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"Je m'arrête sans le moindre regret", assure Florent Balmont, désormais retraité à 40 ans

Suite à l'annonce de la fin de la saison 2019-2020 de Ligue 1, le Dijonnais Florent Balmont a annoncé l'arrêt de sa carrière, à 40 ans et après plus de 500 matches joués dans l'élite du football. Une carrière longue de dix-huit ans, sur laquelle revient le milieu de terrain qui a débuté en professionnel du côté de l'Olympique Lyonnais. Si cette fin de carrière n'est pas celle qu'il imaginait, Balmont avait déjà pris sa décision et assure ne pas être frustré.
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France Télévisions
Publié
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 (NICOLAS GOISQUE / MAXPPP)

Vous avez pris votre retraite la semaine dernière, après l'annonce de la fin de saison anticipée. Dans quel état d'esprit vous trouvez-vous après cette décision ?
Florent Balmont :
"Avec tout ce qui se passe, je pense que la décision d'arrêter la saison était la meilleure des choses, c'était trop risqué pour tout le monde. Donc je ne suis pas frustré, parce qu'il était prévu que je me prenne ma retraite à la fin de cette saison. Ça n'arrive donc qu'avec un mois d'avance, ça ne change pas grand chose. Tout ce que je voulais faire, je l'ai fait, je me retire sans le moindre regret."

Justement, quels étaient vos objectifs avant de prendre votre retraite ?
FB :
"Je voulais durer le plus longtemps possible. Je finis à 40 ans donc je pense que c'est bon (rires). J'ai passé la barre des 500 matches en Ligue 1, j'ai gagné des titres. Donc je peux m'arrêter sans regret et seulement avec le plaisir d'avoir pu vivre tout ça."

"Je me sentais très bien physiquement mais il faut savoir ne pas faire l'année de trop"

Vous êtes peu nombreux à avoir terminé votre carrière au-delà des 40 ans. Quel est le secret de votre longévité ?
FB :
"Je pense que j'ai su rapidement trouver un équilibre avec ma famille, qui est un socle important. Et à côté de ça, j'ai su trouver le juste milieu avec une bonne hygiène de vie qui m'a permis de durer aussi longtemps. Je n'ai pas eu trop de pépins physiques et j'ai su avoir un bon mental dans les moments difficiles comme lors de ma blessure il y a deux ans (une rupture du tendon d'Achille, ndlr)."

Pourquoi avoir décidé d'arrêter cette saison ? Il devenait difficile d'enchaîner ?
FB :
"Je commençais à moins jouer. Je me sentais très bien physiquement mais à un moment, il faut savoir s'arrêter et ne pas faire l'année de trop. J'ai essayé d'aider le club (de Dijon, où il aura évolué de 2016 à 2020, ndlr) même si je jouais moins. En début de saison, je me suis dit que j'arrêterai, que c'était le bon moment. Et plus la saison avançait, plus j'étais persuadé que c'était en effet le bon moment."

Lorsque l'annonce de la fin de la saison a été prononcée jeudi dernier, avez-vous hésité à rempiler pour une année supplémentaire, afin de terminer en bonne et due forme ?
FB :
"J'ai eu un moment d'émotion pendant cinq minutes après l'annonce, j'ai senti que ça s'arrêtait vraiment. Mais je n'ai pas hésité, j'ai positivité directement après. Sur le coup, il y a donc eu beaucoup d'émotions, mais c'est passé rapidement. Je relativise par rapport à toute la situation sanitaire, je n'ai pas à me plaindre."

Vous aurez donc disputé votre dernier match en professionnel le 7 mars contre Toulouse, votre ancien club. C'était peut-être un signe finalement ?
FB :
"Certains potes m'ont dit que ce serait mon dernier match (avec l'épidémie qui commençait à toucher l'Europe, ndlr). Mais je n'y croyais pas du tout ! J'ai vraiment débuté à Toulouse, même si j'étais à Lyon où j'ai gagné des titres. Donc peut-être en effet que c'était un signe pour me dire d'arrêter définitivement (rires)."

"À Lille, ça a été l'apothéose au niveau de mon jeu et des résultats"

En ayant conscience de disputer votre dernière saison, avez-vous profité encore plus de chaque match disputé ?
FB :
"J'en ai profité cette saison, mais pas seulement. J'estime que j'en ai profité toute ma carrière. C'est plus le côté quotidien où je me disais qu'il fallait que j'en profite encore plus : les entraînements, le collectif, les coéquipiers... Je prenais encore du plaisir à venir à l'entraînement et je voulais montrer l'exemple. Je voulais partir avec le sentiment d'avoir tout donné."

Vous terminez votre carrière avec 513 matches en Ligue 1 au compteur. C'est votre plus grande fierté ?
FB :
"C'est forcément une fierté. Si on me l'avait dit au début de ma carrière, je n'y aurais pas cru. C'est aussi une fierté d'avoir su rester en Ligue 1 dans tous les clubs où je suis passé. C'est une grande satisfaction. On s'est maintenu avec le TFC (alors que le club venait de monter en Ligue 1, ndlr), avec Dijon quand je suis arrivé alors que le club ne savait pas trop où se situer. Et cette année, je suis content de partir avec le DFCO qui reste en Ligue 1. C'est top pour moi, c'est une issue positive."

Vous avez gagné trois titres de champion de France, dont un en 2011 avec le LOSC en étant titulaire. Était-ce la plus belle équipe dans laquelle vous avez évolué ?
FB :
"À Lyon, c'était une grande équipe mais je ne jouais pas trop. À Lille, ça a été l'apothéose au niveau de mon jeu et des résultats. Personne ne nous voyait réaliser le doublé (le LOSC a également remporté la Coupe de France en 2011, même si Balmont n'a pas joué la finale en raison d'une blessure, ndlr). L'année a été sensationnelle. Quand on n'y est pas préparé, c'est encore plus beau."

L'OGC Nice, ça a forcément aussi été une grande expérience ?
FB :
"C'est une étape très importante de ma carrière. Je m'y suis régalé au niveau du jeu et de l'ambiance. Ces quatre années à Nice (entre 2004 et 2008, ndlr), ce ne sont que des bons souvenirs. On termine deux fois dans les dix premiers alors qu'on jouait le maintien. Malheureusement, on a perdu une finale de la Coupe de la Ligue (en 2006 contre Nancy, ndlr)."

"Je serai un entraîneur plus calme. (...) Mais c'est sûr que mon équipe aura du caractère."

Quels souvenirs espérez-vous avoir laissé aux fans de football ?
FB :
"On va surtout retenir le côté agressif dans le bon sens du terme. C'est en moi et c'est mon caractère mais j'espère qu'on retiendra aussi le côté joueur de ballon. Je n'aurais pas pu durer aussi longtemps sinon. Tous les témoignages que j'ai eu soulignent aussi le fait que j'ai toujours tout donné et c'est une fierté. Je crois que je n'ai jamais triché, j'ai toujours montré du respect aux supporters. Les témoignages que j'ai reçus vont dans ce sens-là et c'est touchant."

Est-ce que vous pensez déjà à l'après-carrière ?
FB :
"Oui, et je ne l'ai jamais caché, je vais travailler pour devenir entraîneur. Je vais tranquillement passer les diplômes pour apprendre ce métier qui n'est pas facile. Maintenant, j'ai envie de transmettre."

Quel type d'entraîneur sera Florent Balmont ?
FB :
"Plus calme. C'est sûr qu'il faudra que je réagisse moins à chaud que lorsque j'étais sur le terrain. L'entraîneur doit montrer l'exemple. Je ferais donc attention, mais c'est sûr que mon équipe aura du caractère (rires)."

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