Ligue des champions : André Villas-Boas et la Ligue Europa, com' un problème

Après 4 journées en Ligue des champions, Marseille est déjà éliminé. Mais la saison européenne de l’OM n’est pas encore finie : il reste deux matches aux Olympiens pour aller chercher la troisième place du groupe, qualificative pour la Ligue Europa. Une compétition que Marseille ne mérite pas selon André Villas-Boas, qui prétend ne pas être assez armé pour tenir le rythme. Ce qui est non seulement faux, mais aussi un manque de respect envers le club et ses supporters.
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France Télévisions
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 (NICOLAS TUCAT / AFP)

Ce mardi soir contre l’Olympiakos, André Villas-Boas et ses joueurs jouent leur destin européen. Pas pour la Ligue des champions, dont ils sont déjà - et piteusement - éliminés alors qu’il reste deux rencontres à jouer. Mais pour la Ligue Europa, la troisième place étant qualificative pour les seizièmes de finale de l’autre coupe d’Europe. Au sujet de ce strapontin, l’entraîneur portugais de l’OM a toutefois émis plusieurs réticences. Avant la seconde défaite contre Porto mercredi dernier (0-2), il a notamment laissé entendre que son équipe n’était pas armée pour tenir le rythme physiquement. Un discours qu’il a précisé ensuite, mais qui contribue au flou qui habite actuellement la Canebière.

L'Europe, l'ADN de l'OM

"Finir en Europa League, évidemment avec le parcours que l’OM a eu en 2018 (finaliste, NDLR), ça peut être bien mais cette expérience européenne après la saison dernière, ça fait du mal. Si on sort de ce cauchemar européen ça sera mieux". Avant d’affronter le FC Porto mercredi dernier, et alors que son équipe pouvait encore espérer arracher les 8ème de finale de C1, André Villas-Boas ne faisait pas de mystères sur son appétit pour la Ligue Europa. Relancé sur le sujet après le match et donc l’élimination en C1, il précisait : "Avec de telles mauvaises performances (en C1), se qualifier (pour la C3)… Ok, on va la jouer à fond pour notre image, (…) mais ce n’est pas comme un trophée pour lequel tu t’es qualifié. (…) Vaut mieux sortir, et laisser les autres (qui jouent la compétition depuis le début) la jouer"

Pour expliquer son souhait apparent de ne pas jouer la C3, André Villas-Boas prétend que les troisièmes de chaque groupe de C1 n’ont aucune légitimité à être reversés dans l’autre coupe d’Europe. Un excès de fairplay beaucoup trop gentleman pour être vrai. D'ailleurs, aucun autre club ne s’est jamais plaint d’avoir droit à cette seconde chance. Derrière cette sortie, faut-il voir une façon pour le Portugais de se mettre à l’abri en cas de quatrième place des siens en Ligue des champions ? Ce ne serait pas le premier, ni le dernier. Même si Villas-Boas assure que son point de vue ne date pas d’hier : "Pour moi, c’est honteux. Le perdant vient rejoindre ceux qui se battent déjà (en Ligue Europa). La dernière fois qu’il y a eu une réunion d’entraîneurs à l’UEFA, j’ai exprimé ça. T’as perdu, tu sors. C’était mon avis". Pas sûr que ce soit celui des supporters marseillais.

 


A Marseille plus qu’ailleurs en France, la coupe d’Europe coule dans les veines du club, de son histoire. Avec plus de 35 participations à des compétitions de l’UEFA, dont 15 Ligue des champions pour 2 finales, et 17 Ligue Europa pour 3 finales, l’Olympique de Marseille n’est que le deuxième club français en nombre de participations, derrière Lyon, mais devant Monaco, Paris ou Bordeaux. Mais aucun de ces clubs ne s’est autant construit sur les épopées européennes que l’OM. Dès lors, bouder un éventuel reversement en Ligue Europa serait une insulte à l’histoire du club. Qui plus est avec le souvenir, encore frais, de l’épopée de 2017-18 jusqu’en finale. Et puis, difficile de croire qu'André Villas-Boas peut cracher sur cette compétition qui l'avait révélé avec Porto en 2011.

Andre Villas-Boas porté en triomphe par ses joueurs après le sacre de Porto en 2011 en Europa League. (PAUL ELLIS / AFP)

Quant à l’argument sur la quantité des matches disputés, c'est un poncif de notre championnat qui a la vie dur, malgré un effectif renforcé. Avec cinq recrues cet été, le groupe marseillais s’est étoffé, malgré les départs de Bouna Sarr et Maxime Lopez, et tous les postes sont doublés, hormis celui de latéral droit. Bref, l’OM s’est taillé un effectif capable de jouer tous les trois jours en Ligue des champions, et pourrait maintenir ce rythme en jouant le dimanche en Ligue 1 en cas de participation à la C3 (matches le jeudi soir). Rythme qui sourit pour l'instant aux Marseillais, bien placés en championnat. D’ailleurs, sur dix rencontres de L1 par week-end, 7 se tiennent le dimanche. Enfin, l’entraîneur marseillais a justifié sa position en sous-entendant que dans le contexte actuel, avec les blessures répétées et les méformes de certaines équipes, l’OM pourrait peut-être créer la surprise en championnat, à savoir se mêler à la lutte pour le titre. 

Certes, en gagnant ses deux matches en retard contre Lens et Nice, Marseille prendrait la tête de la Ligue 1, avec deux points d'avance sur Paris. Mais de là à concurrencer le PSG sur l'ensemble de la  saison ? On le souhaite aux supporters marseillais et pour le suspense de la L1, mais cela semble bien optimiste pour un OM qui surperforme clairement en ce moment, notamment au niveau des points pris comparé au niveau de jeu (même s'il y a eu du mieux contre Nantes samedi). Rappelons aussi que le PSG du moment, très amoindri, domine les débats en étant très loin de son rythme de croisière, qu'il finira forcément par atteindre.

Dans l’Hexagone, les adversaires de l’OM se nomment plutôt Lyon, Monaco, Lille voire Rennes et Nice pour une place sur le podium. André Villas-Boas ne doit donc pas se tromper de combat. Ni négliger le ring européen. Car après avoir encaissé les coups pendant cette campagne de Ligue des champions, les supporters marseillais ne seraient pas contre une épopée européenne, même à l’étage d’en dessous, histoire de trouver des couleurs. Et un peu de fierté.

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