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Ligue 1 : Nîmes-Marseille, la flamme des olympiques

Ce vendredi, le Nîmes Olympique reçoit son voisin lui aussi olympique, de Marseille, en ouverture de la 27e journée de Ligue 1. Une affiche tout sauf anodine pour une ville et un club où beaucoup considèrent l’OM comme un grand frère, plus que comme un rival. Beaucoup, mais pas tous.
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France Télévisions
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 (PASCAL GUYOT / AFP)

A chaque affrontement entre Marseille et Lyon, c’est la même rengaine : les partisans des deux camps s’affrontent à coups de "Il n’y a qu’un seul olympique". En revanche, lorsque l’OM joue contre le troisième olympique du championnat de France, le Nîmes Olympique, aucune mention de ce genre sur les réseaux sociaux. Ou du moins, très peu. Étonnant, d’un point de vue géographique, puisque seulement 123 km séparent les deux villes, ce qui autorise à parler de derby. Mais beaucoup moins surprenant lorsque l’on analyse les relations entre les deux villes.

Marseille le grand frère

Bien sûr, pour Nîmes, le vrai derby est contre Montpellier. Côté Marseillais, il n’y en a plus vraiment depuis la disparition de Toulon. Or, d’un point de vue géographique, difficile de nier la proximité de Nîmes et Marseille. "Mais pas seulement géographiquement, culturellement aussi. Il y a une grosse ferveur autour du sport à Nîmes, comme à Marseille. Il y a aussi des similitudes culturelles extra-sportives : Nîmes est une ville occitane, certes, mais aussi provençale, qui a beaucoup de points communs avec Marseille", assure Mathieu, inconditionnel nîmois de 23 ans. De fait, Nîmes-Marseille est bien un derby. Ce qui n’implique pas nécessairement une rivalité exacerbée.

Côté marseillais, la réponse est d’ailleurs limpide lorsque l’on demande à la Vieille Garde du Commando Ultra de parler d’une supposée rivalité avec Nîmes : "Franchement ? Pas grand chose à en dire, même rien…" Sans doute l'allégorie du l'œil désintéressé du grand frère envers le petit. Côté nîmois, les opinons sont plus variées. Pour les supporters les plus fervents, il y a bien un antagonisme, moins prononcé qu’avec Montpellier, mais tout de même. Pour le reste du stade, c’est moins évident. 

"Quand le NO était en Ligue 2 ou National, il y a beaucoup de supporters du club qui étaient abonnés au Stade Vélodrome", raconte Frédéric, 52 ans, abonné aux Costières. Et pour cause : dans la cité connue pour ses arènes romaines, les supporters marseillais ont toujours été légions. "Comme beaucoup ici, j’aime l’OM et je les suis attentivement. Mais quand ils affrontent Nîmes, je reste nîmois avant tout", clarifie Frédéric, tout en précisant : "Après, on se dit que, quitte à perdre 3 points, autant que ce soit Marseille qui les récupère…". Même Bernard Blaquart, l'entraîneur nîmois, le concède : "C’est un match à part car une majorité des supporters nîmois supportent en second Marseille, voilà c’est comme ça. L'OM, cela représente quelque-chose ici".

L’OM apprécié, mais pas en terrain conquis

Beaucoup crieront aux footix. A raison peut-être, même si côté nîmois, l’OM est plus vu comme un grand frère qu’un rival. "Au début des années 1970, c’était chaud, parce qu’on jouait le haut du tableau contre Marseille", se souvient Frédéric, "Mais depuis, on ne joue plus dans la même cour. Après, l’OM ne sera pas accueilli à bras ouverts non plus. Même si on est nombreux à les supporter, nous sommes nîmois avant tout ! Tout le stade sera rouge et blanc pour créer l’exploit" promet-il. Le nombre de places en vente par personnes a même été limité en billetterie, de crainte de voir trop de supporters marseillais en tribune.

Finalement, c’est ce dualisme de beaucoup de supporters à la fois nîmois et marseillais qui ajoute du sel à ce derby. Mathieu explique : "J’ai beaucoup d’amis nîmois qui soutiennent les deux clubs. Alors, pour ceux qui, comme moi, ne supportent que les Crocos, c’est un régal de recevoir l’OM : on peut chambrer tout le monde !". Le jeune homme assure même qu’il comprend ses amis partagés entre les deux clubs : "Nîmes n’a pas joué en Ligue 1 pendant 25 ans. Ils viennent d’y revenir. Pendant ce temps, on a tous été charmés par d’autres clubs… Et Marseille est un club attirant, d’autant plus que ce n’est pas loin".

Sur le terrain, cette rivalité est étonnamment plus marquée. En 53 oppositions en Ligue 1, les deux camps totalisent 21 victoires chacun pour 11 matches nuls. Comme quoi. Toutefois, sur les dix dernières confrontations (dont deux en Ligue 2 et une en Coupe de France), l’OM en a remporté neuf, contre une pour Nîmes. Or, cette victoire du Nîmes Olympique, c’était lors de la dernière venue de Marseille au stade des Costières, en août 2018 (3-1). Et ce soir là, aucun doute : tout le stade des Costières avaient savouré la victoire inattendue des Crocos. 

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