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Tour de France de la Ligue 1 : Bordeaux, une pluie d'interrogations pour une saison charnière

Après une saison particulièrement compliquée, marquée par un changement d'actionnaire et terminée par une 14e place très décevante (avec seulement 10 victoires en L1) avec 4 coaches différents, Bordeaux doit tout reconstruire. Le recrutement s'est voulu pour le moment sobre, en attendant que des départs fassent rentrer de l'argent sonnant et trébuchant. Mais trébucher sera sans doute le principal écueil pour les Girondins. Les ambitions européennes du nouvel actionnaire américain ne semblent pas d'actualité pour cette année.
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France Télévisions
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• Bilan 2018-2019: L'Europe avant la dépression

La saison dernière s'annonçait bien. Une place en Ligue Europa arrachée dans les derniers instants de la saison précédente, un nouvel actionnaire qui s'avançait pour rêver d'Amérique, un staff déjà en place, Malcom transféré à Barcelone pour la somme record de 41 millions d'euros, Karamoh prêté par l’Inter... Bref, tout semblait aller pour le mieux. Mais aujourd'hui, qui se souvient que Bordeaux était 7e à 2 points du 3e lors de la 9e journée ? Qui se souvient que Bordeaux a été la première équipe française à priver le PSG de victoire (2-2), lors de la 15e journée le 2 décembre ?

La saison 2018-2019 a été une longue tempête, marquée par le passage sur le banc de Poyet, Bedouet, Ricardo et Sousa. Le Haillan, souvent décrit comme le bel endormi, n’avait que rarement connu pareille période. Gustavo Poyet, débarqué mi-août après avoir menacé de partir juste après la qualification de son équipe pour le barrage de Ligue Europa, après une seule journée de championnat, c’était cocace. La suite ? Une élimination en phase de groupes de la Ligue Europa dans une poule peu relevée mi-décembre, une élimination d’entrée en Coupe de France début janvier, le spleen de Kamano, meilleur joueur de la 1re partie de saison, suite à son transfert avorté à Monaco au mercato d’hiver… L’arrivée de Paulo Sousa, mi-mars, n’a pas changé la tendance. Du 24 février au 24 mai, date de la dernière journée de L1, Bordeaux n’a gagné que deux matches. Au final, une 14e place en L1, avec seulement 10 succès. Et pour seuls "faits de gloire", une place de demi-finaliste en Coupe de la Ligue et une invincibilité maintenue à domicile contre l’OM. Bordeaux est loin de l’Amérique.

• Mercato d'été: 0 dépense ou presque

Depuis la fin de saison passée, Bordeaux s'applique à recruter sans dépenser. Des joueurs libres, comme Mexer, Benito, Kwateng sont arrivés au Haillan, en plus des nombreux retours de prêts (Vada, Baysse, Mendy, Cafu...). Pour le moment, seul le Sud-Coréen Hwang a fait l'objet d'un transfert très raisonnable (2 millions d'euros), en provenance du club japonais du Gamba Osaka. Côté départs, l'espoir du club, Jules Koundé, a été vendu à Seville pour 25 millions d'euros, comme un autre formé au club, Youssouf (Saint-Etienne, 2 millions) auxquels il faut ajouter le Tchèque Lerager parti au Genoa pour 7 millions. Les prêts de Palencia, Karamoh et Cornelius se sont finis. Et les départs des cadres Sabaly, Otavio, Sankharé, Kamano sont dans l'air. Bordeaux a décidé de changer. Pour aller dans quelle direction ?

• Le joueur star: Nicolas de Préville

Il a été l'un des rares à retrouver des couleurs en fin de saison passée. Acheté 10 millions d'euros en 2017, Nicolas de Préville a eu bien du mal à briller à Bordeaux.  Deux buts inscrits en fin de saison, sur les 3 marqués en championnat, plus une passe décisive, mais surtout une mobilité retrouvée et des accélérations enfin décisives, l'ancien Lillois semble mieux. Il a d'ailleurs inscrit les deux buts contre Montpellier, lors de la seule victoire girondine lors des matches amicaux du mois de juillet. 15e attaque de L1 la saison passée, l'équipe a besoin de retrouver de l'efficacité devant le but.

• La forme actuelle: Sur la même pente

Cinq matches de préparation, pour une victoire et quatre défaites. C'est le bilan de l'équipe de Paulo Sousa, vraiment pas euphorique. Mais le coach portugais a décidé de changer son système de jeu, avec une défense à 3 défenseurs centraux physiques (Mexer, Pablo et Jovanovic), et trois attaquants, et notamment de Préville sur un côté.

Lors de ces matches amicaux, le collectif est parvenu à inscrire à chaque fois un but. Mais une défaite contre le Partizan (2-1), une contre le 3e du dernier championnat autrichien Wolfsberger (3-1), puis face à l'OM (2-1) et enfin contre Galatasaray (3-1), cela ne donne pas vraiment de confiance. La seule victoire, contre Montpellier (2-1), n'a pas effacé tous les doutes. Il ne reste plus qu'un match amical, contre le Genoa (le 4 août) pour enfin donner des signes positifs aux supporters, fortement mécontents la saison passée. Comme tous les clubs, Bordeaux a beaucoup communiqué sur le travail physique réalisé pendant cette préparation, ponctué notamment par un stage aux Etats-Unis. Est-ce que cela payera ?

• L'objectif de la saison: Le mieux possible

"On monte une équipe pour gagner, avec des fondations pou les trois, quatre prochaines années." Cité par L'Equipe, Hugo Varela, l'ancien agent à l'origine de la prise en main américaine du club, expliquait ainsi sa politique cet été. Le patron du secteur sportif a donc conscience que la récolte de son travail n'est peut-être pas pour cette année. Si le nouvel actionnaire américain a évoqué très rapidement des ambitions européennes, voire même de Ligue des Champions, il semble bien prématuré d'évoquer cela dès cette année. Finir dans la première partie de tableau serait déjà encourageant et une pierre solide pour construire l'avenir. En revanche, lutter pour le maintien, voire pire, pourrait bien mettre en péril l'équilibre financier du club. Et avec des fonds d'investissement pour actionnaire, l'argent est plus que jamais le nerf de la guerre.

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