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Zlatan Ibrahimovic est-il un petit joueur en Ligue des champions ?

L'attaquant suédois sera l'une des pièces maîtresses du PSG ce soir, face à Valence. Mais jusqu'ici, le joueur n'a guère brillé lors des grandes occasions. Explications.

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France Télévisions
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Zlatan Ibrahimovic, l'attaquant du PSG, lors du déplacement de son équipe sur la pelouse du Dinamo Zagreb, le 14 octobre 2012.  (FRANCK FIFE / AFP)

Quatre buts en 27 matchs. C'est le total famélique de la carrière de Zlatan Ibrahimovic à partir des 8es de finale de la Ligue des champions, autrement dit quand les choses se corsent. Pour un des meilleurs attaquants du monde, on pouvait s'attendre à mieux. Le Suédois du PSG traîne cette étiquette comme un boulet. Mais si on faisait la part du cliché et de la réalité avant le match aller face à Valence, mardi 12 février ?

Ne pas jouer dans un gros club, ça n'aide pas

Comparer les statistiques de Zlatan Ibrahimovic à celles de Lionel Messi (26 buts en 56 matchs) ou Cristiano Ronaldo (20 buts en 44 matchs) est réducteur. Contrairement aux deux duettistes du Ballon d'or, le Suédois n'a pas toujours eu des clubs qui se qualifient sans difficulté pour le dernier carré. Lors de son apprentissage à l'Ajax Amsterdam (2001-2004), il ne dépasse qu'une fois la phase de poules. Il débarque chez une Juventus revancharde, puis dans un Inter qui n'avait plus rien gagné depuis des années, se fâche avec Guardiola au Barça, qui le laisse assister depuis le banc à l'élimination de son équipe en demi-finales, avant de revenir dans un Milan AC un peu juste pour le top du top européen jusqu'à l'an passé. On le voit bien sur cette image animée qui résume l'impuissance du Suédois contre Barcelone, en 8e de finale l'an passé (défaite 0-0, 1-3). De quoi justifier ses 4 buts en 27 matchs à élimination directe en Ligue des champions ? 

Transparent quand le niveau s'élève

"Dans les gros matchs, il est rarement bon, analyse Johann Crochet, fondateur du site flashfoot.fr et spécialiste du foot italien, contacté par francetv info. Il s'énerve très vite, dès qu'il peine un peu ou qu'il a plusieurs défenseurs au marquage. Résultat : il sort assez vite de son match. Prenez le huitième de finale Tottenham-Milan AC il y a deux ans. Sur le papier, Milan doit l'emporter. Mais 'Ibra' n'a pas cadré un seul tir au match retour, n'en a même pas tenté un seul. Pire, il s'est obstiné à tenter toujours la même feinte, tenter de dribbler arrêté, ce qui a mis son équipe en danger sur des contre-attaques. C'était une parodie d''Ibra' ce jour-là." Ce qui lui vaudra le qualificatif de "flop of the match" sur le site Goal.com (en anglais). Quand ça marche, ça donne des buts comme celui-ci, avec l'Ajax contre Breda. Mais les défenseurs des grosses écuries européennes sont d'un autre calibre.

Du progrès, quand même

Si l'on regarde de près les performances du géant suédois, il y a du mieux sur les deux dernières années. Avec le Milan en 2011-12 et le PSG en 2012-13, Zlatan Ibrahimovic a marqué 7 buts et délivré 9 passes décisives en 14 matchs. De meilleures statistiques, en partie dues à son nouveau rôle testé au Milan ou en sélection nationale suédoise, où il évolue comme meneur de jeu. On a d'ailleurs vu du mieux avec l'équipe de Suède, où il a récemment marqué contre la France, l'Allemagne et un quadruplé contre l'Angleterre. Et il ne faut pas oublier qu'en championnat, Zlatan Ibrahimovic réussit presque chaque année des saisons à 15 buts ou plus. "Même s'il y a beaucoup à dire sur le fait qu'on montre ses vraies qualités face à une opposition forte, ce que demandent avant tout les entraîneurs, c'est la constance sur une saison, même si c'est moins susceptible de faire les gros titres", analyse le spécialiste de la tactique Michael Cox sur le site spécialisé ESPN.com (en anglais).

Zlatan Ibrahimovic lors du match du PSG face au Dinamo Kiev le 18 septembre 2012.  (XAVIER LAINE / GETTY IMAGES)

Pas encore capable de gagner un gros match tout seul

A son arrivée au PSG, Leonardo, le directeur sportif du club, présentait "Ibra" comme "un joueur qui peut tout changer sur un match", rappelle le Guardian (en anglais). Un compliment semble-t-il exagéré. "Par rapport à son importance dans l'équipe, il doit être capable de gagner des matchs à lui tout seul, comme Pippo Inzaghi [ex-renard des surfaces de la Juventus et du Milan] ou Ruud Van Nistelrooy [ancien avant-centre néerlandais de Manchester United et du Real Madrid], regrette Johann Crochet. Il le fait, mais contre des équipes inférieures, comme face à Auxerre. Combien de buts a-t-il marqué contre le Bayern ou Liverpool ? Aucun. Même s'il marque un doublé en 8e de finale contre Valence, qui n'est pas un cador européen, ça ne constituera pas une preuve pour moi qu'il a changé."  

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