Reprise de la Ligue 1 : "On peut se poser la question de la rentabilité des chaînes de foot", estime un économiste du sport

Pierre Rondeau appelle à "relativiser" les difficultés financières que pourraient connaître les clubs de football professionnels liées aux mesures sanitaires telles que la restriction du nombre de spectateurs en tribune.

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Radio France
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Le stade de France, le 30 avril 2020. (FRANCK FIFE / AFP)

"On peut se poser la question de la rentabilité des chaînes de foot", a estimé sur franceinfo samedi Pierre Rondeau, économiste du sport et professeur d'économie à la Sports Management School, alors que la Ligue 1 de football reprend ce week-end avec l'apparition d'un nouveau diffuseur, la chaîne Téléfoot détenue par le groupe Mediapro.

"Est-ce que payer 800 millions d’euros par an pendant quatre ans pour la Ligue 1 française et ensuite faire payer les abonnés 25 euros par mois, c’est rentable ?", s'est interrogé Pierre Rondeau. "Vont-ils trouver plus de 3 millions de personnes capables de payer 25 euros par mois pour voir uniquement 80 % de la Ligue 1 et 80 % de la Ligue 2 ?", a poursuivi l'économiste du sport.

Relativiser les difficultés financières

Pierre Rondeau appelle à "relativiser" les difficultés financières que pourraient connaître les clubs de football professionnels liées aux mesures sanitaires telles que la restriction du nombre de spectateurs en tribune. "La Ligue 1 touche tellement de droits TV, de revenus commerciaux ou issus du trading et de la vente de joueurs, que les recettes de billetterie ne représentent que 9 % en moyenne pour un budget total", justifie l'économiste.

"C’est très cynique mais qu’ils aient 5 000 ou 40 000 personnes dans le stade, pour eux ce n’est pas un chamboulement majeur. Ce qui compte pour eux, c’est que le championnat ait lieu, qu’il soit diffusé à la télévision et que Mediapro paye ces droits TV faramineux de plus d’1 milliard d’euros pour qu’ils puissent stabiliser leur budget."

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