des Jeux olympiques de Rio en 2016. D'après Philippe Bana, il y a "un petit contentieux qui commence à monter entre les deux équipes", dû aux résultats passés mais aussi à "une petite idée qu'elles ont lâché un ou deux matchs qui auraient pu nous faire disparaître de cet Euro". "Toutes ces défaites, tout ça, c'est dans la tête des filles et ça va sortir dimanche", d'après le DTN.

Pour lui, le titre est encore loin car la Russie promet d'être un adversaire coriace : "ce n'est pas du tout fait, c'est un rouleau compresseur qui vous use physiquement". Les Russes "ont une très grosse puissance physique" et ce sont "des joueuses de génie". La défaite en finale des Jeux olympiques, "c'est quelque chose qui nous a fait mal au ventre", a confié Philippe Bana, ajoutant qu'à "chaque fois qu'on a joué contre elles, ça a été un petit peu la déculottée".