Mondial de handball 2021 : le nouveau rendez-vous manqué des Etats-Unis avec le "soccer with hands"

Déplorant de nombreux cas de Covid-19 au sein de sa délégation, la sélection américaine de handball n’a pas été autorisée à rejoindre la bulle sanitaire mise en place en Égypte à l’occasion du Mondial. Contrainte de déclarer forfait (tout comme la République tchèque), elle est remplacée par la Suisse dans le groupe de l’équipe de France. Un comble pour la Team USA qui devait justement sa participation au championnat du monde... à la Covid 19.
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France Télévisions
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L'équipe américaine à l'entraînement

Il y avait un côté "Rasta Rocket" dans l’équipe des États-Unis qui devait en théorie affronter la France lundi prochain en clôture du premier tour du Mondial. Mais la Covid-19 en a décidé autrement. Ces derniers jours, les cas positifs se sont multipliés au sein de la délégation américaine (coach compris) et la team USA a finalement dû renoncer à participer au sixième championnat du monde de son histoire, pour lequel elle avait été invitée. Car, ironie de l’histoire, la bannière étoilée devait justement sa présence au pays des Pharaons à la Covid-19!

Compte tenu de l’impossibilité d’organiser le tournoi de qualification pour l’Amérique du Nord et les Caraïbes en raison de la pandémie, la Fédération internationale de handball (IHF) avait tout bonnement décidé de convier la sélection américaine à ce Mondial sans qu’elle n’ait eu à gagner sa place sur le terrain. Une "wild card" justifiée par la volonté de l’IHF de développer le handball à l’international et la perspective des JO 2028 à Los Angeles . "J’en ai la chair de poule !", confiait, sur le moment, le capitaine de la Team US Ian Hüter. "Nous avons l’opportunité de montrer à l’Amérique entière que le handball est un sport d’équipe formidable et amusant !" 

Tout aussi ambitieux mais plus terre-à-terre, le coach Robert Hedin voyait avec cette wild card tombée du ciel l’opportunité de "gagner les deux premiers points de l’histoire des Etats-Unis dans un championnat du monde masculin !" Ce sera pour une prochaine fois... s’il y en a une ! Car l’Amerique n’en est pas à son premier rendez-vous manqué avec le handball, le "soccer with hands" comme on dit là-bas.

Le fiasco de la Coupe de la Ligue

"J’ai tenté d’expliquer ce qu’était le handball à des Américains dans la rue et j’ai cru à un moment qu’ils m’avaient compris. Mais à la fin, je me suis rendu compte qu’ils confondaient avec la pelote basque! Il a fallu que j’utilise cette expression de 'soccer with hands' pour qu’ils percutent." Nous sommes en 2009 et la confidence est signée Daouda Karaboué, ancien gardien des Bleus,  qui disputait cette année-là avec Montpellier le Final 4 de la Coupe de la Ligue, exceptionnellement délocalisé... à Miami! Un grand souvenir pour les quatre clubs présents en Floride (et surtout pour Istres, vainqueur du trophée, et son gardien, Vincent Gérard, l’actuel portier des Bleus! ), moins pour la Ligue nationale de handball et les organisateurs: l’événement s’était soldé par un fiasco populaire (l’American Airlines Arena, l’antre du Miami Heat en basket, aux trois quarts vides pendant deux jours) et financier.

2001, une odyssée très "space"

À l’ombre du basket, du foot US ou du baseball, sports universitaires par excellence, le handball peine depuis toujours à se faire une place au soleil, et pas seulement en Floride... Le "soccer with hands" ne fait définitivement pas partie de la culture sportive américaine malgré des ingrédients susceptibles de plaire aux fans made in USA (formats de compétitions, périodes de trente minutes, temps morts pendant les matches, actions rapides, contre-attaques, gestes techniques souvent spectaculaires, influence grandissante des statistiques...). Ainsi, la dernière participation de la sélection américaine à un événement majeur de handball remonte à 2001 et au championnat du monde disputé... en France.

Évidemment, l’escapade de la Team USA s’était arrêtée bien avant le dernier carré de la compétition organisé à Bercy et, à l’heure où les Bleus de Daniel Costantini et Jackson Richardson triomphaient des Suédois en finale, les handballeurs US étaient rentrés depuis bien longtemps "at home" avec des valises pleines de buts : 189 encaissés en cinq matches (soit 38 de moyenne par rencontre), tous perdus, pour une 24e place finale (sur 24). Bonne dernière, la Team USA n’avait finalement guère fait mieux que lors de ses cinq participations précédentes au championnat du monde. Pire, la bannière étoilée avait même concédé une défaite historique face au Groenland (18-26) ! De quoi repartir aux States habillés pour les hivers des deux décennies suivantes, et peut-être plus encore...

See you next time in LA ?

À l’image de la Grande-Bretagne, où le handball n’est pas très répandu là non plus et qui avait dû constituer dans l’urgence une équipe en vue des JO de Londres en 2012, les Etats-Unis avaient bâti leur staff à coup de petites annonces sur internet. Il y a deux mois, la fédération US cherchait encore, pêle-mêle, un coach, un adjoint, un préparateur physique, un(e) attaché(e) de presse... et les candidat(e)s étaient prié(e)s d’envoyer leur CV à l’institution.

Au final, c’est une délégation très cosmopolite qui aurait dû participer au Mondial avec, entre autres, un coach suédois, Robert Hedin (ancien entraîneur de la sélection norvégienne), plusieurs Allemands, deux Espagnols, un Égyptien, deux Français (Aboubakar Fofana et Benjamin Briffe) et au total seulement trois joueurs born in USA! Une sorte de sélection qatarienne bis mais avec moins de moyens.

Faute de pouvoir participer au Mondial cette année, les Etats-Unis espèrent néanmoins  avoir d’autres opportunités de se frotter au plus haut niveau d’ici 2028 et les JO de Los Angeles pour lesquels ils seront qualifiés d’office en tant que pays organisateur (si le handball figure toujours au programme olympique d’ici là...). Au pays d’Hollywood, on a toujours beaucoup aimé les "happy hands".

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