Euro 2022 de handball : sur le fil, l'équipe de France s'incline en demi-finale face à la Suède

Les Bleus seront de nouveau opposés au Danemark, dimanche, dans le match pour la troisième place de l'Euro.

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Vincent Gérard face à la Suède, en demi-finales de l'Euro de handball, le 28 janvier 2022. (ATTILA KISBENEDEK / AFP)

"On commence à avoir l'habitude de monter très haut en adrénaline et de redescendre." Malgré lui, Vincent Gérard avait été visionnaire, jeudi, en conférence de presse. Après être montée très haut dans la folle remontée de mercredi face au Danemark (30-29), l'équipe de France est redescendue sur terre en s'inclinant face à la Suède (33-34) en demi-finales de l'Euro, vendredi 28 janvier. Les Bleus devront se contenter de retrouvailles avec les Danois dans le match pour la troisième place, dimanche.

Près d'un an, jour pour jour, le 19 janvier 2021, les Suédois avaient déjà mis fin à l'aventure française lors des championnats du monde en Egypte (32-26). Ce vendredi soir, au MVM Dome de Budapest (Hongrie), les joueurs de Guillaume Gille, de retour sur le banc après trois matchs vécus dans sa chambre à cause du Covid, avaient pourtant face à eux une équipe décimée. Quatre Suédois manquaient à l'appel dont leur meilleur buteur de la compétition Hampus Wanne (41 buts) alors que Kentin Mahé (Covid) et Romain Lagarde (cuisse) étaient forfaits côté tricolore.

Après la lourde défaite au tour principal face à l'Islande (29-21), les Français auraient cependant dû être prévenus que personne ne se présenterait en victime expiatoire face aux champions olympiques en titre.

Palicka, la muraille suédoise

L'équipe de France a une nouvelle fois failli réussir une nouvelle remontada incroyable. Menés de deux buts à moins d'une minute de la fin, les Bleus ont eu la balle d'égalisation dans les mains de Ludovic Fabregas dans les dix dernières secondes du match. Mais comme un symbole, le pivot est tombé sur un brillant Andreas Palicka, écœurant l'attaque tricolore tout au long de la rencontre. Une issue plutôt logique tant la Suède a mené très longtemps, dont l'intégralité de la deuxième période.

Les coéquipiers de Nikola Karabatic ont pourtant commencé la rencontre pied au plancher, dans un prolongement quasi parfait de leur rencontre précédente contre le Danemark (30-29). Les ingrédients étaient les mêmes : une défense très agressive, un peu de réussite (trois montants trouvés par la Suède dans le premier quart d'heure) et par conséquent un jeu offensif simple et efficace. L'écart est alors vite grimpé (6-2, 7') par l'intermédiaire notamment de Ludovic Fabregas.

Andreas Palicka célèbre la victoire de la Suède face à la France en demi-finale de l'Euro, le 28 janvier 2022 à Budapest. (ATTILA KISBENEDEK / AFP)

Puis la machine s'est un petit peu enrayée. Sans que l'on s'en inquiète véritablement d'abord, avant que les exclusions temporaires ne deviennent trop préjudiciables pour les Tricolores. Six minutes sur les vingt premières ont été jouées en infériorité numérique, et les Suédois ont grignoté leur retard grâce à leur gardien Andreas Palicka.

Le futur portier du PSG s'est même payé le luxe d'inscrire trois buts dans le but vide français pour égaliser pour la première fois du match (10-10, 20'). Deux minutes plus tard, la Suède passait enfin devant au score (10-11, 22') avant de creuser un premier vrai écart grâce à l'inarrêtable Jim Gottfridsson, auteur de cinq buts à la pause (14-17).

Aymeric Minne proche de sauver les Français

Guillaume Gille a alors tenté de sortir différentes options de son chapeau. D'abord une défense 1-5 avec Benoît Kounkoud en poste avancé mais celle-ci n'a pas duré longtemps. Puis un changement de gardien au retour des vestiaires mais Wesley Pardin n'a pas fait mieux que Vincent Gérard. L'échec bleu du soir est flagrant au regard des chiffres : quatre arrêts pour la France face aux quatorze parades adverses.

En revanche, le troisième choix tactique du sélectionneur tricolore a failli être payant. En faisant confiance au jeune Aymeric Minne, Guillaume Gille a redynamisé le jeu offensif de son équipe. Malgré ses 24 ans, le Nantais a été étincelant en inscrivant ses huit buts uniquement en seconde période dont celui de l'espoir pour revenir à une longueur seulement de la Suède à trois minutes de la fin (31-32, 57'). C'est encore lui qui a planté le dernier but français, celui qui permettait ensuite à Ludovic Fabregas d'avoir la balle pour envoyer les siens en prolongation.

Le talent de Minne et celui d'Hugo Descat (8 buts) n'a pas suffi face à des Suédois qui désirent ardemment décrocher leur cinquième sacre européen, leur premier depuis 2002. Jim Gottfridsson (9 buts au total) était en mission, il s'est occupé de tout. Du dernier but suédois mais aussi en dirigeant lui-même le dernier temps mort de son équipe dans les ultimes instants.

Le bronze à décrocher face au Danemark

Avec Andreas Palicka, ils ont eu raison de l'équipe de France qui a montré trop de déchets, ou en tout cas d'inconstance pendant soixante minutes pour espérer retrouver la finale de l'Euro. Un sommet plus atteint depuis 2014. L'aventure n'est pas terminée pour autant. Les équipiers de Dika Mem, en échec ce soir (2/6 au tir), peuvent encore s'offrir la médaille de bronze face à des Danois forcément revanchards, dimanche.

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