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Jérôme Fernandez : "J'ai toujours l'envie d'entraîner"

L’ancien capitaine des Bleus (43 ans), toujours meilleur buteur de l’Histoire de l’équipe de France (1463 buts), quitte le banc d’Aix-en-Provence qu’il occupait depuis cinq ans, après des débuts comme entraîneur-joueur. Mais il ne manque pas de projets pour la suite.
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France Télévisions
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 (PHILIPPE RENAULT / MAXPPP)

Jérôme, êtes-vous de nouveau un homme libre ?
Jérôme Fernandez :
"Pas encore mais on est en négociations avec les dirigeants du club pour se mettre d’accord et passer à autre chose, autant de leur côté que du mien. Ça devrait se décanter dans les jours à venir."

Il vous restait un an de contrat. Thierry Anti a déclaré qu’il était prêt à travailler avec vous. Pourquoi partir en fait ?
JF :
 "Il y avait trois possibilités: honorer ma dernière année de contrat en étant l’adjoint de Thierry, travailler sur la formation ou nous séparer à l’amiable. Après un peu plus de quatre années passées comme entraîneur principal, je me voyais mal continuer comme adjoint, surtout avec la perspective de ne plus faire partie du projet par la suite. Travailler avec les jeunes au départ était une idée qui me plaisait, surtout que les garçons du club, je les connais très bien. Mais je crois que c’est finalement mieux d’être libre pour pouvoir répondre éventuellement à d’autres sollicitations, si elles se présentaient pendant la saison 2020/2021."

"De grands moments passés à Aix"

Thierry Anti s’était engagé dès le mois de février pour trois ans à compter de la saison 2021/2022. Avez-vous senti dès ce moment-là que cela pourrait changer quelque chose pour vous et votre dernière année de contrat ?
JF :
"Oui, ça fait quand même un moment que je suis dans le milieu et quand on fait une annonce plus d’un an à l’avance, c’est qu’il y a une possibilité pour que les choses soient anticipées. Donc dans un coin de ma tête, je m’étais préparé à toute éventualité concernant la prochaine saison. Entre-temps, le coronavirus est passé par là, les choses ont évolué et mes dirigeants que j’ai eus par visioconférence m’ont fait part de leur volonté d’anticiper l’arrivée de Thierry. N’étant entre guillemets qu’un employé, il a bien fallu que je m’adapte à la situation."

Ce départ, vous l’aviez déjà annoncé en avril avant de rétropédaler. À la fin, la situation était devenue un peu vaudevillesque, non ?
JF :
 "En fait, c’est moi qui avais cru comprendre que les choses étaient bien avancées pour changer de suite et mes dirigeants m’ont dit que tout n’était pas encore réglé, qu’il y avait encore des obstacles et que, pour eux, j’étais toujours l’entraîneur de l’équipe la saison prochaine à ce moment-là. J’ai dû faire machine arrière tout en sachant très bien que ce n’était qu’une question de temps."

Que retenez-vous de ces cinq ans passés à Aix ?
JF :
"Beaucoup de belles choses bien sûr. Je suis arrivé dans cette ville et ce club que je ne connaissais pas. J’ai pris beaucoup de plaisir à vivre et à travailler ici. J’ai pu finir de passer mes diplômes et connaître ma première expérience d’entraîneur. Les objectifs sportifs ont été remplis. J’ai réussi, je pense, à mettre certaines choses en place au niveau du jeu pour stabiliser les résultats et intégrer la première moitié de tableau du championnat sur la durée. Je me suis beaucoup investi, j’ai tout donné. Il y a eu de grands moments: la construction de l’Arena et les débuts du club dans cette nouvelle salle de 6000 places, de grands matches contre les grosses écuries de Starligue, le baptême du feu en Coupe d’Europe... Ce que je n’avais pas anticipé c’est que les dirigeants prendraient finalement un autre chemin avec une autre personne. Je savais aussi en commençant ce métier d’entraîneur que l’on pouvait être stoppé dans son élan à tout moment. Je pars malgré tout en conservant de bonnes relations avec mes dirigeants. Je ne suis pas du genre à me fâcher ou à faire en sorte que les choses se terminent mal."

"Ma priorité : retrouver un projet ambitieux comme entraîneur"

Vous vous êtes engagé dès février aux côtés de Philippe Bana, l’actuel DTN candidat à la présidence de la Fédération Française de Handball (FFHB). Vous allez faire campagne ?
JF :
"J’ai effectivement apporté mon soutien à Philippe qui a été mon DTN pendant pratiquement vingt ans. J’ai tout connu avec lui et c’est à mes yeux le candidat parfait pour prendre la tête de la Fédération. J’attends maintenant d’en savoir plus sur ce que Philippe compte faire de moi et de mon soutien durant sa campagne. J’ai déjà reçu pas mal de sollicitations, de Paris 2024 notamment, pour les mois à venir en attendant, je l’espère, de retrouver un projet ambitieux en tant qu’entraîneur."

Vous retrouvez face à vous notamment un autre ancien capitaine de l’équipe de France, Olivier Girault. Vous allez vous disputer le brassard ?
JF :
 (Rires) "Ça fait un moment que j’entends parler des ambitions d’Olivier concernant la présidence de la Fédération. Mais j’avais le sentiment qu’il démarrait tout juste son mandat à la tête de la présidence de la Ligue nationale de Handball (LNH) et qu’il avait encore envie de faire beaucoup de choses avec elle, donc j’avais un peu de mal à y croire. Quand il s’est lancé, j’avais déjà apporté mon soutien à Philippe Bana donc la situation est un peu bizarre aujourd’hui parce qu’on va se retrouver face à lui. Mais il n’y aura pas d’animosité entre nous. Le but des deux camps est de continuer à faire évoluer le handball français dans la bonne direction."

Si Philippe Bana est élu, le poste de DTN sera vacant. Ça peut vous intéresser ?
JF :
 "À vrai dire je n’ai pas réfléchi à ça. Comme je l’ai dit à Philippe, j’ai encore très envie d’entraîner et de revenir sur des compétitions internationales plutôt dans un rôle de sélectionneur ou d’entraîneur national."

Vous avez de nouveau manifesté, il y a peu, votre envie d’être un jour entraîneur de l’équipe de France. C’est pour quand ?
JF : "
Le sujet est hors actualité puisqu’il y a eu beaucoup de changements ces derniers mois et un staff vient tout juste d’être composé et mis en place pour les compétitions à venir donc il faut bien évidemment soutenir Guillaume Gille et Erick Mathé dans leur parcours à la tête de l’équipe. On verra plus tard. Aujourd’hui, c’est sûr, il va falloir laisser passer un peu de temps avant de voir la fenêtre s’entrouvrir. Mais l’avantage quand on est entraîneur, c’est qu’on a plus de temps devant soi que quand on est joueur! Tout ce que je souhaite en tout cas c’est de voir l’équipe de France revenir en haut de l’affiche le plus tôt possible."

Serez-vous toujours consultant de France TV sport pour les Jeux de Tokyo 2021 ?
JF : 
(Rires) "Je l’espère! J’ai beaucoup apprécié l’expérience des Jeux de 2016 qui m’a permis de rester au plus près de l’équipe de France et j’avais vraiment hâte d’être à cet été pour revivre ça. Donc même si les Jeux ont été décalés, je serais ravi d’être à Tokyo avec France télévisions dans un an."

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