Football : derrière le PSG, qui pour défendre le coefficient UEFA de la France ?

Avec l'OM, opposé au Sporting en Ligue des champions mardi soir, le football français lance une nouvelle journée de coupes d'Europe avec l'espoir de faire mieux que la précédente pour, à terme, permettre à la Ligue 1 de rester dans le Top 5 des championnats européens.

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France Télévisions
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L'entraîneur de l'Olympique de Marseille Igor Tudor en conférence de presse le 3 octobre avant le match de Ligue des champions entre l'OM et le Sporting (MAXPPP)

Tous les ans, c'est la même rengaine. Avec les joutes européennes revient le même débat et les mêmes inquiétudes. Le football français va-t-il tenir son rang sur la scène européenne ? Ou va-t-il se voir rétrograder à cause de son coefficient UEFA ?

Le menace se matérialise saison après saison et ce n'est pas le début d'exercice 2022-2023 des formations tricolores en Ligue des champions, Ligue Europa et Ligue Europa Conférence qui va enrayer la tendance. Car, à l'exception du Paris Saint-Germain, pour le moment invaincu en C1, la France patine et cela pourrait être lourd de conséquences.

Sur les deux premières journées des trois compétitions européennes, la France pointe à une décevante 18e place du coefficient UEFA par nation, derrière la Belgique, les Pays-Bas, ou des pays plus "modestes" comme la République tchèque, la Roumanie ou Israël. Les performances jusqu'ici quelconques de l'OM (deux défaites en Ligue des champions), de Nice (deux matchs nuls) ou encore de l'AS Monaco (une victoire et une défaite) ne permettent pas à la France d'engranger des points capitaux dans cette course comptable.

Pays-Bas, Portugal : la menace se fait pressante

Le Paris Saint-Germain fait pour le moment le plein. Le club de la capitale a, à lui seul, glané huit des 22,5 points récoltés par les six clubs français engagés dans les différentes compétitions européennnes cette saison. Il y a comme une impression que la France peine à se trouver d'autres soldats pour contribuer à l'effort de guerre. Sur la période 2017-2018 et 2021-2022, Paris a récolté un tiers des points totaux du football français (33% - 112/343,5), qui a pourtant compté au total 11 représentants sur la scène continentale sur la période.

Si le football français conserve pour le moment sa 5e place au classement UEFA, le wagon de tête semble de plus en plus hors de portée, derrière le Top 4 formé par l'Angleterre, l'Espagne, l'Allemagne et l'Italie. L'heure est plutôt à regarder dans le rétroviseur, car l'écart se resserre à vitesse grand V. La saison passée, les bons parcours de Lyon, quart-de-finaliste de la Ligue Europa, et de Marseille, demi-finaliste de Ligue Europa Conférence, n'ont fait que repousser l'échéance. 

Le Portugal, et plus encore dernièrement les Pays-Bas, sont déjà revenus tout près au classement. Les trois pays se tiennent en un peu plus de trois points avec la France à 52,3, les Pays-Bas à 50,9 et le Portugal à 49,1. Il faut savoir que ces coefficients UEFA sont calculés de la manière suivante : on divise le nombre de points obtenus par le nombre total de clubs représentant une association dans les différentes compétitions européennes. Ensuite, ce résultat est ajouté à ses homologues des quatre saisons précédentes pour obtenir le coefficient. C'est pourquoi une sortie de route précoce d'un club français pourrait avoir un impact très important sur cette moyenne.

Neymar et Kylian Mbappé lors du match face au Maccabi Haïfa, le 14 septembre 2022. (JACK GUEZ / AFP)

En 2022-2023, Portugais et Néerlandais ont quatre clubs encore en lice, contre six pour la France. Mais avec un barème égal entre une victoire en phase de groupes en C1 par rapport à la C3 ou à la C4 (une victoire en phase de groupes dans chaque compétition rapporte deux points), les résultats plus probants de leurs équipes leur permettent de grignoter leur retard journée après journée de coupes d'Europe.

Le Portugal compte six victoires en huit matches, les Pays-Bas quatre en sept matches quand la France affiche un ratio bien moins convaincant : cinq succès en douze rencontres. Surtout, les deux poursuivants les plus menaçants pour le foot tricolore peuvent compter sur la constance de leurs étendards. Quand le PSG est le seul club français à avoir été présent sur la scène continentale lors de chacune des cinq dernières saisons, les Pays-Bas en comptaient trois (Ajax, PSV, Feyenoord), le Portugal quatre (Porto, Benfica, Sporting, Braga).

L'urgence 2023 et l'horizon 2024

Conserver sa cinquième place au classement UEFA est un enjeu crucial pour le football français. Glisser un rang plus bas dès la fin de cet exercice conduirait à la perte d'un billet pour la phase de groupes de la Ligue Europa la saison prochaine : le cinquième de Ligue 1 serait alors qualifié en Ligue Europa Conférence. Plus important encore : la Ligue des champions assurera à partir de 2024-2025 une place de plus au 5e du classement UEFA. Si la France reste 5e à l'issue de la prochaine saison, elle disposera de trois billets directement qualificatifs pour la phase de groupes de la C1 (contre deux aujourd'hui), et un pour le tour préliminaire. De quoi améliorer l'exposition du championnat et bénéficier de retombées économiques non négligeables.

Les deux prochaines journées, avec les affiches OM-Sporting (mardi 18h45, puis mercredi 12 octobre à 21h00 au retour) et Benfica-PSG (mercredi 21h00, puis mardi 11 octobre 21h00), seront donc scrutées avec un très grand intérêt. Jeudi, Rennes (contre le Dynamo Kiev), Monaco (face à Trabzonspor) et Nantes (à Fribourg) en Ligue Europa, ainsi que Nice (chez le FC Slovacko) en Ligue Europa Conférence tenteront pour leur part de redresser la tête après avoir été tous accrochés lors de la deuxième journée. Une partie de l'avenir européen du football français pourrait en dépendre.

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