Ligue des champions : le Borussia Dortmund, l'équipe qui gagne (à être connue)

La finale de la Ligue des Champions oppose ce samedi soir deux clubs allemands. Le Bayern Munich, vous connaissez. Mais le Borussia Dortmund ?

La joie du joueur du Borussia Dortmund Lukasz Piszczek après la qualification à l\'arraché de son équipe contre Malaga, en quarts de finale de la Ligue des champions, le 9 avril 2013.
La joie du joueur du Borussia Dortmund Lukasz Piszczek après la qualification à l'arraché de son équipe contre Malaga, en quarts de finale de la Ligue des champions, le 9 avril 2013. (ALEX GRIMM / GETTY IMAGES)

La finale de la Ligue des Champions oppose samedi 25 mai deux clubs allemands. Le premier, vous connaissez : c'est le Bayern Munich, avec Franck Ribéry et Philipp Lahm. Mais savez-vous citer deux joueurs du Borussia Dortmund, l'autre finaliste, déjà vainqueur du trophée en 1997 et qui en demi-finales a éliminé le Real Madrid (4-1,0-2) ? Pour préparer sereinement le plateau-télé, voici l'encyclopédie du club allemand en cinq minutes.

L'arme secrète du Borussia, le Footbonaut

De l'avis général, les Jaune et Noir pratiquent un des plus beaux football d'Europe. Le Real Madrid a pu le constater à ses dépens lors de la fessée prise en demi-finale aller (4-0). Un des secrets des joueurs allemands, c'est leur machine d'entraînement, le Footbonaut. Comptez entre 2 et 3 millions d'euros pour vous offrir ce joujou.

Le principe est simple : un joueur se trouve au milieu d'un cube composé de 72 carrés, la machine lui envoie un ballon, et il doit aussitôt envoyer la balle dans le carré qui s'éclaire. "Nous sommes convaincus que cette machine va permettre aux joueurs d'améliorer leur technique, leur positionnement et leur vision périphérique", explique Sven Mislintat, le chef du recrutement du club, au New York Times (en anglais).

Le Signal Iduna Park, meilleur stade d'Europe

L'enceinte que les puristes appellent toujours Westfalenstadion, avant qu'un sponsor vienne y accoler son nom, a été élue par le Times stade le plus impressionnant d'Europe. Il y a de quoi : le fameux mur de la Yellow Army, 25 000 personnes tout de jaune et de noir vêtues, pratiquement à la verticale, qui s'époumonent pendant 90 minutes. Il faut les entendre railler les supporters de Manchester City, venus cet automne en Ligue des champions : "Vous ne chantez que lorsque vous gagnez !"

Cette tribune s'est spécialisée dans les tifos plus spectaculaires les uns que les autres. Au point que les fans mettent désormais en ligne… les vidéos du making of de leurs banderoles les plus incroyables. 

Le Signal Iduna Park peut contenir 80 000 personnes... et 260 en prison. Deux cellules se situent dans le bâtiment, une pour les supporters du Borussia, l'autre pour les visiteurs, remarque le blog Dirty Tackle (en anglais).

Jürgen Klopp, l'entraîneur génial

Jürgen Klopp a défrayé la chronique dernièrement, quand il a reconnu dans le tabloïd Bild (en allemand) avoir eu recours à des implants capillaires. "Mais le résultat est plutôt cool, non ?" Ce tacticien de génie a mis en place un jeu très offensif pour son équipe, qui laisse le ballon à l'adversaire pour mieux le contrer. Les supporters en sont fous. Une chanson lui est dédiée. Le refrain : "'Kloppo', tu es une popstar, le meilleur du monde ! Tu es notre héros !"

Certes, cette année, le Borussia ne sera pas champion d'Allemagne. Le Bayern a été sacré à quatre journées de la fin. L'ami Klopp, cité par The Independent (en anglais), en a profité pour jeter un peu d'huile sur le feu : "Le Bayern a la même approche dans le foot que les Chinois vis-à-vis de l'industrie. Ils regardent ce que font les autres, puis le copient avec plus d'argent. Forcément, ils vous dépassent." Les arguments économiques du Bayern sont très forts, puisque le club bavarois s'est déjà attaché les services de deux joueurs majeurs du Borussia pour la saison prochaine : le milieu Mario Götze et probablement l'attaquant Robert Lewandowski, auteur du quadruplé en demi-finales contre le Real.

La jeunesse de l'effectif, une arme à double tranchant

Qui a dit qu'il fallait être un club expérimenté pour aller loin en Coupe d'Europe ? A l'issue de la saison 2010-2011, Dortmund a été sacré champion d'Allemagne avec un effectif dont la moyenne d'âge tournait autour de 23 ans, plus jeune effectif des grands championnats européens, rapporte le Guardian (en anglais). Dans l'effectif actuel, seuls deux titulaires ont plus de 27 ans.

La jeunesse de l'effectif est à la fois un choix et une nécessité. Le club a payé pour savoir qu'il ne pouvait pas supporter des salaires démentiels pour ses stars, et a choisi de les vendre quand une bonne proposition arrive au club. L'ailier supersonique Shinji Kagawa est parti à Manchester United pour 22 millions d'euros, le milieu Mario Götze, d'ailleurs forfait pour la finale, s'en va carrément chez l'ennemi, au Bayern Munich, pour 37 millions. Franz Beckenbauer, ancien joueur et dirigeant du club bavarois, a dit à Bild (en allemand) que la paire Marco Reus-Mario Götze était ce qui se faisait de mieux en Europe. Il a joint le chéquier à la parole en affaiblissant son plus grand adversaire…

La boutique du club, véritable caverne d'Ali Baba

Les fans du Borussia sont des vrais passionnés de leur club. Quand le Borussia s'est retrouvé au bord de la faillite, des manifestations rassemblant des centaines de personnes ont été organisées. Pour bon nombre d'habitants de la Ruhr, le club est un symbole.

Un supporter du Borussia Dortmund pose dans la boutique du club, le 30 novembre 2008.
Un supporter du Borussia Dortmund pose dans la boutique du club, le 30 novembre 2008. (CHRISTOF KOEPSEL / GETTY IMAGES)

Faut-il s'étonner de découvrir sur le site officiel du club des produits dérivés défiant l'imagination ? Du nettoyant pour barbecue à la table basse en forme de nain de jardin, de la moutarde spéciale pour les bratwurst à la cuvette de toilettes, il est possible de décorer sa vie aux couleurs du club.

Un club qui rêve de revivre le scénario de 1997, quand les Jaune et Noir avaient remporté la Ligue des champions à la surprise générale. "Jusqu'à présent, notre histoire ressemble à un film hollywoodien, résume le défenseur Neven Subotic. Espérons qu'on aura le happy end à la fin."