Ligue 2 : à la découverte du Clermont Foot, nouveau promu en Ligue 1

Pour la première fois de son histoire, le club auvergnat va découvrir l'élite du football français la saison prochaine.

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France Télévisions
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Mohamed Bayo, meilleur buteur de Ligue 2, célèbre l'un de ses 21 buts en championnat contre Sochaux, le 8 mai 2021. (THIERRY ZOCCOLAN / AFP)

Le volcan clermontois s’est enfin réveillé. Malgré sa défaite à Caen (2-1), samedi 15 mai, lors de la 38e journée de Ligue 2, le Clermont Foot a validé son ticket pour la Ligue 1 en terminant deuxième du classement derrière Troyes. Une montée on ne peut plus logique pour un club discret et très régulier depuis près de 15 ans. Un travail de longue haleine qui vient placer le ballon rond (presque) à hauteur du ballon ovale au pied des volcans auvergnats.

Une première historique

À l’échelle du football français, le Clermont Foot est un club plutôt jeune, né en 1984 de la fusion du Stade Clermontois et de l’Association Sportive Montferrandaise, deux équipes qui alternaient alors entre D3 et D4. L’objectif de cette fusion : atteindre le monde professionnel. Trente-sept ans plus tard, le Clermont Foot a enfin validé sa première montée en Ligue 1 (Entre 1942 et 1945, le Stade clermontois a passé trois années en D1 dans les championnats dits "de guerre", non comptabilisés). Après un premier passage en Ligue 2, en 1988-89, suivi d’un dépôt de bilan, le Clermont Foot s’est construit patiemment : retour en L2 en 2003, et une présence continue dans l’antichambre depuis 2007 en dehors d’une saison de N1. Avec quatorze années de rang en Ligue 2, Clermont était devenu une valeur sûre de seconde division. De quoi donner des envies de L1.

Souvent placé, jamais récompensé

Si Clermont a longtemps incarné la stabilité à l’étage inférieur, le club auvergnat n’y était pas pour faire de la figuration. En quatorze ans, le Clermont Foot a terminé sept fois dans le top 10, malgré l’un des plus petits budgets du championnat. Une régularité notable dans ce championnat très relevé et homogène. Mieux : le club auvergnat a souvent flirté avec la montée, que ce soit sous les ordres de Didier Ollé-Nicolle en 2009 (5e), Michel Der Zakarian (6e en 2010, 7e en 2011, 5e en 2012 après avoir été champion d’automne) ou ces dernières saisons avec Pascal Gastien (6e en 2018, 5e en 2020). Souvent placé, jamais récompensé à l’issue de la saison, Clermont s’est imposé comme l’un des prétendants naturels à la montée. Sans le Covid, celle-ci serait peut-être même arrivée un an plus tôt, puisqu’en mars 2020, à l’arrêt du championnat, Clermont était 5e à 4 points du leader lorientais.

Tête de gondole d’un conglomérat

Longtemps tenu de main de maître par Claude Michy, président de 2005 à 2019, le Clermont Foot 63 a changé d’air en mars 2019. En cause : l’arrivée d’un nouvel investisseur et président, l’homme d’affaire suisse Ahmet Schaefer. Âgé de 39 ans, le nouveau président clermontois s’est inscrit dans la continuité de son prédécesseur, tout en apportant des moyens supérieurs, ce qui a permis au club d’enfin briser son plafond de verre. Surtout, Ahmet Schaefer a depuis fait l’acquisition de l’Austria Lustenau (D2 Autrichienne) et du FC Vendsyssel FF (D2 Danoise). Le but ? Créer une synergie entre les trois clubs et mettre en commun ce que les clubs ne peuvent pas se payer individuellement. C’est en tout cas la stratégie de Schaefer, ancien collaborateur de Sepp Blatter à la Fifa, aux yeux duquel le Clermont Foot est la tête de gondole du projet.

Un vrai projet de jeu

Troisième meilleure attaque derrière Toulouse, mais aussi meilleure défense de Ligue 2, Clermont n’a clairement pas volé sa deuxième place. Les Auvergnats ont pris 22 points sur 30 possibles contre les membres du top 6, soit le meilleur total devant Troyes et Toulouse (15 points). Des statistiques dignes d’une promotion, évidemment, mais en plus de cela, les Clermontois y ont mis la manière. Car depuis la prise de pouvoir de Pascal Gastien sur le banc en septembre 2017, Clermont déploie un football offensif basé sur la possession et le mouvement, un jeu chatoyant. Mais au-delà de ça, le club auvergnat a permis à des techniciens de se révéler (Michel Der Zakarian, Corinne Diacre), et aussi beaucoup de joueurs installés en Ligue 1 ou ailleurs (Alessandrini, Benatia, Ajorque, Grbic, Hunou, Pereira Lage, Capelle…).

Le joueur : Mohamed Bayo

S’il faut sortir un joueur du collectif auvergnat, il s’agit évidemment de Mohamed Bayo, sans faire injure aux autres éléments majeurs de la saison clermontoise (Allevinah, Dossou, Gastien, Ogier, Houtondji…). Né à Clermont, formé au CAF 63, le Franco-guinéen de 22 ans est le meilleur buteur de Ligue 2 avec 22 réalisations, un an après avoir déjà porté Dunkerque de N1 à la L2. De retour de ce prêt cet été, Bayo a donc été le principal artisan de la montée historique de son club formateur, pour sa première saison complète en pro à Clermont. Résultat : 22 buts, 7 passes décisives pour ce buteur rapide, puissant et adroit, élément clé de la montée de Clermont. Avant d’être celui du maintien en L1 ? Réponse la saison prochaine.

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