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Pourquoi le 2-2 face au Barça est un très mauvais résultat pour le PSG

En inscrivant deux buts au Parc des Princes, Barcelone a pris une sérieuse option pour la demi-finale. Retour sur la règle très controversée du but à l'extérieur.

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France Télévisions
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Le milieu de terrain du FC Barcelone Xavi trompe le gardien parisien Salvatore Sirigu, mardi 2 avril 2013, lors du quart de finale aller de la Ligue des champions PSG-Barcelone, au Parc des Princes.  (FRANÇOIS MORI / AP / SIPA)

Il y a deux manières de voir le résultat du PSG-Barcelone, quart de finale aller de la Ligue des champions disputé mardi 2 avril à Paris. Continuer à croire qu'un exploit parisien est possible, car le PSG n'a pas perdu face à l'ogre catalan (2-2). Ou considérer qu'encaisser deux buts à domicile est un handicap rédhibitoire : mine de rien, ce 2-2 a presque la même incidence que si le PSG avait perdu 1-0 au Parc des Princes. Retour sur une règle controversée mais qui perdure depuis 46 ans. 

"Tout paraît joué après le match aller"

La règle du but à l'extérieur a été créée à la fin des années 1960. A l'époque, les déplacements en coupe d'Europe tiennent de l'expédition, surtout quand on doit franchir le rideau de fer. Outre le transport, exténuant, les terrains ne se révèlent pas toujours d'une grande qualité, tout comme les arbitres. Seules 16% des rencontres se terminent par une victoire des visiteurs. Ces derniers ont une fâcheuse tendance à défendre à dix devant leur but et à dégager les ballons en tribunes en attendant que les 90 minutes se passent. Pour remédier au manque de suspense et de spectacle, l'UEFA décide d'encourager les équipes en déplacement. Tout but marqué à l'extérieur comptera double en cas d'égalité à l'issue du match retour. 

Un demi-siècle plus tard, la règle est toujours en vigueur. Arsenal en a fait l'amère expérience en 8e de finale, en mars dernier, en se faisait éliminer par le Bayern Munich. Les Anglais ont perdu 1-3 à Londres avant de l'emporter 2-0 en Bavière. 3-3 sur l 'ensemble des deux matchs, mais les Allemands ont marqué un but de plus loin de leurs bases. Vous avez dit injustice ? "Si Paris réussit un 0-0 au Camp Nou au match retour, ce sera un exploit qui n'aura servi à rien, remarque le chercheur en sciences du sport Nicolas Scelles, co-auteur d'une étude sur l'incertitude du résultat en Ligue des champions, contacté par francetv info. Fondamentalement, c'est injuste et pourtant la justice est l'un des critères primordiaux dans le sport."

"L'effet pervers de la règle est que l'équipe à domicile cherche surtout à ne pas encaisser de but, poursuit-il. On peut aussi avoir l'impression que tout est joué après le match aller si l'équipe à domicile a perdu 2-1, par exemple. Notre étude laisse entendre qu'il y a moins de rebondissements et d'incertitude au match retour qu'avant l'introduction de la règle." De nos jours, un déplacement en coupe d'Europe n'a plus rien d'exotique et se révèle moins aléatoire. Conséquence : un tiers des matchs se terminent sur une victoire à l'extérieur, deux fois plus qu'il y a cinquante ans. L'UEFA n'envisage pourtant pas de revenir sur la règle, comme expliqué dans un bulletin récent (PDF en anglais, p.10).

"Les parasites du football" avantagés

Arsène Wenger, l'entraîneur d'Arsenal, cité par The Guardian (en anglais), est partisan de la suppression de cette disposition : "Le poids tactique du but à l'extérieur est devenu trop important. Cette règle favorise les équipes qui défendent bien à domicile." Autour de lui, des voix s'élèvent pour affirmer que le but à l'extérieur a tué le spectacle, l'audace, et le suspense en coupe d'Europe. L'ancien directeur sportif du Real Madrid, Jorge Valdano, cité par le magazine britannique The Blizzard, est de ceux-là : "Vous voyez de plus en plus d'équipes incapables de prendre l'initiative contre une opposition bien organisée. Ces équipes sont plus à l'aise à l'extérieur, car l'équipe hôte doit prendre le jeu à son compte en se découvrant en défense. Donc la règle du but à l'extérieur favorise les équipes qui méprisent le beau football."

Sa conclusion, brut de décoffrage : "Abolir la règle du but à l'extérieur, c'est le premier remède contre les parasites." Le PSG, qui a cherché à produire du jeu contre le Barça là où beaucoup d'équipes se seraient arc-boutées sur leur but, rejoindra peut-être le club des opposants à la règle du but à l'extérieur mercredi 10 avril, à l'issue du match retour.

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