Six bonnes raisons de zapper le Trophée des champions

Vous avez mieux à faire que regarder un PSG-Bordeaux dans la chaleur de Libreville (Gabon), avec les meilleurs joueurs absents et des dirigeants démotivés.

Les joueurs du PSG à l\'entraînement avant leur rencontre du Trophée des champions, à Libreville (Gabon), le 2 août 2013. 
Les joueurs du PSG à l'entraînement avant leur rencontre du Trophée des champions, à Libreville (Gabon), le 2 août 2013.  (FRANCK FIFE / AFP)

Après le Canada, les Etats-Unis, le Maroc et la Tunisie, le Trophée des champions s'invite à Libreville (Gabon), samedi 3 août. Le match mi-amical, mi-officiel verra s'opposer le PSG, champion en titre, et le vainqueur de la Coupe de France, les Girondins de Bordeaux. Même si vous êtes amateur de foot, ne perdez pas votre temps devant votre téléviseur et profitez plutôt d'un dernier barbecue entre amis avant la reprise de la Ligue 1, la semaine suivante. Francetv info vous dit pourquoi ce match est un non-événement.

1 C'est loin d'être incontournable en France

Le Trophée des champions est né en 1995, sur les ruines des précédents trophées d'avant-saison tombés au champ d'honneur en France. Saviez-vous que la première rencontre de ce genre a opposé Reims au Racing Paris en 1949 ? Ce match de reprise s'est ensuite appelé "Tableau d'honneur", "Challenge des champions" et s'est déroulé de façon à peu près continue jusqu'en 1973, devant des assistances clairsemées. Au milieu des années 80, le Trophée est ressuscité, mais pour deux ans seulement.

De l'autre côté de la Manche, le Community Shield se dispute sans discontinuer depuis 1908 devant des stades pleins. C'est l'exception qui confirme la règle : en Allemagne, la Supercoupe existe en pointillés depuis les années 80, quand l'Italie délocalise la sienne en Chine pour assurer un minimum d'audience.

2 On ne se souvient que des embouteillages et de la neige

Deux événements majeurs ont marqué le Trophée des champions de l'ère moderne. La neige, qui a empêché la tenue du Auxerre-Metz de 1997 (la rencontre était programmée en janvier) et les embouteillages qui ont bloqué les courageux spectateurs américains prêts à se déplacer au stade des New York Red Bulls, en 2009. Le président de la Ligue de football professionnel (LFP), Frédéric Thiriez, s'était mis dans la peau de Bison Futé après la rencontre : "J’aurais bien voulu qu’il y ait plus de spectateurs, mais il y a eu des problèmes de circulation dans le tunnel qui relie Manhattan au New Jersey." 

3 Cela va coûter cher à l'Etat gabonais

Dans le cahier des charges de l'événement, il est prévu que l'Etat organisateur assume les coûts de la rencontre (transport des équipes, logement…). Cette année, au Gabon, les places sont vendues à très bas prix pour attirer un public nombreux : la moins chère coûte deux euros, 15 pour le top du top. "On ne va pas gagner d'argent, confie au Monde (article abonnés) Léon Folquet, président du Comité olympique gabonais, mais ce n'est pas grave, nous allons tirer profit du match, de sa promotion. L'image du Gabon n'a pas de prix."

Le pays, qui dit avoir été préféré au Brésil et à la Chine, se spécialise dans l'organisation de matchs de gala sans enjeu, après avoir accueilli un Brésil-Portugal au printemps. 

4 Les deux équipes ne voulaient pas y aller

Quand la LFP a officialisé en janvier le choix du Gabon pour la tenue du prochain Trophée des champions, le PSG s'est fendu d'une lettre : "Même que si Paris était qualifié pour ce match, il ne s’y rendrait pas", écrivait Jean-Claude Blanc, le n°2 du club parisien. A Bordeaux, le président des Girondins, Jean-Louis Triaud, n'était guère plus enthousiaste : "Quelle drôle d’idée ! Il faut notamment vacciner les joueurs assez tôt. Mais il faut y aller, alors on ira. On ne va quand même pas laisser notre place à Evian", finaliste malheureux de la Coupe de France. En fin de compte, les deux équipes ont fait le déplacement : le PSG sans ses nouvelles stars (Cavani, Marquinhos), Bordeaux sans nombre de ses joueurs (huit sont indisponibles). 

5 Les pays étrangers s'en moquent

Cet événement, vendu par la LFP comme "un match hommage au football africain, réservoir inépuisable de talents internationaux", ne déplace pas les foules. Cette année, ce sont Al Jazeera et ses déclinaisons internationales qui diffusent la rencontre. L'an passé, des chaînes aussi improbables que Liverpool TV ou la chaîne albanaise SuperSports avaient retransmis l'événement. Avec 30 millions d'euros de droits TV à l'international (PDF, p.42), la Ligue 1 demeure un nain comparée à la Liga espagnole ou la Premier League anglaise.

6 Pour voir des buts, on repassera

Souvent raillé pour sa forte proportion de matchs soporifiques, le Trophée des champions s'est refait une légitimité footballistique avec un incroyable OM-Lille en 2011, conclu sur un score de 5-4. La moyenne de buts depuis 1995 est de 3,2 – un total tout à fait respectable… Sauf quand le PSG ou Bordeaux disputent la rencontre : elle chute alors à 1,4.