Non, il ne faut pas confier l'hymne d'un club à ses footballeurs

La reprise de "Go West" par les joueurs du PSG en est le triste exemple... Mais d'autres équipes de foot s'y sont essayées. FTVi vous a concocté un pot-pourri qui n'a jamais mieux porté son nom.

Les Bleus chantent la Marseillaise, le 12 octobre 2010, lors du match entre la France et le Luxembourg. 
Les Bleus chantent la Marseillaise, le 12 octobre 2010, lors du match entre la France et le Luxembourg.  (FRANCK FIFE / AFP)

L'événement footballistique de la semaine, ce n'était pas le PSG-Lyon, quart de finale de la Coupe de la Ligue mercredi 22 mars (perdu 3 à 1 par les Parisiens), mais la reprise par les joueurs du PSG de la chanson Go West, le célèbre titre des Pet Shop Boys. Une chanson que s'est approprié le club (qui a eu une période Phil Collins honteuse au début des années 1990), un peu comme l'OM l'a fait avec Jump, le tube de Van Halen, sauf que jamais les joueurs de l'OM n'avaient tenté un remix. 

Pour vous faire une idée, voilà la vidéo. Toute ressemblance avec les chansons de la Star Academy ou des Enfoirés en moins bien ne serait pas purement fortuite. On remarque aussi la présence sur le clip de Peguy Luyindula, qui depuis a attaqué le club aux prud'hommes, et de certains joueurs que leur faible temps sur le terrain pourrait amener à aller voir ailleurs. 

Beaucoup de footballeurs ont déjà poussé la chansonnette. On se souvient du massacre électro de Basile Boli et Chris Waddle, du remix techno à base de déclarations des joueurs du RC Lens après le titre de 1998, de l'improbable duo Emmanuel Petit-Sophie Thalmann qui a fait un bide abyssal dans les bacs. En solo, beaucoup de footballeurs se sont essayés à la chanson. Mais un club ou une sélection qui les pousse à immortaliser en chœur les valeurs du club, c'est beaucoup plus rare. 

• L'hymne fait à la maison

 "A Carquefou, à Carquefou, il y a toujours du suspense jusqu'au bout !" chantent fièrement les jeunes du club. L'hymne du Petit Poucet de la Coupe de France 2009 a été écrit par l'équipe féminine du club, note Presse Océan. Les paroles ne volent pas très haut, mais c'est déjà plus recherché que l'hymne du PSG.

• Une tradition anglaise

Dans les années 1970 (comme les années 1960), l'Angleterre était l'épicentre de la création musicale. Ça s'est vu aussi dans le foot. Ainsi, l'hymne de Chelsea a été écrit et enregistré par l'équipe de 1972. On évite donc le côté "techno hystérique" qui caractérise nombre d'hymnes récents. Mais niveau paroles, ça ne s'est guère amélioré : "Blue is our color, football is our game, we're all together, winning is our aim" (notre couleur est le bleu, le football notre jeu, nous sommes tous ensemble, notre but est de gagner). On dirait presque le générique de fin d'un film des Monty Python. 

  

• Pour avoir la poisse, chantez un hymne

L'équipe d'Angleterre de 1970, championne du monde, avait carrément enregistré un disque. On peut retrouver le reggae du gardien de but Gordon Banks (celui dont le Brésilien Pelé a dit "J'ai marqué un but, mais Banks l'a arrêté") sur le site anglais Football & Music. Pas découragé par la piètre performance des Anglais (sortis en quarts de finale), Banks sort un single, une ballade romantique slammée avant l'Euro 72, au cours duquel l'Angleterre sera sortie... en quarts de finale encore ! Et pourtant, Banks chantait : "1972 will be remembered as our year".

On vous passe les tombereaux de titres sortis par les footballeurs anglais de l'époque, pour se concentrer sur l'hymne de l'équipe d'Angleterre (encore) avant le Mondial 1982, qui promettait de "brandir haut le drapeau". Mais le drapeau et l'équipe ne dépasseront pas le second tour. 

 

L'équipe d'Italie s'y était essayée avant l'Euro 2004, en reprenant une chanson connue, intitulée Azzurro, "bleu", comme le maillot de l'équipe nationale. A noter un niveau de chant globalement correct, qui autorise certaines stars de l'équipe (Totti, Del Piero) à faire des solos. Ce qui ne leur a pas porté bonheur, les Italiens ayant été éliminés sans gloire dès le premier tour.

• Les modèles d'hymnes de club : Anfield Rap et Allez Trincamp

Un des rares exemples où les joueurs font vraiment preuve d'autodérision, c'est la chanson Anfield Rap interprétée par les joueurs de Liverpool en 1988. Les joueurs, lunettes noires, chaînes en or, vêtements à la Freddie Mercury, rappent en surjouant l'accent scouser de Liverpool, alors qu'ils ne sont que deux à être de la région. La chanson se classera n°3 du hit-parade en Angleterre... mais précédera le déclin du club de la Mersey. 

 

La plus belle chanson de joueurs en français chante les louanges d'un club qui n'existe pas. Dans le film Coup de tête, avec Patrick Dewaere, les joueurs de l'AS Trincamp (club fictif, avec un vague air de Guingamp et le maillot d'Auxerre) chantent l'hymne du club à la mi-temps pour s'encourager à redresser une situation difficile. Un chant que se sont appropriés de nombreux clubs, dont cette équipe amateur bruxelloise particulièrement en voix...

 

• Bonus : les footballeurs chantent Noël, fuyez !

En période de fêtes, le pire est toujours à venir. Dans le milieu des années 1990, les joueurs du Bayern Munich ont chanté Noël. La pochette de l'album (oui, ça s'est vendu) vaut son pesant de cacahuètes et rappelle les balbutiements de Photoshop. Plus tôt, Platini, Gullit, Rummenigge et d'autres stars des années 1980 ont chanté un "Alléluia" de Noël très très très eighties. Enfin, on entend surtout la chorale d'enfants censés faire l'arrière-plan dans la chanson.

Moralité : un sportif sera toujours meilleur sur le terrain que derrière un micro.