Ligue des Champions : "Nous souhaitons avoir de nombreuses Stéphanie Frappart", déclare le Directeur Technique de l'arbitrage

"C'est pour nous aussi une formidable locomotive pour l'arbitrage français et l'arbitrage féminin qui se professionnalise aujourd'hui", assure sur franceinfo Pascal Garibian avant la rencontre masculine Juventus Turin-Dynamo Kiev en Ligue des champions pour laquelle Stéphanie Frappart a été désignée arbitre centrale.

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Radio France
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L'arbitre française Stéphanie Frappart lors du match de Ligue 1 entre le Stade Rennais et le Stade Brestois au Roazhon Park, à Rennes, le 31 octobre 2020. (JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP)

Alors que la Française va devenir mercredi 2 décembre la première femme à arbitrer un match de Ligue des Champions masculine (Juventus – Dynamo Kiev, à 21h), Pascal Garibian espère sur franceinfo "de nombreuses Stéphanie Frappart" pour l'avenir de l'arbitrage français.

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Le directeur technique de l'arbitrage revient sur le parcours de celle qu'il voit comme "une formidable locomotive" et sur les investissements de la Fédération pour "la professionnalisation" de l'arbitrage féminin.

franceinfo : Qu'est ce qui fait d'elle une arbitre d'élite ?

Pascal Garibian : C'est d'abord un énorme travail. Ça fait dix ans qu'elle est arbitre de la Fédération et, saison après saison, elle n'a cessé de travailler pour progresser avec son encadrement. Elle a bien sûr des qualités indispensables pour être arbitre de haut niveau. Des qualités athlétiques assez hors norme, un sens du jeu, et puis une capacité à manager un match. Aujourd'hui, les acteurs ne la voient plus comme une femme arbitre mais comme un arbitre de haut niveau. C'est quelqu'un de très humble mais qui a une très forte personnalité et qui a un mental presque à toute épreuve. C'est pour nous aussi une formidable locomotive pour l'arbitrage français et l'arbitrage féminin qui se professionnalise aujourd'hui. Nous souhaitons avoir de nombreuses Stéphanie Frappart.

La voie est-elle plus libre aujourd'hui pour une adolescente qui veut devenir arbitre qu'elle n'a pu l'être pour Stéphanie Frappart ?

Il n'y a pas eu de voie fermée. L'arbitrage français a toujours plus qu'encouragé les féminines. Grâce à l'investissement de la Fédération française, il leur a donné des moyens pour qu'elles progressent. La professionnalisation passe aujourd'hui par plus de rassemblement à Clairefontaine, et donc par plus de travail.

"Stéphanie est douée, ça c'est clair, mais elle a surtout beaucoup, beaucoup travaillé."

Pascal Garibian, directeur technique de l'arbitrage

à franceinfo

Elle continue toujours d'énormément travailler, comme tous ses collègues masculins qui arbitrent aussi très régulièrement en Ligue des champions.

A-t-elle dû travailler plus ?

Je ne sais pas. En tout cas, nous n'avons jamais demandé à Stéphanie Frappart de faire plus que ce qu'on demande aux hommes. Pour arbitrer les hommes, il faut simplement être au niveau des attentes du football masculin en termes de présence athlétique, de capacités managériales, de lecture du jeu. On ne peut pas demander à une femme de faire plus qu'un homme, mais elle a dû effectivement beaucoup travailler pour atteindre le niveau athlétique exigé pour couvrir un match de haut niveau masculin. On peut espérer que ce ne sera bientôt plus un évènement qu'une femme arbitre un match d'hommes ? Ce n'est déjà plus un événement ! L'arbitrage français et la Fédération française l'ont toujours encouragée. Aujourd'hui, nous avons des arbitres féminines qui sont assistante en Nationale 3, en Nationale 2... L'assistante de Stéphanie, Manuela Nicolosi, est assistante professionnelle en Ligue 2. Aujourd'hui, nous ne demandons qu'une chose aux femmes, c'est de travailler et de travailler. Elles sont en concurrence avec les garçons, mais sur la même ligne de départ.

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