"On travaille en prévision de la rentrée 2019 du centre de formation" : les recruteurs des stars du foot de demain déjà au travail

Le jeu des jeunes footballeurs est scruté par des recruteurs à la recherche, déjà, des successeurs des champions du monde 2018. Lors d'un tournoi près de Paris, franceinfo a pu approcher ces chasseurs de talents. 

Au tournoi de Meudon (Hauts-de-Seine), fin août 2018, plusieurs recruteurs ont repéré le jeune Steve Mbongo, portant le numéro 5.  
Au tournoi de Meudon (Hauts-de-Seine), fin août 2018, plusieurs recruteurs ont repéré le jeune Steve Mbongo, portant le numéro 5.   (FANNY LECHEVESTRIER / FRANCEINFO)

Dans la foulée du sacre mondial de l'équipe de France de football en Russie, les recruteurs ont repris leurs recherches au bord des pelouses, en espérant repérer les pépites de demain, comme un futur Mbappé ou un Griezmann en devenir. Une vingtaine d'observateurs ont ainsi été accrédités les 25 et 26 août derniers, à Meudon (Hauts-de-Seine), pour la Vinci Cup, un tournoi international des moins de 15 ans.

Football : les recruteurs à la recherche des pépites de demain - un reportage de Fanny Lechevestrier
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Sur le terrain, plus de 250 jeunes footballeurs s'activent. Ils sont soutenus par des parents, des amis, mais surtout observés par des recruteurs, facilement repérables avec leur carnet en main. "On est toujours en veille permanente. On travaille déjà en prévision du 1er juillet 2019, la prochaine rentrée du centre de formation, explique Axel Lablatinière, responsable du recrutement pour le club d'Angers. Il a des critères très précis, tout en reconnaissant qu'il existe "des marges d'erreur". "Regardez, Griezmann est parti de France parce qu'il était trop petit, trop chétif. On sait que c'est aléatoire", dit-il.  

On aime bien les joueurs techniques, intelligents. Après, le physique s'améliore toujours avec le temps.Axel Lablatinière, responsable du recrutement au SCO d'Angersà franceinfo

Le recruteur a repéré un jeune joueur, mais il n'est pas le seul à s'y intéresser. Manchester City l'a aussi dans le viseur : "C'est un peu plus compliqué, parce que quand des clubs comme ça se mettent sur le joueur..."  

Le joueur scruté par le SCO d'Angers et Manchester City, c'est Steven Mbongo, défenseur central de la sélection francilienne. Il a 14 ans, il est encore collégien, en classe de 3e. Il rêve de devenir footballeur professionnel comme son modèle,  Raphaël Varane, le défenseur central du Real Madrid et champion du monde 2018. Steven est évidemment admiratif des Bleus qui "ont fait un beau parcours avec un groupe assez jeune". Ce tournoi, sous observation, est "une opportunité, dit-il, "pour se faire voir et pourquoi pas, prendre quelques contacts."

Un repérage et un entourage sous surveillance

Steven attend désormais des propositions. Le club d'Angers va tenter de le faire venir pour découvrir sur place ses infrastructures. Mais d'autres équipes n'hésitent pas à mettre de l'argent sur la table, déplore Axel Lablatinière. "On entend des chiffres qui circulent, sur des gamins de 14, 15 ans, même 12 ans. Ça fait un peu peur", lâche-t-il. Légalement, l'argent ne peut circuler avant 16 ans, l'âge minimum pour signer un premier contrat professionnel, mais les adolescents sont soumis de plus en plus tôt à la loi du marché avec les dérives qui parfois l'accompagnent, reconnaît Patrick Gobert, président de l'association du Paris FC, organisateur du tournoi. "Tout le monde parle de Mbappé et c'est une réussite extraordinaire", reconnaît-il. Toutefois, mais le succès de l'entourage familial n'est pas garanti à chaque fois. 

Beaucoup de papas, voulant devenir les agents de leur fils, prennent les choses en main et c'est compliqué.Patrick Gobert, président de l'association du Paris FCà franceinfo

"Notre souci, c'est de savoir comment aider les familles à gérer ce genre de phénomène. C'est peut-être le challenge de demain", ajoute Patrick Gobert